Rafales de textos un lendemain de la St Valentin

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Plaisir, besoin, ivresse, tourment, drogue, obsession, compulsion, consolation et éclats de rire... bref, ECRIRE !!! Ecrire ma vie, vivre mon écriture. Chaque jour et toujours. Pour ma Joie qui  [+]

Un dimanche d’hiver qui se termine paisiblement. Il a fait aujourd’hui un soleil radieux attendu depuis si longtemps. L’homme s’apprête à suivre le film d’Arte. Soudain, un premier sms crépite :

— J’espère que tu t’es remis de ta surprise ! Ta réaction de me négliger m’a sidérée et je pense que tu n’as pas eu le courage d’assumer la circonstance. Je t’en veux pas pour ce manque de courage car je pense que... Si par ailleurs tu es toujours ok pour notre soirée cinéma de demain, je te propose la séance de 20h 15 du film Wajib. Bises et à demain. Flo
— Sorry, le début de ton sms m’est inintelligible.
— Quoi ?
— « Ta réaction de me négliger m’a sidérée » etc. C’est quoi ce délire ?
— Tu n’as pas besoin de jouer la comédie que tu ne m’as pas vue hier matin dans le couloir du métro Hôtel de Ville accompagné d’une nana bien roulée et qui était sûre de son look ravageur !
— Non, JE NE T’AI PAS VUE, désolé. Ton injuste suspicion m’est une injure. Bonsoir.
— Tu m’as bien regardée dans les yeux mais au moment de t’approcher, tu as fixé le mur pour me négliger. Mais, comme je t’ai dit, j’ai pris acte et je tourne la page de cet incident. Pas besoin d’en rajouter. Je comprends bien ton attitude. Mais parfois il faut avoir le courage de reconnaître les faits sans jouer l’innocence.
— Tu délires ou tu es parano. NON NON NON JE NE T’AI PAS VUE. Sinon, je t’aurais embrassée et présenté une bonne copine – pas une concurrente. Ton soupçon infondé est un affront. Restons-en là pour ce soir, please et PAS de ciné demain soir. Comment pourrais-tu prendre plaisir à revoir un mufle qui t’a snobée en public et ment comme un arracheur de dents ! Telle est l’image de moi-même que tu oses me renvoyer ce soir ! Honte à toi. Ce sera tout pour aujourd’hui. Good night.
— Ok Greg. Si tu es sûr de ne m’avoir pas vue, c’est bon. Je te propose de bien lire mon 1er message de ce soir pour comprendre que pour moi, l’incident est clos. Je n’ai aucun plaisir pour ça et je ne comprends pas pourquoi tu t’obstines de cette manière. Bises, bellissimo. L’amour est plus grand qu’autre chose et résiste à tout. Je ne cherche pas à me moquer de toi. Je te propose de te reposer ce soir et demain sera un autre jour. Gardons notre rendez-vous cinoche. Je te promets que désormais je ne te parlerai jamais de cette fille. Bisou et bonne soirée.
— Facile et commode de tourner la page ! Je te confirme que je ne prévois pas de ciné DEMAIN 1/ parce que je rentrerai tard de Pierrefitte-sur-Seine où je vais visiter mon vieil oncle hospitalisé ; 2/ parce que je suis profondément blessé par ton soupçon et tes propos méprisants sur la personne qui m’accompagnait. Bien sûr, je te pardonnerai de m’avoir MAL jugé sur les seules APPARENCES... mais il me faudra un peu de temps. L’apaisement et la réconciliation ne se décrètent pas unilatéralement ni ne se déclenchent d’un simple clic sur un clavier ! Ce serait tellement simple... De la part de ton Greg distrait qui, quoi que tu dises, « ne joue pas à l’innocent » (relis calmement tes sms, please). Bonne nuit et... à plus tard quand viendra pour moi le temps du pardon... et l’insouciance de fin de week-end que tu as si bien gâchée par tes rafales d’aigres textos.

Moralité : peut-on regarder quelqu’un sans le voir ?! Est-ce vraisemblable ? Possible d’un simple point de vue physiologique ?

Et comment un simple et involontaire « regard translucide » peut déclencher chez l’une un vieux fond de jalousie possessive ; chez l’autre, un sentiment latent de persécution et de harcèlement ?

Car il suffit parfois d’une seule petite goutte de suspicion empoisonnée pour faire déborder l’amphore amère des blessures d’amour-propre...
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