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Punissez-moi, mon Père car je vais pécher

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L'Ecclésiaste

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Immersion dans ma mémoire délabrée, que je vois comme un meuble à tiroirs...

Petite église dévastée, abandonnée
Au détour d'un chemin
Grande porte en bois, qu'un coup d'épaule suffisait à entr'ouvrir.

J'y passais quelques après-midi, quand je voulais être seul.
Quelques soirées en été, parfois.
L'hiver c'était trop lugubre.

Le toit de l'autel, était ouvert aux 4 vents
Des hirondelles y faisaient leur nid.
Je subodore que des chauve-souris s'y planquaient.

On y avait joué à se dire nos péchés
Quand je pensais à toi, dans la solitude de ma chambre
Et toi à moi, et certains de tes désirs...

De tes souvenirs aussi,
Un escalier, une plage, un bureau, une ruine.

Longtemps je l'ai attendu, le dos contre cette pilastre, dans cette église vermoulue par le temps.
Je laissais mes pensées vagabonder
J'imaginais et je les entendais, ces messes en latin
Juste en fermant les yeux.

Longtemps j'ai attendu donc.
Et quand j'ai ouvert les yeux, ton dos était collé à mon torse.

Tu t'abandonnais.

Les yeux fermés, j'ai caressé tes hanches, ton ventre, ta poitrine à travers le doux tissu de ta tunique

Sentir le renflement de tes mamelons, tes fiers tétons se dressant doucement

J'avais dégrafé mon jean, et sorti ce membre, qui égrenait
d'abord à travers le tissu de ta robe légère, ton dernier rempart

Je me masturbais, de petits coups de bassins, entre tes lèvres incandescentes,
Je les imaginais comme telles.

Je devinais plus que j'entendais, tes petits gémissements
ta petite langue entre tes lèvres, comme lorsque tu es concentrée sur quelque chose...
et que tu ne sais pas que je t'observe.

Tu me tenais les hanches, un instant
L'instant d'après, tu me tenais en bouche

L'air extérieur, me semblait suffoquant
L'intérieur de sa bouche, si frais et si chaud.
Tu me léchais, m'aspirais, me titillais les bourses
Faisait gonfler ce gland trop mur, ivre et violacé

Je me sentais défaillir.
Et je ne voulais pas.

A genoux devant toi, ma bouche sur la sienne
Mes lèvres contre les tiennes
Langue joueuse, un rien rebelle

Ton dos contre cette pilastre de pierre
J'avais relevé tes cuisses,
Pour un corps à corps de lutteur gréco-romain
Une sorte de missionnaire debout, parfait pour le lieu

Je voulais évangéliser.
T'égrener mes prières,
Comme l'encens qui se balançait dans la main du sacristain

Ta vulve offerte, tes lèvres roses,
me rendait dingue

Ceci est le vin
Ceci est mon corps

Je cherchais le Saint-Graal
Je me sentais l'âme d'un templier
Fier et ne reculant devant aucun obstacle
Pour accomplir sa tentation.

Punissez moi, mon père car je vais pécher.
Encensez moi ma soeur, car je vais abdiquer

Muscles épuisés.
Souffles écourtés.
Arc-boutés sur notre plaisir
Perdus dans nos regards : topaze contre charbon
Acier contre fusion

Agitation.
Tempête.
Vent.
Feu.

Je suis mort.
...

A genoux comme le pénitent,
Front contre fonts baptismaux
Punissez moi ma soeur, car j'ai péché.
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