1
min

Quand la brume s'évaporera

Image de Ange-line

Ange-line

29 lectures

1

Elle se leva difficilement de son lit, se dirigea vers la fenêtre qui donnait sur ce qui avait ressemblé autrefois à un jardin souleva le rideau poussiéreux et admira la brume qui recouvrait la majeur partie du terrain et qui s'étendait jusqu'au portail blanc crasseux.
Elle sortit de sa chambre et en passant devant le guéridon remit machinalement le napperon droit.
-"Maudit chat" avait-elle craché tout haut
Une fois que ses jambes fatiguées l'aient traîné jusque dans la cuisine, elle fit siffler la bouilloire, puis préparer les croquettes de son chat, mit la gamelle par terre et du pied la fit glisser sous le vaisselier.
-"Allez sors de là, sale bête"
Elle but son café, mit la radio en marche puis en remonta le long couloir qui menait au bureau son défunt mari, elle entendait la voix ensorcelante d'Edith Piaf :

"Le ciel bleu sur nous peut s’effondrer
Et la terre peut bien s’écrouler
Peu m’importe si tu m 'aimes
Je me fous du monde entier...."

Elle s'est s'assise devant le bureau, pris un joli papier à lettre fleuri, le stylo plume qu'elle avait offert à son mari et commença à écrire.
A qui ? Plus personne ne prenait de ses nouvelles, plus d'amis, plus de famille, pas d'enfant.
Pas d'enfant, non elle y avait pourtant mis du cœur à l'ouvrage mais non ça n'avait jamais marché, les médecins ne trouvaient rien d'anormal, les analyses étaient toutes parfaites, une santé de fer mais rien ne venait.
Elle n'était pas faite pour être mère, l'avait-elle seulement désirée ? Non surement que non, la fibre maternelle ça n''était pas pour elle, mais pour lui elle aurait tout tenté, pour lui son mari elle aurait fait n'importe quoi pour le rendre heureux. Et maintenant seule dans sa grande maison dont les fondations étaient devenues au fil du temps aussi branlante que ses jambes, qu'est ce qu'elle pouvait bien y faire dans sa bicoque sans âme ? Rien, plus rien.
Alors elle décida d'adresser sa lettre à personne puisque personne n'était là et quand bien même elle aurait connu le prénom du pompier qui la retrouvera gisante, elle n'était pas impolie au point d'adresser ses derniers vœux à un inconnu.
Lorsqu’elle eut finit sa missive, elle passa dans l'autre pièce, passa sa plus belle robe, se maquilla, mis une eau de Cologne à la rose, rejoignit sa chambre, s'allongea, ferma les yeux et s'endormit.
Au loin Piaf finissait son hymne :
"Si un jour la vie t’arrache à moi
Si tu meurs que tu sois loin de moi
Peu m’importe si tu m’aimes
Car moi je mourrai aussi.......".

La brume s'était évaporait, une belle journée s’annonçait.
1

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Chantane P.
Chantane P. · il y a
Une vie qui se traine pour continuer de vivre un peu sans en avoir envie, en vos mots se peint la vie de cette femme seule si seule