Relation de bon voisinage

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— Non mais je rêve ! Comment as-tu osé ?
Ça, c'est ma sœur jumelle Béline qui s'énerve encore parce que je suis allée rendre visite à notre voisin. Elle ne l'aime pas, je dirais même qu'elle ne le supporte pas.
— Oh ca va, lâche-moi, tu sais très bien que tu n'arriveras jamais à m'empêcher d'aller le voir si j'en ai envie.
— Tu vas me rendre folle, tu sais très bien comment il est, comment il peut faire souffrir si on n'y prend pas garde !
— Béline, c'est bon, je lui rends visite uniquement pour bavarder un peu avec lui.
— Eh puis zut, de toute manière tu ne m'écoutes jamais !
— Enfin une chose censée. Bon j'ai des fioles à préparer pour demain alors je te laisse bougonner dans ton coin.
Sans lui laisser le temps de me répondre, je lui tourne le dos et emprunte l'escalier qui m'amènera à la cave. Au passage, je lui prends son sachet de bonbons posé sur la table du salon.
***
Lorsque Menthyl, notre majordome, et accessoirement notre chauffeur, ramena Cora chez elle, je pus enfin souffler un peu. Vous n'imaginez pas à quel point cette fille peut faire preuve de concupiscence, comment peut-on s'attacher de la sorte à des biens matériels ?
Cora est une femme que j'adore, nous nous connaissons depuis de très longues années et elle est d'ailleurs la seule, en dehors de Menthyl, à connaître mon petit secret. Ce fait ne lui donne pas le pouvoir de me dicter ma conduite, après tout je vois qui je veux quand je veux.
Mais non, elle se croit tout permis, et dès que j'ai le malheur de faire quelque chose qui ne lui plaît pas, elle ne se gêne pas pour essayer de me remettre à ma place.
— Vincent Corlick, tu n'es vraiment qu'un être abjecte assoiffé de sexe et de sang ! Je ferai graver sur ton épitaphe : Ci-gît Vincent Corlick dont les seules inquiétudes étaient de savoir si il allait tremper ou non sa biscotte accompagné d'un pichet de sang ! Non, tu ne changeras jamais mon pauvre ami, cela me désole au plus haut point.
Je pense qu'en fait le seul souci de Cora est que je ne l'ai jamais mise dans mon lit ou sous mes crocs.
***
Cette fois c'est enfin terminé, la demande de potions de cette Cora est remplie. Je ne sais pas trop sur qui elle veut l'utiliser, mais elle ne risque pas de tomber à court vu la quantité qu'elle a voulu. Je la vois souvent roder autour de la maison de Vincent, c'est peut-être bien lui l'heureux élu. Je trouve étrange que cette femme ne veuille pas venir chez moi pour prendre sa commande, mais des gens bizarre ce n'est pas ce qu'il manque dans le village. Sans me poser de questions, je remonte au rez-de-chaussée, je regarde si ma sœur n'est pas dans les parages et je sors discrètement de la maison. Quelques mètres plus loin, il y a une grande prairie où des chevaux paissent tranquillement. Juste devant la barrière je trouve la brouette dont m'a parlé Cora, j'y dépose le sac et le camoufle avec de l'herbe que je viens de ramasser. Heureusement qu'elle m'a payée d'avance autrement elle pouvait toujours courir que je dépose ainsi le fruit de plusieurs heures de travail. Je regarde autour de moi, tout à l'air calme, je retourne discrètement chez moi.
* * *
Ce soir, Vincent est à moi. Je l'ai toujours désiré, mais lui n'a jamais voulu faire de moi ce qu'il déteste lui même être depuis des siècles. Cette sorcière de Céline m'a demandé une fortune pour me préparer quelques fioles, mais avec cela, il ne me résistera pas.
Quel soulagement de voir toutes ces fioles placées dans la brouette comme prévu. En les regardant, je peux voir : dix fioles où l'on peut voir écrit Désir, ainsi qu'une marquée Répulsion.
Je retourne à ma voiture, camoufle le sac sous mon siège et je file chez Vincent.
* * *
— Mademoiselle Cora demande à vous voir Monsieur.
— Faites-la entrer voyons ! Et par la même occasion, nourrissez donc Pipite, il n’arrête pas d'aboyer !
— Bien Monsieur.
Elle fait son entrée, une bouteille de vin à la main.
— Je suis venue me faire pardonner avec un Bordeaux millésimé de 1928, tu m'en diras des nouvelles !
— Sers-nous donc ma chère !
Une odeur autre que celle du vin vient me chatouiller les narines. Ne sait-elle donc pas que mes sens sont plus développés vu ma condition ?
Elle se retourne et me tends un verre .
— Je ne le boirai pas Cora, je sais que tu as ajouté une potion venant de chez mes voisines.
— Pardon ! Que vas-tu penser là ?
— Je l'ai sentie dès que tu l'as versée dans le vin, n'essaie pas de me mentir. Tu peux faire demi-tour et retourner chez toi. Ne reviens pas avant un bon moment c'est clair ?
— Mais...
Ne lui laissant pas le temps d'achever sa phrase, je file tout droit chez mes voisines où je fais voler la porte en éclats.
— Mais ça ne va pas non ! On peut savoir le but d'exploser notre porte ?
— Je vous avais prévenues sorcières de pacotille, vous ne deviez jamais intervenir dans et vous venez de le faire.
Je sais que je vais commettre l'irréparable, mais au moins je serai tranquille. Depuis que je suis vampire, je suis très rapide et subtil, je les attrape sans difficultés et leur arrache la gorge avant de les vider toutes deux de leur sang. Je les abandonne sur le sol. J'attrape une bougie et je mets le feu à un rideau, qui s'enflamme rapidement, mettant le feu à toute la maison.
Je pars sans me retourner.
— Brûler en enfer les sorcières !
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