Quartier Koira-tegui de Niamey

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Scénariste et écrivain né en 1976 à Trappes, Boël Souleymane bascule dans le monde littéraire après un long passé dans le milieu associatif, où il œuvre pour le développement éducatif et  [+]

2 jours plus tard après être revenu à Niamey
18 h quartier Koira-tegui de Niamey, l’un des quartiers les plus populaires de la capitale, situés à la périphérie sur la route d’Ouallam.
Là-bas dans ce sanctuaire de crapules et de gangstérisme Akil savait très bien qu’il n’aurait aucune difficulté à se procurer un flingue à bas prix.
En traînant quelques minutes il se mit à discuter avec un type qui lui donne son information. Qui lui apprend qu’un vieil artisan est capable de produire n’importe quelles armes dans son atelier:

-« Excuse-moi mon frère tu n’as pas un peu de monnaie sur toi.
Ma femme vient d’accoucher et les temps son dur»
-« Tiens ! Fais en bon usage.
Par contre j’ai besoin que tu me renseignes.»

-« Ouais qu’est-ce qu’il te faut ?
Tu as besoin de quelque chose en particulier ? »

-« je cherche un flingue pour rendre une petite visite à quelqu’un qui s’en ait pris à ma famille.
Tu penses que tu peux me dégoter ça. ?»

-«Moi non mais je sais où tu peux t’en procurer un rapidement.
Tu vois cette petite rue mon frère en allant jusqu’au bout tu vas trouver un petit hangar avec un vieux capable de te reproduire n'importe quelles armes.Il a un petit atelier avec du petit comme du gros calibre.
Allez merci pour ton geste et fais attention à toi.»

Akil avança jusqu’au fond de la rue un petit hangar avec devant quelques articles en vrac sur un tapis au sol à vendre surveiller par un enfant d’une douzaine d’années Alberto lui rappela un souvenir lorsque Akill s’adressa au petit:

-« Tu te rends compte que ça fais deux fois qu’on cherche un flingue ensemble ? »

-« Ouais attend.
Eh ton père il est là petit ? »

-« Non mon père il est à la prison de Koutoukalé ?
Pourquoi tu es un de ces amis ? »

« Non je pensais que c’était à lui l’atelier je souhaitais juste acheter quelque chose. Tu peux appeler le gérant»

-« Attend reste ici je vais appeler mon grand-père.
PAPI ! PAPI !
Il y a des gens qui veulent acheter quelques choses »
-« Fait les rentrer et arrête de crier je ne suis pas encore devenu sourd. »

Un vieux aux allures de roublard les accueillit avec un sourire moqueur:

-« Bonjour la jeunesse
Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? »


-« Quelle sont tes tarifs pour les armes que tu peux reproduire ?»

-« J’ai arrêté il y a bien longtemps ce genre d’activités artisanales »

-« Tu dis ça pour grossir ton chiffre de vente ou tu es sérieux ? »

-«Je suis on ne peut plus sérieux depuis que des braconniers vont et viennent pour m’acheter des armes j’ai décidé d’arrêter. Vous savez je viens d’une région du Cameroun ou la criminalité faunique a poussé mon petit frère à tuer quatre braconniers une nuit. Un matin alors qu’il se promenait avec ses enfants il a trouvé sept éléphants morts avec un petit éléphanteau encore vivant autour des cadavres de sa famille. Il a décidé d’adopter ce petit éléphant craintif et de s’en occuper comme ses enfants. Deux ans plus tard il a entendu des coups feux en pleine nuits les mêmes braconniers avaient repris du service.
Se rappelant du carnage qu’il avait découvert deux ans en arrière il a commencé à leur tiré dessus.
Ils ont riposté il leur a mis une balle à chacun dans la tête malgré avoir encaissé une balle dans l’épaule. Parmi ces braconniers trois camerounais et un touriste américain. Deux jours plus tard en allant soigner sa blessure il s’est fait arrêter cela fait maintenant 24 ans qu’il attend inlassablement ne connaissant même pas son réel statut.
S’il est condamné à vie ? Ou à mort ?»

-« Ok désolé pour le dérangement mais si je cherchais une arme ce n’était vraiment pas dans l’objectif de partir braconner.
Si tu veux tous savoir mon père s’est fait aussi lâchement tué que le groupe de cadavres éléphants que ton frère a retrouvé près de chez lui.
Voilà pourquoi je suis venu te voir l’ancien.
Allez bonne continuation.»

Akill commença à partir lorsque le vieux le rappela:
-« Attend petit ne pars pas comme ça.
Je ne savais pas qu’on avait tué ton père.
Quel type d’arme tu avais besoin ? »

-« Plutôt un petit calibre facile à ranger facile à dégainer. »

-« Il doit me rester une réplique d’un Ruger.
Pour 65500 CFA il est à toi avec quatre chargeurs. Qu’en dis-tu ? »

-« J’en dis que tu me l’emballe et que si je me fais serrer avec on ne sait jamais vu ni parlé. »

Akil et Alberto repartirent en saluant l’enfant.

Extrait du livre: "Jusqu'à la mort du Franc CFa" de Souleymane Boel
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