Renaissance

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La rue est déserte, un léger vent souffle emportant sur son passage les quelques feuilles tombées des arbres qui jonchent le sol en ce début d’automne. Le soleil se couche lentement et j’erre dans cette ville d’un pas hésitant. Des voitures sont laissées à l’abandon le long des routes, la plupart des portières grandes ouvertes, aucun signe de vie dans les maisons. Qu’est-il arrivé, où sont passés tous les habitants de cette ville ?
Ne sachant que faire, ni penser, je continue d’avancer à la recherche de mes congénères. Je n’en vois aucun. Je suis attirée par du bruit que j’entends au loin, sans me poser de question, j’avance bêtement dans cette direction. Un immeuble en flamme se dresse devant moi mais toujours aucune âme.
Je ne comprends pas, je ne sais pas ce qui est arrivé ici. Il faut que je le découvre, je continue mes recherches.
La faim me guette, je n’arrive plus à la gérer, je dois trouver quelque chose. Je me dirige vers l’ épicerie au coin de la rue qui est traversée par un passage à niveau. J’espère y trouver des victuailles ou du moins quelque chose pour me sustenter.
Tout à coup, j’entends des cris, je me retourne et j’aperçois un homme courant à vive allure et criant à l’aide. Je veux répondre à son appel mais aucun mot ne sort de ma bouche, juste quelques sons inarticulés d’un ton grave. Je dois admettre que cela m’a surprise. Je tente une nouvelle fois mais le résultat est identique.
J’essaye dès lors de m’approcher de l’homme que j’ai vu se réfugier dans un gros pickup abandonné le long du chemin de fer mais impossible pour moi d’accélérer. J’ai l’impression de marcher comme un pantin dont on tire les ficelles. Bref, je continue comme je peux, quand soudain, à hauteur du véhicule, un groupe de personnes se dirigent vers moi. Ils ont une démarche saccadée et font des grognements malsains. Certains sont couverts de sang et leurs vêtements sont en lambeaux. Ils avancent vers moi et semblent vouloir m’attraper. Prise de panique, je décide de faire demi-tour mais mes jambes m’empêchent d’avancer rapidement, j’ai une démarche incertaine. Aurais-je été blessée ?
Trop tard, ils sont sur moi. Par réflexe, je mets mes mains et mes bras devant mon visage pour me protéger, je suis tétanisée. Cette fois, c’est certain, je vais mourir des mains de ce troupeau sauvage. Ma vie défile devant moi.
Je me sens bousculée, presque piétinée... mais non, je ne suis pas morte. Ils sont passés près de moi , presque à travers moi, devrais-je dire, comme si je n’existais pas, comme si je leur étais invisible. Ils continuent leur chemin en direction du 4x4 où se trouve l’homme.
Soudainement, je sens une envie m’envahir, cette faim ne me quitte plus. Sans vraiment y réfléchir, je me mets à avancer et me rapprocher du groupe qui a encerclé la voiture. L’homme à l’intérieur est terrorisé mais il trouve le courage de vouloir s’enfuir en passant par la lunette arrière qui est brisée.
Je m’approche de lui pour essayer de lui venir en aide. Je suis près du coffre, il ne me voit pas, il passe la vitre sur le dos en regardant vers le ciel, il avance, encore, et encore, il est prêt à prendre ses jambes à son cou, à détaler comme un lapin.
C’est la fin pour lui, je l’attrape à la gorge avec mes dents, lui arrache une grosse partie de peau et de chair, le sang gicle partout, il crie, se débat, mais j’ai faim, très faim. Je me délecte, la nourriture me revigore. Je sens mes forces revenir lentement en même temps que mes souvenirs de mon ancienne vie s’évanouissent petit à petit.
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Sylvie Talant · il y a
Un univers cauchemardesque doté d'une fin (ou faim) qui crée la surprise.
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Cédric Rigaux · il y a
Merci 😉
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Gabriel C · il y a
Super petite histoire. Bravo