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Retour de vacances

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Didier Lemariey

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Ça y est, la dernière valise est bouclée. Quand je pense aux six heures de routes à se taper, c’est une épreuve supplémentaire pour un retour de vacances. La côte ouest du Cotentin c’est très joli, les plages sont de sable fin, face à Jersey et il ne pleut pas tous les jours. Heureusement, aujourd’hui il ne fait pas très beau pour le voyage ce sera moins désagréable. J’ai prévu de partir en début d’après-midi pour arriver tranquillement en soirée.
La voiture est chargée, la maison est fermée, je vais partir... J’allais oublier Minette. Où est-elle ? Je la vois, elle est postée sur son point d’observation favori, une branche basse du pin devant la maison. Je m’approche doucement, comme si de rien n’était, je tends le bras et hop elle saute de l’arbre et s’échappe chez le voisin. Pas de soucis, je vais l’avoir par le ventre. Je sors le paquet de nourriture et je l’agite bien pour que la petite chatte entende bien les croquettes qui s’entrechoquent.
Cela fait maintenant deux heures que j’appelle cette maudite chatte. Je réalise que le ton de ma voix ne doit pas être très engageant. Je tente de me raisonner et adopte un timbre plus enjôleur. Elle est là, je la vois, à seulement trois mètres de moi. Je la flatte, je lui dis des mots doux et je m’approche. Elle regarde le paquet de croquettes dont je ne me suis pas séparé. Elle semble intéressée. Un geste un peu brusque dû sans doute à mon impatience grandissante et hop elle cavale hors de ma portée sous une bordée de jurons que je regrette aussitôt.
Quatre heures que je fais le poireau comme un idiot sur ma terrasse à appeler un chat qui n’aime pas voyager dans une boite en plastique. Je ne lui donne pas vraiment tort, c’était ma réflexion de départ que cette route de retour n’était pas une joie de tous les instants. Miracle, Minette qui a certainement pitié de moi, se pointe comme si de rien n’était. Elle vient se frotter contre moi avec les ronronnements que j’apprécie tant. Moi qui avais prévu tous les supplices imaginables dès que je l’attraperai, je la gratifie d’une caresse et la dépose délicatement dans sa boite de transport.
Il y a toujours des éléments positifs dans une aventure, à part les quatre heures de retard qui n’en sont pas vraiment, j’étais encore en vacances. L’expérience est qu’il y a souvent un élément imprévu dans chaque plan même le mieux préparé. Il faut donc savoir s’adapter sans se stresser. De toute manière ça ne sert à rien de se lamenter ou de crier contre un sort défavorable. Gardons une attitude positive car parfois il est difficile de détecter d’emblée les bons éléments qui vont résulter d’une situation qui nous apparaît comme une cata.
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Image de Aurélien Azam
Aurélien Azam · il y a
Les caprices d'un chat, c'est toute une histoire !
Merci pour ce texte, Didier :)
Egalement, mon très très court "Gu'Air de Sang" est en finale du Prix Court et Noir !
Si tu le souhaites, n'hésite pas à renouveler ton soutien pour mon texte : j'en serai ravi :)
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/gu-air-de-sang

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