Quel Anniversaire !

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Amateur des mots et de leurs musiques tout simplement  [+]

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Image de Très très court
L'impact des gouttes sur le métal devenait de plus en plus étourdissant.
Cet abri en vielle tôle rouillée, nous protégeait de moins en moins.
Ce matin le temps nous avait semblé être au beau fixe, un paysan rencontré en chemin nous avait averti de risques d’orages en fin d’après-midi, mais sans conteste nous lui avons répondu que nous serions rentrés bien avant.
Aller en montagne, nous procurait beaucoup de plaisir et aujourd’hui il s’agissait de monter souffler la première bougie de notre petite Emma.
Monter à la Sainte Victoire en partant du barrage Bimont n’était pas trop difficile pour nos jambes aguerries.
La montée s’est déroulée tranquillement tout en joie, à bon rythme entrecoupée de pauses photos souvenirs, et de pauses boisson.
Et trois heures plus tard nous arrivâmes heureux au prieuré.
Emma maintenant éveillée et tout sourire, avait dormi bercée presque tout du long,
Nous l’avons fait manger à son rythme, elle avait bon appétit, l’air de la montagne, ça creuse.
Nous avons à notre tour, déguster salades, charcuteries, fromages, chips tout en dégustant une petite mousse encore fraiche.
Virginie avait préparé une petite charlotte aux fruits rouges.
Nous avons soufflé de bon cœur cette petite bougie, Emma gonflait ses joues en nous imitant, nous avons juste empêché qu’elle prenne la flamme qui captivait son regard, à pleine main.
Nous avons immortalisé par quelques selfies cet heureux moment, puis, nous nous sommes allongés.
Puis assez vite nous avons effectué un petit roupillon tous en chœur juste un peu trop longuet.
Une petite bourrasque nous a éveillés et nous avons réalisé qu’il était temps de penser à redescendre.
Nous avons échangé un tendre baiser avant de se lancer sur le chemin du retour, le même qu’à l’aller, Emma dormait toujours.
Le ciel avait perdu son bleu azur et les nuages prenaient possession de l’espace toujours plus volumineux et sombres.
« Chéri as-tu vu ce qui se prépare, crois- tu que nous aurons le temps d’arriver avant l’orage ? »
« Oui, on va descendre d’un bon pas , le vent va chasser ces maudits nuages  » lui rétorquais-je sans franchement y croire.
« Si tu le dis, alors ! « me répondit-elle dubitative, « tu sais que je n’aime pas trop çà et que nous avons notre bébé « 
« Oui, je sais « 
Soudain la température a franchement baissé, et nous avons effectué une halte rapide et avons enfilé un sweat et un k way , protégé Emma par la petite couverture et sa casquette Dolly .
Nous venions de nous engager sur la ligne de crêtes des Costes Chaudes et la descente s’amorçait plus raide.
Tout d’un coup, la pluie redoutée arriva sur nos têtes et nos jambes nues notamment.
Pendant une dizaine de minutes, elle ne fut pas trop forte, les gouttes étaient fines et fraiches.
Les pierres plates devenaient glissantes, les cailloux pouvaient rouler sous nos pieds et nous faire trébucher.
La pluie s’intensifiait maintenant au fur et à mesure que le ciel semblait nous tomber dessus.
Soudain des éclairs absolument terrifiants sont venus déchirer le ciel.
Virginie se mit à hurler «  il nous faut trouver un abri, et si on se dirigeait vers le refuge Cézanne ! »
« Non, c’est trop tard maintenant, nous sommes trop éloignés de cette direction »
Mais je ne sais pas si elle a pu m’entendre, un énorme coup de tonnerre nous fit sursauter de surprise et de peur mélangées.
Ce qui a eu pour effet de réveiller Emma qui se mit à crier autant qu’un petit enfant peut le faire.
L’orage était maintenant très vigoureux.
Je me suis retourné vers Virginie dans l’intention de lui demander comment était Emma qui pleurait et criait autant que possible?
Sa réponse m’est venue de ses poings qui m’ont tambouriné le torse,
« Charles j’ai peur, on va se faire foudroyer, tu te rends compte, notre Emma ?
Puis quelques secondes plus tard, j’ai chuté lourdement.
Je me suis cogné un genou sur un caillou, ce qui sur le moment me fit horriblement mal.
