Quand Camille rencontre Camille

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Pas besoin de sous Pour être bien Pas besoin de vin Pour être saoul D.A  [+]

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Ce matin, Camille a téléchargé l'appli BBX. Cela fait des années qu'elle a cette idée en tête : retrouver ses parents biologiques. Cela ne remet nullement en cause l'affection qu'elle porte à ses parents, les vrais, comme elle aime les appeler. Mais chacun a le droit de connaître ses racines.
Elle a souvent interrogé sa mère ou son père sur les circonstances de l'adoption. Ce qui la fait toujours sourire, c'est quand elle demande pourquoi ils l'ont prénommée Camille. Tu avais une tête à t'appeler Camille, voilà tout, répond invariablement l'un des deux. Et elle ne sait pas vraiment pourquoi, mais cette petite phrase bête la rassure, la console, la grandit.
Hier, son père lui a parlé de cette appli qui vient de sortir. Elle est controversée, à cause de la loi qui protège les mères accouchant sous X. Il faut donc l'utiliser avant qu'il ne soit trop tard.
Camille a hésité toute la nuit, prise de vertige : que va-t-il se passer si elle clique sur l'icône ?
Et si sa mère la rejette ? Après tout, c'est ce qu'elle a fait à sa naissance.
Et si c'est une droguée, une alcoolique, une grande malade ?
Oui, mais si elle la reçoit à bras ouverts en disant qu'elle rêve de ce moment depuis dix-neuf ans...
Après avoir téléchargé l'appli, Camille a introduit tous les renseignements demandés et le résultat est arrivé en quelques heures. Le nom de sa mère, celui de son père. Et l'annonce de leur décès, il y a déjà des années, de cette fameuse maladie qu'heureusement ils ne lui ont pas transmise.
Ainsi, tout s'arrêtait là. Rien, pas même une photo, ne lui restait de ses parents biologiques. Elle n'aurait pas dû se lancer dans cette recherche. Tout ce qu'elle y gagnait, c'était une amère déception...
Un dernier lien proposait de laisser son nom et son adresse afin de recevoir les duplicatas des papiers officiels. À quoi bon ?
Puis elle soupira et cliqua, après avoir rempli les champs demandés. Autant que ce soit clair.
Une épaisse enveloppe lui parvint rapidement. Parmi les documents, l'un d'eux attirait son attention : Maître Belin, notaire, recherchait d'éventuels héritiers afin de leur transmettre un testament !
Encore abasourdie, elle se présenta, le jour convenu. Alors qu'elle poussait la porte cochère, une voix la héla: « Tenez la porte, s'il vous plaît ! »
Elle se retourna. C'était elle qui arrivait, essoufflée, et retenait la porte d'une main ferme. C'était elle, mais... en garçon. Les mêmes yeux, les mêmes cheveux, la même peau.
Et le même air stupéfait.

Qualsevol Nit, 55 ans







Camille a téléchargé l’application « Le billet le moins cher » en espérant trouver un billet qui rentrait dans ses moyens financiers. Il espérait, après le courrier qu’il venait de recevoir, ne plus avoir à trifouiller sur des sites discount pour trouver un vol à prix bas.
Car d’après la lettre de M. Belin, le notaire, il était convoqué le lendemain à son étude pour une affaire d’héritage que ses parents biologiques lui avaient laissé. Cela voulait dire que ses vrais parents étaient morts. Bien qu’il s’en soit soucié avant, il s’était toujours dit qu’il les rencontrerait un jour, même si pour lui ils n’avaient pas vraiment l’étiquette « parents » qu’il avait accordée depuis maintenant 19 ans à ses parents adoptifs.
Il aurait voulu leur poser des questions comme « pourquoi m’avoir abandonné ? », « pourquoi je m’appelle Camille ? », pourquoi-ci pourquoi-ça... Il aurait voulu poser toutes les questions qui le tracassaient.
Ses parents adoptifs lui avaient déjà dit qu’il s’appelait Camille parce qu’il avait la tête à s’appeler Camille. Il aurait quand même voulu savoir quel prénom ses parents biologiques lui auraient donné. Mais après tout le notaire y répondrait peut-être demain. Et c’est ainsi que, le lendemain matin, il prenait l’avion pour Strasbourg.
Il arriva là-bas avec bien deux heures d’avance, alors il prit le temps de boire un café dans un bar, de se balader dans la ville où avaient peut-être habité ses parents, et de penser à ce qu’on avait bien pu lui laisser dans ce testament. Une maison ? Un chat ? Une vieille tante malade ? Une fortune ? Il allait bientôt le découvrir, car plus l’heure tournait, plus il s’avançait vers le lieu du rendez-vous.
À 15 heures pile il arriva sur le trottoir en face de chez le notaire. En traversant le passage piéton, il vit une jeune fille de son âge qui allait entrer dans l’immeuble. « Attendez ! » cria-t-il en courant, la jeune fille n’entendit pas, alors il fit un sprint dans la rue et à l’instant où la porte allait se refermer il la bloqua avec son pied, la jeune fille se retourna surprise puis... C’était bizarre. Les cheveux, les yeux, le nez, la bouche,...
Ils se regardèrent avec exactement le même air de stupéfaction.

Zouz, 17 ans





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Anne K.G · il y a
Une rencontre fortuite, mais au combien importante et si bien décrite 🤗

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