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Que l'aube arrive! Que l'aube arrive

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Sylvie Thi

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Hello ?
Grrr...Rrrrr
Il y a quelqu'un ?
Grrr...Rrrrr

J'avance péniblement. La boue enlise les pattes de mon cheval. Les fortes pluies ont saturée les sols. Centimètre par centimètre, je gagne un peu de terrain, suffisamment pour entendre un grognement provenir devant moi. La nuit s'achève, lourde de sa froideur et de son obscurité. Hormis ce grognement, le silence envahit l'espace. Le chemin se précise mal. Ma monture hésite, rechigne à continuer. Je sens entre mes cuisses son refus. Je talonne légèrement les flancs de mon compagnon. En caressant son encolure, ma main est humide de sa sueur. Non seulement la fatigue mais aussi l'énervement. Je perçois son angoisse . Il renifle, piétine, renâcle. Le sol se durcit enfin et les sabots claquent sur les pavés. Les rênes en mains, je contiens son impatience. J'entends le mordillement des mors. L'angoisse se transforme en peur, lorsque ma monture tente un cabrement. Il vire sur le côté droit, voulant échapper à une frayeur invisible. Enfin, invisible pour moi. J'ai confiance en lui et je sais pertinemment la sensibilité et les perceptions de ma monture. Je prie intérieurement l'arrivée du jour. Cette profondeur abyssique de la nuit étouffe et trouble tout mon être. Je n'ai pas peur d'ordinaire. Un sentiment de sourde malveillance s'empare de mon corps. La nuit cède peu à peu. J’entrevois enfin les mûrs des bâtisses grises, tels des chats engourdis. Des ombres se profilent. Une brume épaisse, lourde vogue le long du sentier et sur les champs avoisinants. Les lumières du village sont éteintes donnant un atmosphère livide et fantomatique. Des arbres décharnés tendent leurs bras vers le ciel comme une invocation. Le renâclement de mon cheval se confond avec les grognements lointain. Un chien affamé, un loup ? Dans un petit galop, je pousse avec insistance mon cheval en direction de ces sons étranges. Arrivé devant une maison, le grognement est encore plus précis et macabre. Mi-humain, mi-animal. Une porte claque au vent, chantant à travers ses gongs rouillés. Les bruits viennent de l'intérieur de la bâtisse. Je décide de poser pieds à terre. A peine sur le sol, une rêne glisse entre mes doigts et mon cheval déguerpit en hennissant. Son galop s'épuise au loin... Il se calmera et je le retrouverai plus tard. Je sors mon fusil accroché à mon dos et arme. J'avance doucement au travers de la porte. Que l'aube arrive ! Que l'aube arrive ! Je m'encourage de cette oraison. Un léger rayon de soleil éclabousse la brume. L'aube enfin ! Elle me ragaillardit. Je n'ai jamais autant bénit le matin. Une once de courage me pousse à franchir le seuil de la porte. Au travers d'une douce auréole de bougie, je n'en crois pas mes yeux de vieux solitaire. Mon fusil armé glisse le long de mon corps, pendu à mon épaule.
Au fond de l'unique pièce, deux femmes sont affairées au sol. Une jeune femme, trempée, allongée sur le dos pousse des hurlements. La seconde, plus vielle, les mains appuyées sur les genoux de la première, exhorte des conseils. Surprises, elles me regardent mais continuent leurs affaires. En un instant, la plus âgée me regardent et me sourit :

C'est un garçon ! Annonce-t-elle en levant un petit être braillard en ma direction.

Vers une table, un chien loup me fixe avec attention. Mon cheval avait dû le renifler.

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Jean Calbrix · il y a
Un suspense de bout en bout ! Bravo, Sylvie ! Je clique sur j'aime !
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Sylvie Thi · il y a
merci. Au plaisir de vous lire.
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Geny Montel · il y a
Un petit Valentin ! Bravo pour le suspense et cette jolie chute !
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Sylvie Thi · il y a
Merci
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