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Prie pour que cette vie ne soit qu'un rêve...

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Pierrot Le Fou

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La lumière du vieux lampadaire au dessus de la fenêtre sautait, émettant un léger crépitement à la manière d’un court circuit. Malgré la crasse et la poussière accumulées depuis des années, la lumière froide filtrait au travers de la vitre, éclairant la pièce tel un stroboscope fou. Seules les deux bougies posées aux extrémités de la salle empêchaient les ténèbres de prendre possession des lieux quand le néon extérieur grésilla une dernière fois avant de s’éteindre, à minuit. Les petites flammes rassuraient, leurs douceurs apaisaient, réchauffaient l’esprit à défaut de réchauffer le corps. Leur halo dansaient en silence, provoquant un jeu d’ombre sur les murs que seule la lumière matinale ferait disparaître.

La pièce était grande, humide. De grandes auréoles jaunes tachaient le plafond de manière sporadique. Au centre pendait un lustre à cinq branches sur lesquelles reposait un voile blanchâtre, autant de morceaux de temps capturés. Les murs étaient vierges, nus, déshabillés de leur tapisserie. Seuls quelques graffitis décoraient l’enduit, autant de tatouages sur une peau. La peinture craquelait à plusieurs endroits, donnant l’impression que le mur se fissurait dangereusement, prêt à s’effondrer. Un trou béant éventrait la cloison, ouvrant un passage vers une pièce adjacente. Une vieille cheminée condamnée trônait, là, ce qui pour autant n’ajoutait aucun cachet à la salle, accentuait même le caractère désuet et dépassé de la salle.

Le parquet vermoulu était jonché de divers débris, de moutons de poussière qui tanguent au gré des courants d'air, de verre brisé. Il y avait même dans un des recoins des excréments. Une seringue était coincée entre deux lattes du parquet, planté comme dans un bras au veines cartonnées. La pièce résumait à elle seule l’état du bâtiment, qui s'élevait pourtant sur trois étages. Insalubre, sale et inhabitable. Invivable.

L'odeur qui y règne prend le nez, puis la gorge. L’ammoniaque domine l'odeur du moisi. Les premières respirations dans cet environnement sont éprouvantes, irritantes, écœurantes. La nausée vous prend, l'odeur devient saveur sur la langue, l'air moite vous agrippe et ne vous lâche plus, injectant cette puanteur au sein des tissus de vos vêtement.

Pourtant, sur le sol, au milieu des détritus, allongé dans un sac de couchage, quelqu'un’un tremblait. Emmitouflé, allongé en position fœtal, un corps souffrait. Pas seulement de froid ou de faim. Non, c’était bien plus que ça...







Il souffrait de vivre.



Prie pour que ta vie ne soit qu'un rêve...
...Et que ce rêve ne tourne pas au cauchemar.
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Utilisateur désactivé · il y a
Une description minutieuse...en forme de longue descente...pour finir sur la chute cinglante des derniers mots.
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Pierrot Le Fou · il y a
C'est tout à fait ça ! Mais c'est l'histoire de même de ce personnage qui veut ça. Une sorte de Descente aux Enfers mais sans Virgile pour guide.