5 lectures

0

(dédié à Heïdi Harrison, Nathalie Broll, Étienne Houssay
et à William Garcin, notre professeur de Musique de
Chambre au Conservatoire de Musique de Grenoble)


Il est un quatuor semblable à tous les autres
Avec deux violons, un alto, un violoncelle
Quatre rires et quatre archets au crin d’apôtres
Jouent en choeur écoutés par huit fines oreilles
Il y a aussi huit grands yeux qui se regardent
Dans l’échange d’un monde où les mots se lézardent
Bref c’est un quatuor qui ressemble à ses frères
Formant le carré d’une musique ensoleillée
Par les quatre sourires d’âmes émerveillées
Ainsi cet ensemble est unique sur la Terre !

Unique parce que ses membres sont uniques
Dans l’immensité de l’éternelle symphonie
Unique parce que chaque note est unique
Dans la multiplicité des mondes infinis
Et qu’à la mort de ses quatre membres ou d’un seul
L’esprit de notre quatuor sera au linceul
Cet ensemble charmant ne jouera plus comme avant
Il ne chantera plus alors la complicité
De ces quatre vies se démêlant dans l’amitié
À travers l’enthousiasme merveilleux du printemps

Ce fut une journée d’automne quatre-vingt-deux
Qu’une main invisible rassembla ces êtres
Ils apprirent à se connaître tous quatre heureux
De travailler ensemble avec les clés d’un maître
Il s’appelait William et leur enseigna la joie
De jouer “les Quintes” et l’Alouette” en rois
En souriant à Haydn et à Beethoven
Heïdi, Nathalie, Étienne et Anne-Chloé
Ont fait un long voyage durant toute une année
Où chaque réunion fut une étape reine

Ils ont mêlé leurs noms en un nom si unique
Que nul oeil ne le verra jamais, invisible
Il est imprononçable au coeur de la musique
Où quatre coeurs ont vécu le bonheur possible
De partager une oasis dans un grand désert
Traversant les tempêtes sans recevoir d’éclairs
Or ils ont dû se séparer un jour gris de juin
Car au détour de leurs vies une des quatre âmes
Lorsque j’y repense aujourd’hui mon coeur se pâme
Dût dire adieu aux trois autres pour partir très loin

C’était Heïdi qui venait des Amériques
Et qui devait retourner dans son pays lointain
Nous étions tristes après ces mois fantastiques
Nos instruments en deuil étaient emplis de chagrin
Lorsqu’elle partit, dans un nuage de regrets
Nous vîmes jaillir un arc-en-ciel beau et secret
Que depuis nous avons conservé en notre esprit
Par-delà le grand océan qui nous sépare
Si un jour se recroisaient ici-bas les regards
Notre fier quatuor s’entendrait à l’infini !

Thèmes

Image de Très très courts
0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,