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Sanglante Justice

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Keith Simmonds

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FINALISTE
Sélection Public

Cette histoire s’est déroulée dans un village d’une petite île des Antilles, un village appelé Plaisance qui se situe tout près d’une belle plage isolée à l’eau turquoise et au sable blanc mais peu fréquentée. Dans ce hameau tranquille où tout le monde se connaît et vit en harmonie, la vie suivait son cours ordinaire jusqu’au jour où Monsieur Labite vint s’installer dans une grande maison sur une colline en face du village. Cet homme chauve dont les ancêtres étaient des colons très riches, avait une mauvaise réputation. On disait que c’était un coureur de jupons et même un pervers sexuel soupçonné d’être responsable de la disparition de deux belles jeunes filles retrouvées violées et mortes dans un champ de canne à sucre à l’autre extrémité de l’île. Mais comme il avait une grosse fortune et que la police de l’île était corrompue, il n’y avait pas eu de poursuites judiciaires contre lui.
Affolées par ces rumeurs, les femmes du village prirent leurs précautions. L’une d’entre elles, Patience, mère de trois jeunes adolescentes, mit ses filles en garde contre cet individu.
Un jour, pendant les vacances, la plus jeune de ses filles, âgée de douze ans, une jolie métisse aux longs cheveux bouclés et aux yeux en forme d’amande, décida d’aller à la plage avec son amie. Il faisait très beau et elles s’amusaient beaucoup dans l’eau ne sachant pas que Labite était dans les parages caché derrière des rochers à les épier. Quand elles eurent fini de se baigner, elles se rhabillèrent et se mirent en route pour la maison. C’est à ce moment-là que Labite se précipita sur elles et comme elles tentaient de s’enfuir en hurlant à pleins poumons, il saisit Angélique et l’entraîna à l’écart dans un endroit à l’abri des regards. Malgré les pleurs et les cris de la fillette, il la viola et, la laissant allongée sur le sol, il se sauva à toutes jambes. Traumatisée, la petite était en état de choc et avait du mal à marcher. Avec l’aide de son amie, elle rentra à la maison toute tremblante et en sanglots. Sa mère, horrifiée en apprenant ce qui s’était passé, jura de se venger de ce cochon de Labite qui avait osé souiller sa fille favorite !
A partir de ce jour, le désir de vengeance obséda Patience à tel point qu’elle passait tout son temps à chercher comment s’y prendre. En se renseignant auprès des gens du village, elle apprit que l’homme venait se baigner tous les week-ends. Enfin, elle trouva un stratagème. Avec l’accord de ses deux autres filles et de son mari, elle décida d’attirer Labite dans un guet-apens. Un dimanche, elle envoya les grandes sœurs d’Angélique à la plage pour mettre son plan à exécution. Il était convenu que le père des filles se tiendrait caché à distance prêt à intervenir si besoin était. Elles eurent vite fait de repérer cet homme sans cheveux, au visage bouffi et répugnant comme l’avait décrit leur petite sœur. Courageuses, déterminées, les deux filles suivirent les conseils de leur mère et, après avoir attiré l’attention de Labite, n’hésitèrent pas à l’aguicher. Ce dernier, toujours à la recherche de nouvelles proies, se laissa facilement prendre au piège. L’aînée l’invita ensuite à venir à la maison sous prétexte que les parents étaient sortis et ne rentreraient pas avant la tombée de la nuit. Ravi de cette opportunité, il accepta sans hésiter et se rendit chez elles.
Comme le leur avait dit leur mère, elles lui offrirent du rhum dans lequel les parents avaient mis de la drogue. Avant même d’avoir fini sa boisson, Labite perdit conscience. C’est alors que le père qui les avait suivies , arriva à la maison et la mère sortit aussitôt de sa cachette. Parce que les parents ne voulaient pas que les enfants soient témoins de ce qu’ils comptaient faire, ils les envoyèrent rejoindre Angélique qui, depuis la veille, était à la maison de leur tante située à un kilomètre du village.
Une fois les filles parties, Patience se jeta sur Labite et comme une possédée, commença à le gifler et à déchirer tous ses vêtements avant de le ligoter avec l’aide de son mari. Emportée par la fureur, elle lui asséna des coups violents. Il se mit à gémir et à geindre pendant qu’elle lui hurlait des insultes, des injures et des grossièretés. A la vue de son corps nu et obscène, elle éprouva des sentiments de répulsion très forts; et à la pensée de ce qu’il avait fait subir à sa pauvre petite innocente, elle eut un haut-le-cœur et se sentit soudain très mal. Elle courut à la salle de bain où elle vomit abondamment. Ayant perdu tout contrôle d’elle-même, avant de revenir dans la pièce, elle passa par la cuisine où elle prit le couperet dont elle se servait pour découper les gros poissons. Livide de colère, elle se précipita sur Labite et malgré tous ses efforts, son mari ne put la retenir !

