Samedi 20 juin 2020

il y a
3 min
21
lectures
3

JOURNAL INTIME - 25 Mai 2020 " Je suis né sans le demander, Je vais mourir sans le vouloir, Alors laissez-moi vivre à ma guise..."  [+]

Samedi 20 juin 2020
Chaque vie est unique, mais personne n'a le droit de disposer de celle d'un autre au nom d'une quelconque idéologie ou pour toute autre raison. Je me refuse à revenir sur ce postulat qui n'a rien d'évident, me semble-t-il, au vu des évènements de ces derniers jours...
Toutefois, et je vous prie de m'en excuser, Mademoiselle, j'ai l'empathie sélective et si j'aurais de bonnes raisons d'enfourcher votre cheval de bataille, je m'en abstiendrais tant il me paraît que les vôtres ne le soient pas.
Georges Floyd et votre frère ont beau avoir en commun de s'en être allés bien trop tôt suite à une altercation avec des agents trop zélés des forces de l'ordre, ici s'arrête la comparaison. Même si la vie de votre frère ne méritait surtout pas de s'achever ainsi, dans un amalgame honteux tout autant que douteux, vous assimilez le sort de Georges Floyd à celui de votre frère, criant , à qui veut bien vous suivre, au racisme institutionnalisé...
Le racisme faisant partie intégrante de l'ADN des Etats-Unis, pays construit, rappelons-le, sur un génocide et l'asservissement d'un peuple déraciné, n'ayons point peur d'avouer ici que nous nous étions paresseusement habitués à ces bavures d'Outre-Atlantique.
La différence avec le drame ayant pour nom Georges Floyd ce sont ces près de neuf minutes de son agonie sous le genou moqueur, hautain et qi satisfait de lui-même d'un sous-homme en uniforme filmées et diffusées jusqu'à la nausée.
Georges Floyd est devenu un symbole.
L'insupportable jusqu'à l'insoutenable ne peut que nous inciter à poser un genou à terre en un geste de bien sincère compassion.
La façon dont vous avez voulu récupérer l'empathie générale au profit de votre propre combat ne le grandit pas plus qu'il ne hisse au rang de symbole votre frère dont les épaules sont bien trop étroite pour un costume beaucoup trop ample, lui dont le seul haut fait a été d'avoir violé son compagnon de cellule comme il avait vécu, tristement, misérablement. Et les mots qui ont fusés alors n'ont surtout pas été prononcés pour rassembler mais dictés par la haine mesquine qui semble vous animer.
Je ne sais pas, et ne le désire d'ailleurs pas, ce que veut dire "être racisé", si ce n'est la référence évidente à une notion qui, vous ne pouvez l'ignorer, n'existe pas, si ce n'est dans les pensées nauséabondes des Zemmour de service auxquels vos errements offrent sur un plateau les fameuses statistiques ethniques que vous semblez appeler de vos vœux afin de vous conforter dans l'illusion de votre bon droit et qui vous éclateront à la face sitôt que les tristes sires cités plus haut les auront détournés à d'autres fins tout aussi contestables que les vôtres...
Et ne vous offusquez surtout pas qu'au Pays des Droits de l'Homme... De même que les Etats-Unis ne sont pas le pays de la Liberté, mais simplement, le pays de la Statue de la Liberté, notre malgré tout beau pays n'est que celui de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et non celui des Droits de l'Homme, mais où se dresse un Condorcet sitôt que balbutie l'extrémisme raciste.
Venez vous lamenter sur des plateaux télé sans contradicteur digne de cette qualité et forte des milliers de suiveurs panurgiens scandant un incontestable "Black lives matter" mais dont le "Pas de justice, pas de paix" à trop les relents frelatés d'un "pas de vengeance, pas de paix" auquel je ne peux et surtout ne veux souscrire.
Permettez donc que je mette un genou à terre, non point en guise de soumission à vos diktats de pasionaria à la cause perdue d'être insincère et manipulatrice, mais comme soutien au jeune infortuné qui eut le malheur d'être le co-détenu de votre frère qui, sans doute se sentant appartenir à une hypothétique race supérieure, s'est simplement laissé aller à quelque instinct tout juste animal.
Pendant que vous vitupériez vos antiennes philippiques à un fan club s'achetant une bonne conscience à peu de frais en se trompant maladroitement de colère, de l'autre côté de la Manche, un de vos frères de couleur, lors d'une échauffourée entre manifestants pacifistes et misérables racistes venus en découdre à extrait l'un d'aux, blessé, de la foule qui s'acharnait sur lui en le portant sur ses épaules au simple motif qu'il se serait abaissé au niveau désolant de ces haineux en n'intervenant pas.
Une question me hante: que se serait-il passé, à Minnéapolis, si la personne filmant la lente et désespérante agonie de Georges Floyd avait posé son portable et s'était véritablement interposée?...
3

Un petit mot pour l'auteur ? 3 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de JACB
JACB · il y a
Le questionnement sur l'actualité bien avant que de suivre ou brasser de grandes idées sur des slogans parfois déterrés d'un lointain passé me semble primordial. L'amalgame ne peut qu'être escroquerie de l'esprit entre les deux il y a la Culture mais aussi le respect des cultures. Je partage certains de vos points de vue.
Image de François Personne
François Personne · il y a
Je mets au défi quiconque sur cette planète de s'entailler simplement la main et de venir constater que le sang qui coule de l'entaille que je me suis faite à la mienne est de la même couleur que celui qui s'épanche de sa blessure...
Cela seul devrait compter...

Image de Haruko San
Haruko San · il y a
L'actualité fait rage par ici (SE) entre le covid-19, le confinement, le dé confinement, le avant, le après, le racisme et j'en oublie..Tout est sujet d'écriture. Plus ou moins bons certains textes relèvent le niveau un peu trop banal et lassant à mon goût mais il ne s'agit que de mon avis personnel et il ne saurait engager que moi. Ceci dit j'aime bien l'état des lieux dont Vous faites une description on ne peut plus réaliste, pointue et argumentée ce qui change d'un simple copié/collé répétitif faisant la Une de nos journaux... Chacun ses idées me direz-vous. Je vote parce que j'ai aimé la façon dont vous parlez du sujet et l'interrogation qu'est la Vôtre en conclusion.
Au plaisir de Vous lire.

Vous aimerez aussi !

Très très courts

Gueule blanche

Chantal Sourire

Il est deux heures, Jimmy s’éveille.
Le réveil vient de sonner, sortant le jeune homme de son rêve récurrent. Son arrière-grand-père mineur, une gueule noire. Le portrait de l’ancêtre su... [+]


Très très courts

Le test

Fabienne Desseux

— Mais puisque je vous dis que vous êtes heureuse, madame !
Un silence buté répond à l'affirmation de l'analyste. La petite bonne femme, assise en face de lui, le fusille du regard... [+]