Samedi 6 Juin 2020

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JOURNAL INTIME - 25 Mai 2020 " Je suis né sans le demander, Je vais mourir sans le vouloir, Alors laissez-moi vivre à ma guise..."  [+]

Après soixante dix-sept jours de confinement, il était temps de se remettre au labeur... Oui?... Non?... Entre les deux longtemps mon cœur a balancé... D'un côté, la sécurité rassurante d'un cocon perdu à des années-soleil des villes et de leurs tracas, une routine rassurante en attendant que l'ennemi décide ou que l'on décide pour lui.
D'un autre, l'argent, éternel nerf de la guerre des gens de peu, qui vient à manquer et à faire cruellement défaut.
Alors, le choix - mais en était-ce vraiment un? - fut vite fait...
Oubliées les recommandations gratuites de ministres inconséquents ignorant les obligations inhérentes aux gens de rien et se gargarisant de discours mettant en garde encore et encore les "populations à risque" et les exhortant à demeurer chez elles...
Elles sont qui, ces "populations à risque", Ducon?!!!
Ne feins pas de savoir et de compatir. Ta pitié m'indispose. Tes paroles d'une incommensurable vacuité résonnent comme un silence assourdissant contre les murs de mon dégoût. Ton ignorance crasse de la vie, la vraie, celle qui pue l'angoisse des lendemains qui refusent désespérément de chanter, celle qui grouille dans des relents de sueur rance, celle qui meurtrit les échines et les reins, celle qui laisse sans forces aux soirs de dur labeur, celle qui cerne les paupières dans les matins blafards, me donne l'envie de dégueuler sur tes pompes dont tu ignores qu'il faut les cirer méticuleusement afin qu'elles durent toujours plus et ainsi repousser une dépense bien plombante pour un budget serré comme le nœud coulant au cou du condamné...
Alors, mardi, j'y suis allé. Tout en masque et en gel hydro alcoolique.
Oh, je te rassure tout de suite, pas pour remettre dix thunes dans le bazar de ta croissance qui jamais ne me profitera et qui me laisse aussi froid que le sang du reptile qui me noue les entrailles de mon mépris de toi.
Non, brave petit fantassin aux mains calleuses mais au regard fier de celui qui jamais n'a rien dû à personne si ce n'est à ma mère le droit de respirer, je ne suis allé au front que pour payer le loyer d'un toit pour les miens , des charges que tu qualifierais d'incompressibles et de quoi manger jusqu'au mois prochain. Rien de plus...
On se bat pour ce que l'on n'a pas, comme le disait Surcouf à ses juges anglais qui lui reprochaient ses manières de pirate se battant pour l'argent alors que les marins de Sa Majesté combattait pour l'honneur...
Et pendant ce temps, Christophe a foutu le camp... Et pendant ce temps Bedos tire sa révérence. Que c'est dur de perdre ses héros et de se sentir soudain orphelin d'un bon mot ou d'une mélodie...
Le monde d'après... Quel monde d'après?... J'ai connu tant de monde d'après qu'un jour j'ai cru que l'un d'eux m'étendait, m'étendait pour de bon, m'étendait pour toujours, définitivement. Mais un monde d'après, encore un, m'attendait, ni meilleur, ni pire que celui que j'avais laissé derrière les baies vitrées d'une chambre d'hôpital, sur un lit sans repos, entre les mains si douces d'un de ces petits soldats en blouse blanche dont on nous dit aujourd'hui qu'ils sont des héros, simplement parce qu'ils ont fait une fois de plus ce qu'ils font tous les jours, mais loin des caméras de chaînes d'info en continu et en perpétuelle quête de sujets pour des yeux et des oreilles avides d'un sensationnel qui chasse le sensationnel comme la queue du bovin chasse le taon importun...
Vivant!... Vivant, bordel!!! devrais-je dire...
Vivant et si heureux de l'être. La mort n'est rien et c'est son insignifiance même qui doit pousser à chérir toute vie...
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Marie Quinio · il y a
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François Personne · il y a
Merci, Marie...www.youtube.com/watch?v=TkJccK8jiIY
Ou si vous préférez ( j'avoue un petit faible)
www.youtube.com/watch?v=PPjazi4mQSQ

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Marie Quinio · il y a
Ah oui sympa la version revisitée !! Merci :)
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François Personne · il y a
De rien... ;-))))
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JACB · il y a
ça fait du bien de ne pas se sentir seule dans ces pensées qui explosent ici sur votre page. Ce monde que l'on galvaude et affuble de nouveau ou d'ancien sous le prétexte fallacieux de l'inventer...vois même Ré/inventer tant nos dirigeants sont pésomptueux alors qu'ils sont ignorants du sens et des valeurs de la VIE. Merci pour ce cri du coeur François.
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François Personne · il y a
Et , si vous le permettez, je vous retourne volontiers le compliment... La solitude à plusieurs est sans doute plus douloureuse mais la douleur en est toutefois atténuée par le sentiment de partage...
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Diamantina Richard · il y a
Tellement !
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Haruko San · il y a
Superbe...et combien je me reconnais dans ces mots, violents mais vrais, le monde d'après en effet cela m'a fait rire aussi...Tout comme le reste, le choix s'il en fut un ....en imposant, en ordonnant...Merci pour ce texte criant de vérités!
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François Personne · il y a
Et merci infiniment, Chère nouvelle abonnée ( Désolé, il n'y a pas de cadeau de bienvenue!!!...) pour votre passage sur ma page et pour ce commentaire qui va droit au cœur du vieil anar qui sommeille en moi. Passez une excellente journée, sous la pluie ou le soleil mais surtout pleine d'imprévus et de ces petits bonheurs simples qui font que , même d'après, la vie est une merveilleuse compagne...
Tendresses littéraires, votre dévoué...

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Haruko San · il y a
Merci Mon Cher Dévoué pour ces tendresses littéraires qui me vont droit au coeur..oui oui...c'est vrai!

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