Sarah Leaderway

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Bonjour à tous et à toutes. Je suis très heureux d'être ici parmi vous  [+]

- Bah ! c'était mon look à l'époque, dit-elle avec un haussement d'épaule.
Christine la regarda d'un air naïf puis, la curiosité toujours attisée :
- C'est qui ?
Sarah approcha la photo de ses yeux et dévisagea un instant la personne désignée du petit doigt de sa fille.
- C'est Emily.
- Elle est blonde, dit Christine, comme Cathy, ma copine de classe, mais beaucoup plus grosse, du moins elle le paraît.
Elle avait un caractère exubérant, se dit Sarah.
La mère, qui veillait à ce que sa fille apprenne plutôt que de la laisser perdre son temps à des fadaises, retroussa ses manches à la manière d'une préceptrice se préparant à semer le bon grain.
- Tout d'abord, commença-t-elle en levant au ciel la photo comme pour tirer sa fille par la manche.
Puis, faisant un cylindre de la photo :
- Vois comme elle est maintenant !
La fille crut un instant qu'il s'agissait d'une leçon de mathématiques.
- Tu vois encore la blonde ? demanda la mère tout en tenant la forme cylindrique par l'extrémité et tout en la faisant voir de tous les côtés.
La fille secoua la tête.
Après tout, on rentre dans le néant, se dit-elle.
- Maintenant, regarde ça ! fit la mère en invitant sa fille à regarder à travers la cavité exposée au jour du lustre à lame.
- Il est lumineux, dit la fille.
- Disons un éclat rejaillant. En effet, pour conclure, je t'ai donné cet exemple pour matérialiser une idée selon laquelle le reflet de l'âme est le fond et non l'apparence.
Sur ce, la mère toucha du bout du doigt le nez de sa fille en esquissant un sourire et sortit du lit. La fille la suivit des yeux jusqu'au moment où elle disparut.
Tu parles d'or, maman, et je me tiendrais à tes idées.
Au bout de quelques instants, Sarah arriva avec deux assiettes contenant chacune une banane, une biscotte, un couteau et une fourchette.
- Débarrasse le lit des photos, ordonna-t-elle en se tenant debout, l'air impatient.
Docile, Christine se mit tout aussitôt à ramasser les photos et, avec la rapidité de l'éclair, à les mettre sans soin dans l'enveloppe tant que sa mère n'avait qu'une hâte.
- Et ton jean ? demanda Christine.
Sarah en fut interloquée, mais enfin elle n'avait pas à en rougir.
- Jette-le dans l'armoire, fit-elle par simple animosité.
Christine prit le jean entre le pouce et l'index comme si elle l'avait en exécration et la rejeta, comme de rebut, par le plaisir. Puis elle remit l'enveloppe en place.
La mère posa les deux assiettes sur le lit et y prit place en croisant les jambes.
La fille s'assit en face d'elle, tout agitée. Revenue de son état d'exaltation, elle se rappela à l'abord leur série d'animation favorite à la vue de la banane.
- Il paraît clair qu'on a raté " Le monde incroyable de Gumball ", dit-elle.
- Non, pas possible ? s'étonna Sarah. Tu crois qu'on pourrait rattraper l'épisode d'aujourd'hui ?
- En tout cas, c'est l'une des séries à n'en plus finir.
- Hé oui ! dit Sarah en prenant sa biscotte. Goûte-y.
Christine prit la sienne et se mit à casser la croûte du bout des dents.
- Elle est miellée ? demanda-t-elle.
- Oui, répondit Sarah. On y a ajouté un peu de miel, qui est bon pour chasser les idées noires.
- Ah bon !
Toutes deux chipotaient. Comme c'était fastidieux et sans plaisir, Christine laissa son grignotement et prit sa banane qu'elle était sur le point de peler quand la mère l'empêcha d'une main prompte.
- Non, pas comme ça. Tu veux ressembler à un singe ?
- Tu veux dire comme Mademoiselle Simian ?


Les carottes sont cuites

Un casse tête, une tempête sous un crâne.
Un silence du cimetière, un acouphène.
Troubles obscurs, ignorance d'une fontaine.
Un pur obsessionnel, enfin plutôt monomane.

Des pièces du puzzle présentées pêle-mêle.
Un bouillonnement des idées presque total.
Un perspicace lucide, enfant de la balle,
Toujours là en train de se creuser la cervelle.

Hélas ! les plus beaux jours sont désormais finis!
Ô indigence, ô détresse, ô nuits d'insomnie !
Comme dit l'autre, c'est la fin des haricots.

En d'autres termes, les carottes sont cuites.
Que de plaintes continuelles sans écho !
L'ennui, c'est qu'on doit faire bouillir la marmite.
Texte 4 :
Enfin emportés vers de nouveaux horizons !
Salut ! partage hanté presque depuis toujours !
Nous faisons du chemin, emportés sans retour;
Adieu hôtes de notre entourage, maison.

Que de hôtes de l'air on rencontre en chemin !
De vrais compagnons de voyage, amis fidèles;
De leur gazouillis doux nous faisons notre miel;
"Allez, courage ! disons-nous. Passons la main !"

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
L'air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Hélas ! les plus beaux jours sont désormais finis !

On s'en prend à ces apparitions des lémures.
Ô épouvante, ô souffrance, ô nuits d'insomnie !
Nous marchons donc sans hésitation ni murmure.

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ALYAE B.S · il y a
J'aime bien Christine. Je cueille un cœur. ☺️

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