Scribouille et Brune

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C’était un petit jeune homme timide, apparemment sans intérêt. Il passait inaperçu partout où il se présentait. Il était humble et peu sûr de lui. Son métier ? Il s’essayait à l’écriture. Il était hanté par la peur de la page blanche. Pourtant, il en avait des idées. Mais les mots le fuyaient lorsqu’il voulait les emprisonner sur sa page, désespérément vierge. Pourtant, lorsqu’il écrivait pour d’autres auteurs, en mal d’inspiration, tout lui venait facilement, les idées, les phrases, les situations, tout devenait si simple, d’ailleurs en tant que « plume » il était apprécié et recherché. Mais pour ses propres écrits, rien de rien, pas même l’ombre d’une minuscule petite phrase. C’était pour une raison bien simple. Romuald était amoureux. C’était plus fort que lui, chaque fois qu’il avait une idée pour son propre livre, son esprit s’évadait vers la jolie petite brune du 1er étage. Jamais il n’oserait l’aborder, lui, si insignifiant, si quelconque, elle, si belle. Alors les mots lui échappaient, la trame de son histoire le fuyait et il était tétanisé devant son petit cahier, même son crayon lui échappait des mains, et Romuald se mettait à rêver : C’était l’aube, la petite brune s’avançait lentement dans le soleil levant, les lueurs du matin dessinaient des arabesques arc en ciel sur ses longs cheveux bruns, elle s’approchait de lui et doucement lui prenait la main et ils partaient tous les deux, rayonnant de bonheur, vers un amour absolu.

Julie, la petite brune du 1er étage, avait bien remarqué que le petit jeune homme timide du 3ème étage la regardait comme jamais personne ne l’avait fait. Il était attachant avec son sourire de petit garçon pris en faute, la douceur de sa voix lorsqu’il lui murmurait bonjour du bout des lèvres et sa manière de s’esquiver comme s’il avait peur de gêner. Julie espérait bien qu’un jour il aurait le courage de lui parler. Alors, elle rêvait : C’était lui son prince charmant. Bientôt, dans la quiétude de l’aurore, il viendrait l’enlever sur son beau cheval blanc et tous deux galoperaient vers l’infinie passion, dans la douce lumière matinale.
En attendant, elle écrivait. Oh ! Pas grand-chose, des petits textes très très courts qu’elle postait sur un site dédié aux écrivains amateurs. Si seulement le petit jeune homme du 3ème étage pouvait lire une de ses proses, il comprendrait, peut-être, qu’elle mourrait d’envie de le connaître, car dans ses textes, elle faisait souvent référence à l’homme de ses rêves, et il lui ressemblait bougrement.

Il faudrait que le hasard, si ce n’est le destin, s’en mêle, pour réunir ces deux là.

Ce matin là, en partant travailler, Julie avait laissé sa fenêtre ouverte. Le vent, un coquin personnage, s’était empressé de faire virevolter quelques feuilles posées sur le bureau de Julie. L’une d’elle était arrivée, pile poil, sur le nez de Romuald qui sortait de l’immeuble.
- Tient, un site pour écrivains amateurs, peut-être que là, anonymement, je pourrais arriver à narrer mes propres histoires.

Pour la Saint-Valentin, le site avait lancé un concours. C’est sous le pseudonyme de Scribouille que Romuald posta son 1er écrit, une déclaration d’amour à la petite brune du 1er étage. Julie, de son côté, sous son pseudo de Brune, dédiait un poème au jeune homme timide du 3ème étage. Et c’est ainsi que, par petits textes interposés, Scribouille et Brune entrèrent en contact. Romuald ressentait, au plus profond de lui, que Brune était sa belle aimée du 1er. Julie était persuadée que Scribouille et son prince charmant du 3ème ne faisait qu’un.

C’était le jour de la Saint Valentin. L’aube bleutait au dessus des toits de la ville. Les premières lueurs du jour ne tarderaient pas maquiller le ciel de tendres couleurs. Dans cette tranquillité matinale, Romuald se sentit soudain le courage d’aborder la jeune fille du 1er. Il l’attendit en bas de l’immeuble. C’est au moment ou l’aurore rosissait le ciel que Julie fit son apparition. Romuald crût un instant s’être évadé dans un rêve.
- Bonjour, vous êtes Brune, n’est-ce pas ? l’auteur de...
- Oui, oui de mon vrai nom Julie. Et vous, n’êtes vous pas Scribouille ?
- Oui, en fait mon nom est Romuald.

Et c’est main dans la main qu’ils se dirigèrent, dans la douce lumière et la tranquillité de l’aurore, vers l’arrêt du bus. Depuis, ils ne se quittaient plus. Ils continuaient à envoyer leurs petits textes sur le site qui les avait rapprochés.

Mais au fait ! C’était quoi ce site !
Ben voyons, Short édition, évidemment !
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