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Regards noirs

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Keylina973

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Imaginez que l’image omniprésente de vos victimes vous poursuive comme votre ombre, que vous sentiez des regards réprobateurs se poser sur vous à chaque instant. Continueriez-vous, à vous acharner contre elles ? Il ne s’agit pas de criminels à proprement parler. Mais, d’individus beaucoup plus insidieux, qui agissent impunément sous couvert de la hiérarchie ou de leur fonction.
Anista occupe le poste d’assistante commerciale, depuis 15 ans, dans un grand groupe industriel basé aux Antilles. Elle est confrontée, dès le début de sa carrière, à des collègues peu compréhensifs et particulièrement agressifs.
La bienveillance étant dévolue à la classe des plus faibles, Anista représente la cible idéale pour une majorité des membres du service. De part son caractère timorée, sa bonne volonté et son implication au travail. Il convient de souligner que leur acharnement est égal à leur propension à faire souffrir les autres, leur attirance pour l’argent et leur désir d’appartenir à un groupe.
Dans un environnement toxique où quelques gouttes de poison suffisent à empoisonner l’atmosphère, cette adorable plante se fane peu à peu. De même, ses amis et sa famille la trouve méconnaissable. Elle a perdu de son éclat et ses convictions commencent progressivement à s’effondrer.
Pour couronner le tout, ses nuits sont clairsemées de cauchemars. Tantôt, elle s’enfonce dans les abîmes du désespoir. Tantôt, elle devient aussi cruelle que ses tortionnaires.
Suite à une très mauvaise journée au travail, elle décide de réfléchir en contemplant les étoiles. Elle se demande comment stopper ce processus malsain et retrouver une certaine sérénité. Elle formule simplement sa requête en levant les yeux vers le ciel, en espérant qu’ils finiront bien par se lasser, d’ici son départ à la retraite, dans dix ans.
Le lendemain, le staff au complet, se réunit autour d’un café afin de discuter d’étranges cauchemars, plus terrifiants les uns que les autres. Au bout de quelques semaines, ils oublient presque son existence, trop intrigués par les récents évènements. Une employée n’ose plus se regarder dans le miroir, hantée par l’image d’une forme étrange qui se cacherait à l’intérieur afin de l’épier. De plus, des objets personnels auraient disparus. Malgré l’installation d’un système d’alarme très performant et les patrouilles régulières d’agents de sécurité.
Une cellule de crise est mise en place afin d’apporter un soutien psychologique aux supposées victimes. Le cas le plus inquiétant se rapporte à un cadre supérieur jugé responsable des souffrances que rencontrent de nombreux salariés. Un rapport détaillé relate son témoignage en ces termes.
J’entre dans mon bureau qui est parfaitement rangé. Anista me félicite pour mon excellente collaboration et la bienveillance dont je fais preuve envers mes collaborateurs. Tard dans la soirée, je repense à ce moment pour le moins étrange et aperçois une silhouette par la fenêtre. Au fur et à mesure que cette présence devient plus menaçante, je me sens pris au piège. Le son intense produit par l’accélération subite de mon rythme cardiaque et le sifflement émis à chaque respiration, révèlent à chaque seconde, ma position. Dans un acte de désespoir, je me précipite vers l’extérieur et atterris dans ce que je pense être une mare d’eau. Le temps s’écoulant, je commence à trouver très singulière, la configuration de cette mare. Par la suite, je finis par réaliser, que je me trouve au milieu d’une étendue d’eau, dont l’aspect, me fais étrangement penser, à la forme d’un œil. Par ailleurs, je revis les évènements dans leurs moindres détails, comme si, j’avais assisté à la scène, à travers les yeux d’une autre personne, sous un angle diffèrent. Je revois les images clairement dans mon esprit, de la forme de l’œil à la couleur de la pupille, aussi noire que les regards que me lancent certains employés. Au bout de quelques heures, l’œil se referme et m’engloutit entièrement. Je n’arrive pas à me débarrasser de cette drôle de sensation, concernant ces regards qui se posent sur moi et m’observent constamment. Pour finir, je me réveille avec de grosses sueurs froides, trempé, jusqu’aux os.
Paradoxalement, le ciel semble se dégager pour Anista, lui offrant de nouvelles perspectives. Elle, qui a essuyé de nombreuses averses durant ces années. Désormais, elle peut circuler librement, sans craindre les éléments déchainés. Ses nuits sont plus paisibles, car l’ombre qui planait au-dessus d’elle, s’est dissipée, à l’image du brouillard, sans laisser de trace.
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