2
min

Roméo et Blanche-Neige

15 lectures

1

C’était ici que je venais après l’école quand j’étais petit. C’était sur le bord de la rivière, à deux coins de rue de ma maison d’enfance, que je passais la plupart de mon temps à chaque jour, jusqu’à huit heures. Cette nuit-là, il était minuit et j’y étais encore, mais à vingt-cinq mètres de hauteur de là où je me trouvais étant enfant. J’étais sur le pont sur lequel je marchais pour aller à l’école, ce que j’avais toujours perçu comme une perte de temps. Je me tenais debout sur la poutre prêt à sauter et à ce que tout le monde oublie ce Roméo, vingt-quatre ans, un homme qui n’arrivait pas à trouver le bonheur dans la vie et qui n’avait rien accompli d’extraordinaire. C’était une nuit calme, il n’y avait personne autour et je sentais le vent souffler sur mon visage. J’allais mourir seul comme je l’ai toujours été. La vue d’en bas m’effrayait un peu mais en même temps, elle m’attirait vers cette noirceur inconnue.


Je fermais les yeux afin de m’apprêter à sauter. Mais juste au moment où mes pieds glissèrent sur la poutre, j’entendis un bruit qui attira mon attention. C’était le son d’une paire de talons hauts et il semblait venir en ma direction. Curieux d’entendre quelqu’un passer par ici, j’ouvris grand les yeux face à ce qui se trouvait devant moi. Je n’avais jamais vu une femme aussi magnifique et attirante. La lumière de la Lune reflétait le teint blanc pâle de son visage. Elle s’approcha de moi et me regarda droit dans les yeux et ensuite ces mots sortirent de sa bouche : « Salut, on m’appelle Blanche. Je t’ai vu sur le point de sauter. Viens avec moi! Je vais te montrer comment ressentir le bonheur dont tu as besoin et te montrer que la vie en vaut la peine. » Je tombai aussitôt amoureux.
...

En très peu de temps, grâce à elle, j’étais passé d’un homme triste et suicidaire à l’homme le plus heureux sur terre. Il n’y avait pas de mots pour décrire tout ce que je ressentais mais cet amour était puissant. J’avais enfin trouvé goût à la vie. Je pouvais enfin sourire. Plus rien ne me faisait souffrir. Tout m’apparaissait soudainement intéressant. Ma relation et mon amour pour elle n’arrêtait pas de s’intensifier à chaque jour passé. Il y avait vraiment une chimie entre nous deux. J’avais l’impression qu’on se complétait l’un l’autre. Je n’avais jamais désiré autant une personne de ma vie. Avec elle, je sentais que je pouvais tout accomplir. Son impact dans ma vie n’était que positif. Elle me faisait réaliser que la vie n’était pas si pire après tout. J’appréciais à fond le moment présent et la vie que j’avais. Je ne voulais jamais que cela s’arrête. Mon amour pour quelqu’un ne m’avait jamais fait ressentir autant de palpitations mais c’était bizarrement agréable. Je me sentais vivant!

Après un certain temps avec elle dans ma vie, je m’étais demandé ce que je ferais sans elle? Elle était ma seule raison de vivre, la seule raison de mon bonheur. Les moments d’absence de sa part étaient devenus difficiles à vivre; elle était la seule à combler mon ennui. Elle était devenue une nécessité dans ma vie et mes pensées étaient saturées du désir d’être avec elle. Mais aujourd’hui, le pire est arrivé. Je me suis réveillé et elle était partie. Je ne la retrouvais plus. Était-elle morte? Sans elle, j’étais faible, j’étais redevenu le Roméo d’avant mais je me sentais encore pire. Le bonheur ne pouvait pas être éternel. Mon corps est en manque de cette vague euphorique qu’elle m’amenait à tous les jours chaque fois plus intense. À présent, c’est la souffrance qui prend toute la place.

Je me retrouve maintenant exactement au même endroit où nous nous étions rencontrés, debout sur la même poutre, avec la même Lune qui me regarde et qui faisait briller le visage de cette femme qui m’avait sauvé. Cette fois-ci, la seule chose qui pouvait m’empêcher de sauter, c’était le retour de Blanche, mais qui sait, peut-être qu’en sautant, j’irais la rejoindre? Elle m’a permis de vivre encore un peu et d’avoir été enfin heureux. Je lui dois la vie.

Je dois ma vie à cette poudre blanche et fine comme la neige qu’on appelle Cocaïne.
1

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,
Image de Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Alors là, tu as fait fort Louis-Joseph!! je remarque que ton texte est "en libre", donc pas admis pour un prix... Tu parles de suicide et de drogue, ce n'est pas ce que la majorité des lecteurs Short veulent entendre... J'espère juste que ce n'est pas du vécu... Amitiés...
·
Image de Louis-joseph Hamel
Louis-joseph Hamel · il y a
Merci! et non je m'y attendais que je ne fasse pas le concours avec ce texte vu le "thème", mais bon, et non ce n'est pas basé sur du vécu heureusement! Haha
·
Image de Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Ouf!! Si c'est pas du vécu... Pour ton prochain thème, choisis quelque chose de plus gai... Attends le prix saisonnier d'automne... ou, alors, il y a le concours "Paysage en isère", si tu connais un peu la montagne... vas lire les autres auteurs pour te faire une idée... bonne soirée...
·