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Quand le printemps embrase l'été

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Ange Verdandi

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Je sais bien que mon ciel est un peu plus nuancé que dans vos vertes prairies où les fleurs, à peine, s’épanouissent. Les champs d’été, depuis des mois asséchés se souviennent de la saison des pluies. Dans les arbres, les feuilles vieillissent sur les branches, où de beaux fruits grossissent. La sève a cessé de s’épancher et les pousses ont – depuis – bien grandi.

J’ai déjà ouvert les yeux sur une nouvelle saison et je vous observe, admirant l’horizon. Je dois admettre qu’à l’aurore de votre vie, votre beauté reste sans nom.
Vous ne voyez pas encore le même paysage que moi, quand je m’efforce d’ancrer mes pas aux côtés des vôtres. Votre visage s’illumine à la lumière d’un soleil indulgent. Je brûle d’envie de vous embrasser quand la brise s’extasie dans vos cheveux, mais je me mens.
Pourtant je reste figée sous la chaleur écrasante des jours passés. Je vous regarde encore et encore, je vous dévore, avec toujours, ce même remords. J’aimerais, dans votre main glisser la mienne ; j’aimerais, ne serait-ce qu’un instant devenir votre reine. Mais vos pieds sont nus dans les hautes herbes et les miens brûlent contre ce sol devenu stérile.
Si je pouvais capter votre regard, avoir sur vous, un quelconque pouvoir illusoire...

Je me rappelle de l’odeur du printemps. Je me le rappelle en m’abreuvant de vos sourires présents. Je ne fleure plus les mêmes saveurs mais il n’est peut-être pas trop tard pour encore savourer ce bonheur.
J’aimerais que le temps s’arrête ; que la vie, une faveur, me permette. Les feuilles commencent à tomber, les arbres à se colorer, le vent se lève et je reste figée dans cette trêve pendant que vous avancez. Je ne peux l’espérer même si je tente en vain de reculer.
Voyez-vous, ne serait-ce que les contours du velours ? Je m’expose, me dépose au loin, prisonnière de ma tour. Laissez-moi vous toucher avant que le souffle de l’automne ne m’emporte loin de vous. Laissez-moi vous dire ces mots avant que le néant ne dévore, avant vous, chaque parcelle de ma peau.
Serait-ce pêcher d’espérer ce baiser ; serait-ce folie, d’avoir, de vous, envie ? L’orage peut bien gronder à cause de la chaleur, ma main de loin, vous effleure. Je sens vos lèvres glisser, s’immiscer entre ici et ailleurs. Ne m’en veuillez pas si je pleure. Je n’espérais plus ressentir cette étrange chaleur. Je n’envisageais plus la douceur de cette lueur.
Même si vous n’êtes qu’un songe, restez encore dans mes rivages avant que la foudre ne m’allonge...

PRIX

Image de Hiver 2015
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Déborah Locatelli · il y a
Un joli texte, poétique. Mon vote.
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Joëlle Brethes · il y a
Ah les amours ou mariages impossibles : le petit poisson et l'oiseau, la carpe et le lapin...
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