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Quarante-huitième jour

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Mathéo Feray

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Je n’ai plus d’ardeur. La source est tarie.

Voilà ce que c’est que d’abuser des offrandes de la pluie ! On érige des forêts, des temples, et l’on se retrouve instantanément projeté dans un désert, à égrener le sable, à attendre un soubresaut miragineux. Voyez-vous cet ermite agenouillé ? Il y a quelques temps encore, il était le plus somptueux des princes. Jamais il ne baissait la tête, pas même devant un cortège funèbre. Pas même devant Dieu. Il s’est laissé tenter. Voici. La vue d’un bourreau lui est à présent plus agréable que ces horizons affreux.

J’ai rêvé cette nuit du Diable. Il se profilait dans un corridor sombre, tout sautillant. Nous sommes tombés face-à-face. Il voulut me toucher. Je refusais ses familiarités. Je ne saurais le décrire avec précision... Je me souviens juste d’une face émaciée de chauve-souris et d’une peau en abdomen de mygale. Son contact était atroce, tant et si bien que j’émergeais du sommeil. En réfléchissant bien, je peux grossièrement traduire ce qu’il me demandait.

‘’ Je n’ai pas pu avoir l’autre. Je suis si laid que le monde me rejette ! Toi, viens avec moi ! Peut-être es-tu suffisamment perfide pour me suivre ! Enfin, peut-être... ‘’
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