- Sale porc ! cria-t-elle, en abaissant le couperet sur lui. On entendit un long gémissement suivi d’un râle saccadé tandis que le sang giclait sur les vêtements de Patience et éclaboussait tous les meubles de la pièce. Son mari, pétrifié, lui dit:

- Cette fois, je crois que tu es allée trop loin !
Se rendant compte de ce qu’elle venait de faire et reprenant possession de toutes ses facultés, elle cria à son mari:
- Mais fais donc quelque chose, ne reste pas cloué sur place ! Il faut agir vite ! Où allons-nous balancer ce porc ?
Il y eut alors beaucoup d’agitation dans la maison, puis on entendit une voiture démarrer à toute vitesse. La pièce avait été nettoyée de fond en comble afin de faire disparaître toute trace de sang.
A la fin de l’après-midi, les enfants rentrèrent et dès qu’elles ouvrirent la porte, Angélique s’écria:
- Il y a comme une odeur de sang ici ! Et le méchant homme ?
Toutes les trois voulaient savoir ce qui était arrivé à Labite. Leur mère s’empressa de les rassurer en leur disant qu’il avait été bien puni pour ce qu’il avait fait à Angélique et qu’il n’était pas prêt à recommencer. Mais elle leur recommanda d’être très vigilantes et toujours sur leur garde, car il existait malheureusement d’autres prédateurs sexuels.

Trois jours plus tard, deux hommes, Bernard et Jules, en train de pêcher sur leur barque, remarquèrent un corps qui flottait dans la mer.
- C’est un homme ou une femme ? demanda Bernard.
- Merde ! s’exclama Jules, c’est un homme mais ses parties génitales ont été mutilées et il n’a plus de sexe !
- Peut-être qu’un requin le lui a mangé, rétorqua Bernard, les yeux pétillants de malice. Nous sommes dans des eaux dangereuses, faisons tout de suite demi-tour et allons signaler cette découverte macabre aux garde-côtes !

PRIX

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chris76 · il y a
Vengeance , quand tu nous tiens ! J'ai envie d'applaudir mais la bienséance ne le permet pas . Oups!!! tant pis , c'est dit !
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Keith Simmonds · il y a
Un grand merci, Chris76 !
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Rémy Mattiolo · il y a
Terrible histoire, très bien contée !
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Keith Simmonds · il y a
Merci beaucoup, Rémy ! Maintenant, j'ai le plaisir de
vous inviter à découvrir “le lys des vallées” qui est en
Finale pour le Grand Prix Automne 2018. Merci d’avance
et bonne journée!
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/le-lys-des-vallees

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Pénélope13 · il y a
Un thème bien d'actualité, hélas! je reste perplexe car l'issue pose un débat éthique: mais la chute me réconcilie :belle pirouette mon vote bien sur
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Keith Simmonds · il y a
Mes remerciements, Pénélope13 ! Et maintenant, loin de tout ce sang ! Une invitation à venir découvrir “Le lys des vallées” qui est également en compétition pour le Grand Prix Automne 2018. Merci d’avance et bonne journée!
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Keith Simmonds · il y a
Merci de votre passage, Lalili !Il faut que tout le monde se mobilise, de toute urgence, pour résoudre ce problème societal !
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Lalili · il y a
Comment faire face, le problème est cruellement posé.
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Patrick Lanoix · il y a
Les femmes sont terribles….Mais ce texte pose une question éthique importante laissée sous silence.
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Keith Simmonds · il y a
Oui, certainement, il faut débattre cette question éthique trop
longtemps laissée sous silence, Patrick ! Une invitation à venir
découvrir “Le lys des vallées” qui est en compétition pour le
Grand Prix Automne 2018. Merci d’avance et bonne journée!

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Potter · il y a
Ma voix pour cette magnifique histoire !!!
Si tu as l'occasion, passes voir mon dessin pour le concours Harry Potter : https://short-edition.com/fr/oeuvre/strips/poudlard-3

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Keith Simmonds · il y a
Merci pour cette appréciation, Potter ! Je vais voir ton dessin pour le concours Harry Potter. Et je t'invite à venir découvrir "Le lys des vallées" qui est en compétition pour le Grand Prix Automne 2018. Merci d'avance et bonne chance !
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Potter · il y a
j'y cours !!!!
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Lammari Hafida · il y a
Mes votes Keith
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Keith Simmonds · il y a
Mes remerciements, Lammari ! Je vous invite à venir
découvrir “Le lys des vallées” qui est en compétition.
Merci d’avance et bonne journée!

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Romane González · il y a
Bonjour Keith, je vous ai lu, je n'ai pas accroché. De mon point de vue, il manque de la profondeur psychologique aux personnages. Le violeur est trop caricatural par exemple. Ou alors, il aurait fallu (selon moi bien sûr) accentuer le côté "conte pour adultes" où dans ce cas-là, effectivement, pas autant de psychologie des personnages. Là pour moi on est dans un entre-deux et c'est ce qui m'a gênée.
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Keith Simmonds · il y a
J'apprécxie votre franchise, Carmilla Merci d'être passé !
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Alain Lonzela · il y a
J'avais déjà voté. Excellent texte, et nous sommes visiblement, tous deux, amateurs d'humour noir ;-)))
Bonne chance

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Keith Simmonds · il y a
Oui, merci infiniment, Alain !
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