Mais Emma faillit basculer par-dessus mon dos, elle était heureusement bien sanglée.
Virginie était de plus en plus en colère et hystérique.
« Mais qu’est-ce que tu fous ?, tu vas tuer notre fille ! j’ai trop peur des orages »
J’essayais de garder mon calme, mais j’étais trempé, transi de froid et peu fier de vivre cette situation.
Très bizarrement à un endroit de la descente , une ligne électrique, traversait le sentier.
A l’aller nous avions ressenti des grésillements, mais là tout s’était amplifié, on aurait dit des roulements de tambours.
Virginie se mit à hurler «  il est hors de question que je passe là-dessous »
Et là , brusquement, j’ai pris Virginie par le bras , et lui dis « de toute façon nous n’avons pas le choix »
Et à ce moment précis, une décharge électrique nous projeta à quelques mètres.
« Ça va, tu n’as rien, lui criai-je ?
Elle ne m’a pas répondu elle était tétanisée et sans voix.
Emma se mit à hurler.
« La petite ? mais elle saigne, elle a une grosse bosse me dit-elle »
« Penses-tu que c’est grave ? « 
Et me répondit très en colère «Oui c’est grave, on va mourir tous les trois »
Nous avons pu nous relever et là j’aperçu à quelques pas, un semblant d’abri en tôle porté par des rondins de bois.
Nous nous sommes blottis dessous l’un contre l’autre.
J’ai tourné la tête vers Emma qui avait les yeux tout écarquillés, la pauvre avait une belle bosse déjà bien bleuie.
Pendant ce temps, la femme du paysan lui fit remarquer qu’on n’avait pas vu repasser les promeneurs du matin.
Il sortit de chez lui, à quelques dizaines de mètres il pouvait distinguer le parking, et l’auto toujours garée.
« Ecoute, je vais à leur rencontre, peut-être sont-ils blessés » ?
« Oui, mais fais vite, sois prudent il est déjà dix-huit heures, tu vas me foutre la trouille ! »
Il monta d’un bon pas, et dans un passage escarpé, en voulant éviter plusieurs petits rochers qui dévalaient la pente, il fit un roulé boulé et se tordit la cheville.
Plus possible de marcher et il avait omis de prendre son portable.
Une heure plus tard, la paysanne très inquiète voulut appeler les pompiers mais la ligne était saturée et inaccessible.
Après plusieurs tentatives et après de longues minutes, elle réussit à les joindre.
Les pompiers enfin là avec un petit engin tout terrain trente minutes plus tard, et les voilà enfin partis vers le sommet.
Assez vite ils récupèrent en chemin le paysan qui les appelaient en hurlant.
« Où croyaient vous qu’ils puissent être ? « demanda le chef des pompiers.
« Sur le sentier Imoucha, normalement »
Mais maintenant en travers de passage, des pins déracinés venaient barrer le chemin.
Les quatre hommes décidèrent de monter à pied.
Il était déjà dix-neuf heures trente, et vers vingt heures, ils aperçurent un tas de bois de tôle en bordure du chemin.
Et seulement, l’un des quatre aperçut des jambes qui dépassaient.
Il Hurla « ils sont là »
Une soudaine averse de grêle avait eu raison de cet abri qui s’était effondré sur nous.
Virginie et moi étions assommés complètement groggy.
Emma à moitié sortie du sac heureusement épargnée s’était endormie collée tout contre sa mère.
Un des hommes la prit dans ses bras, elle se réveilla totalement hagarde.
L’un d’entre eux , me tapota les joues,
« Monsieur, ça va ? »
J’ouvris les yeux, abasourdi en portant les mains à ma tête qui me faisait horriblement mal.
Virginie me suivit peu après, quelques claques plus tard.
« oh s’il vous plait, Monsieur sortez nous de là, je vous en supplie.
Maintenant debout, elle étreignit un des pompiers
« Oh, merci merci !»
Les pompiers appelèrent des renforts et un fourgon ambulance.
La pluie avait maintenant presque cessé.
Une bonne heure d’effort pour nos sauveteurs avec des brancards bien inconfortables et difficiles à manœuvrer, puis direction l’Hôpital pour une nuit d’observation,
Nous étions blessés, contusionnés, épuisés, choqués mais saufs.
Cela ne deviendra plus tard qu’un bien mauvais souvenir,
Quel Anniversaire ?
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