Promenade du soir

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Tous les soirs nous descendons la rue Camille Pelletan, en regardant les ombres par les fenêtres éclairées. La lumière du soleil s'efface derrière les nuages gris flottant dans le ciel. Dans la rue silencieuse, on n'entend plus que le souffle du vent dans les feuillages, les bourdons butinant les bourgeons au bout des branches.
Puis nous tournons au milieu d'immeubles immenses qui se dressent en face de nous comme une forêt d'arbres géants. Suivant le chemin, en terre nous arrivons dans une allée cloisonnée de deux murs en pierre. Les bruits de moteurs se font progressivement entendre a mesure que nous marchons. Nous nous rapprochons de la ville, avec ses voitures, ses feux tricolores, et ses passants pressés et stressés.
Devant la boulangerie un inconnu que je connais fume sa cigarette. Une bonne cinquantaine, moustache grisonnante, il est vêtu dans vieux jean trop grand qui semble avoir été porté une vie entière.
Plus loin la fleuriste range ses bouquets colorés dans sa boutique. Je lui dit bonsoir et elle me répond d'un signe de la tête. Le ciel se fait de plus en plus sombre. Je remarque que les lampadaires derrière nous se sont allumés. Nous pénétrons alors dans l'atmosphère inquiétante et sombre des halles. A gauche se tient une femme, son mégot brille dans cette sorte d'obscurité. Un seul néon, a droite, est allumé, il grésille. La nuit se fait de plus en plus sentir. Nous accélérons le pas.
Au niveau de l'hôpital, on nous observe, peut être en se demandant ce que nous faisons dehors a cette heure là. Il y a des gens inquiets qui attendent certainement leurs résultats, puis ceux qui quittent leur chambre blanche pour retourner chez eux. Il y a des jeunes, des vieux, des couples, des solitaires,....
Entre les bâtiments, j'écarte délicatement les ronces pour faire apparaître un minuscule escalier de pierre où seule une personne fine peut passer. Je m'arrête a la moitié pour observer les lumières de la ville, puis je continue l'ascension en silence.
Nous gravissons un deuxième escalier beaucoup plus grand que le premier. Il longe la falaise sur laquelle la végétation a encore tous ses droits. Nous sommes sous un pont. Les graffitis nous regardent alors que nous continuons vers le stade. Les sportifs l'ont abandonné, nous sommes seuls. Je vois les derniers rayons du soleil disparaître derrière le pont de l Harteloire. L'eau de la rade est calme. J'arrive a distinguer une grue et des bateaux. Le ciel est rose orangé, il y passe des nuages blancs. Le soleil disparaît, il est temps de rentrer.
Après quelques minutes de marche, nous arrivons dans notre rue. Mon chien comprend qu'il faudra attendre demain pour reprendre la route, le temps d'une promenade, le temps d'une parenthèse entre lui et moi.
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