Quête de vision

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Je voudrais écrire des romans Qui valent la peine d'exister. Mon rêve est-il à ma portée  [+]

22h. Budapest, Bastion de Pêcheurs.

Je vois des signes mais rien ne me parle. Les bêtes tournent autour de la lumière du lampadaire, est-ce que je fais fausse piste avec ma quête de beauté ? Est-ce que je dois regarder ailleurs ?

Je poursuis l’association du rouge et du blanc, avec les ballons et les drapeaux, qui m’amène au funiculaire mais je ne veux pas payer pour le prendre, j’abandonne. De toute façon le rouge et blanc s’est dissout ici, un rouge est parti, le blanc est resté. Je me sens dépitée, frustrée, découragée.

A quoi bon ces signes ? J’ai peur qu’il n’y ait rien, peur de suivre, de chercher pour rien. Et si je ne poursuis pas, si je ne cherche pas, je fais quoi ? Il faudra bien tôt ou tard se mettre en mouvement. La ville pourrait s’éteindre maintenant que je ne saurais pas quoi faire. Je me sens vide.

Est-ce que je cherche un sens pour trouver, un jour, peut-être, qu’il n’y en a jamais eu ? Tous ces faux semeurs d’espoirs que je suis souvent, qui donnent une direction, une indication, sont tous autant de signes qui ne mènent nulle part, qui me trimballent d’une émotion à l’autre, d’une impulsion à l’autre, sans chemin établi, sans direction qui vient du cœur, qui vient de moi.

Si je n’écoute rien, je décide seule mais ça ne change pas grand-chose. Je réagis d’une place à l’autre, d’un moment, d’un besoin, d’une envie. Et le temps passe et j’avance mais toujours sans direction établie.

Et je meurs, enfin je mourrais un jour, comme j’ai vécu, parce que c’est le moment et que ça arrive. Point. Rien de plus.

Rien qui ne soulève une véritable raison qui aurait poussé cette vie à exister, à faire son chemin, comme tant d’autres vies qui elles non plus, n’auront rien laissé, sauf des souvenirs – et encore – qu’elles emportent avec elles ou qu’elles laissent aux plus chers. Une grande tristesse à nouveau, devant cette fatalité. Je me demande comment font les gens pour ne pas y penser. J’ai la gorge nouée et la poitrine serrée. Je porte le poids de cette destinée sur les épaules. Le fardeau d’une vie morne, peut-être gaie, mais sans feu intérieur qui la guide et l’active. Sans raisons à ces douleurs, à ces peurs, à ces envies, à ces désirs. Sans stricte échelle de ce qui est bien ou mal, si ce n’est une vague morale imposée par une culture et une société qui m’ont vues naître.

Je me morfonds dans cette condition et pourtant je tourne autour du pot, trouver quelque chose de plus grand, de plus vif, de plus moi, ça veut dire quoi ?

Une raison d’être, une mission de vie, comme celle que prônent les maîtres à penser, les gens qui semblent l’avoir trouvée, qui semblent droits dans leurs bottes, éveillés à eux-mêmes et à leur chemin de vie. Ceux qui ne sont pas tombés dans la fatalité ou n’y sont pas contraints par bêtise, mais qui ont cherché, parfois souffert, parfois c’est inné, et qui ont trouvé ce qu’ils voulaient, ce qu’ils pouvaient faire et donner, ce qu’ils pouvaient suivre ou ne pas suivre, car c’est eux qui décident et ça vient d’eux, ils savent. Ils ont abandonné leurs doutes, se sont dépouillés d’eux-mêmes et suivent leur voix, leur voie. Enfin je crois.

Je ne suis pas sûre que ça existe, que je n’idéalise pas, que je ne cherche pas en vain quelque chose qui n’existe pas.
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SIMON DUMOULIN · il y a
Très sage réflexion, mise sur le papier avec délicatesse. J'apprécie et j'approuve. Hâte d'en lire plus !
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Janne Perrot · il y a
Merci !