Présidentielles : LE PLAN B;

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Je suis venu à l'écriture très (très) tard, grâce à un forum sur le web, où j'ai rencontré des amis m'ayant encouragé à continuer à déconner. Je ne savais pas que c'était là mon univers  [+]

Cet après-midi là, le bureau national des LR est réuni pour réfléchir à la situation préoccupante de la campagne de François Fillon. La discussion est animée autour de la grande table où sont assis les responsables les plus responsables du grand parti qui tremble sur ses bases. Il m’est impossible de citer le nom de chaque intervenant, cette réunion est strictement privée, et il est hors de question de fournir à nos adversaires la moindre occasion de prendre en défaut certains commentaires qui pourraient être considérés comme justifiant le fonctionnement actuel du système des assistants parlementaires.
Et, bien sûr, il me faut avoir un minimum de loyauté vis-à-vis de mon parti dont je suis un membre éminent quoique peu connu, il me reste un peu d’éthique. J’ai préparé, pour cette réunion une intervention qui pourrait apporter une solution au problème le plus crucial du moment.
Le débat tourne en ce moment autour des arguments de FF (François Fillon), certains les trouvent extravagants, d’autres convaincants, et beaucoup ne s’y attardent même pas. On voit que l’argumentaire proposé par X... ne constitue pas pour la majorité des présents ce qui la préoccupe. Y... dit d’une voix forte : « A quoi bon nous torturer les méninges pour fournir des explications toutes plus vaseuses les unes que les autres ? Nous sommes dans la merde, Il n’y a pas de baguette magique pour nous en sortir ! Ah je vous l’avais dit qu’il allait nous foirer dans les doigts... Z...L’interrompit : « On fera les procès plus tard. Il y a urgence maintenant, et il nous faut, si possible sans nous bouffer le nez, essayer de voir comment on peut encore sauver les meubles, il y va de la France, mes amis, ne nous dispersons pas. Puisqu’il semble acquis que FF est bien décidé à se maintenir, et que nous ne pouvons pas l’en empêcher, il nous faut faire quelque chose, avant que nous coulions tous ensemble, en chantant la Marseillaise. Messieurs, j’attends vos suggestions. Euh à vous aussi Mesdames...
Je vais vous épargner le détail des débats qui tournent un peu en rond. J’attends le moment propice pour faire mon intervention, qui, j’en suis sûr va sidérer les participants, mais les intéresser après réflexion. Pour l’instant les langues vont bon train, certains proposent un coup d’état, avec l’Armée et la Gendarmerie, idée vite balayée. « Nous nous appelons les Républicains , non ? Nous ne sommes pas en Amérique Centrale ! » Puis on évoque rapidement une fraude électorale à grande échelle, qui n’a pas plus de succès, l’indignation éclate chez certains responsables, et d’autres font valoir que c’est presque impossible à mettre sur pied.
Pendant un moment on pense à fabriquer un scandale Macrongate, Hamongate ou Marinegate. Mais on a beau prendre le problème par tous les bouts, il apparaît évident pour tous que si l’idée est tentante, elle demande trop de temps à être montée si on veut qu’elle soit crédible, et sur trois adversaires, ce n’est même pas la peine d’y penser. Le calme s’installe dans la salle, chacun a sa tête des mauvais jours, on est carrément dans une impasse. Tous sauf moi.
Je profite du calme pour lever la main. Le Président de séance, d’un geste fatigué me donne la parole. Je prends une voix forte est assez lentement pour être bien compris je dis :
« Mes amis, ne soyez pas si défaitistes, je pense vous apporter la solution que nous attendons tous » Je garde un silence assez long pour aiguiser la curiosité sinon l’intérêt dans la salle. Tous les yeux sont tournés vers moi. Je continue : «  n’aurions nous pas abandonné un peu vite le plan B ? Tous ceux qui étaient pressentis se sont défilés, c’est vrai, mais on peut avec un peu d’effort trouver la perle rare, celui qui ne craint pas les casseroles ou les scandales. Et moi je l’ai trouvé !!.
Un brouhaha s’élève quand je me tais. Un brouhaha plutôt incrédule, tant mieux ! Je vais frapper fort ! Je calme l’assistance d’un geste apaisant et protecteur. « Bon ! procédons dans l’ordre : premier obstacle : convaincre FF de se désister. Apparemment il ne semble pas s’y soumettre, mais quand il connaîtra l’homme providentiel que nous allons lui proposer, il acceptera, car il sera alors considéré par les Français comme un homme intègre et irréprochable. »
« Avec l’expérience que nous avons bien malgré nous acquise dans ces moments difficiles, nous savons qu’il nous faut un homme fort, très très fort, Un homme qui n’a pas peur des accusations. » Je parle avec force : «  Un homme qui n’a jamais cédé devant les pires accusations, et qui a su retourner à son avantage toutes les tentatives de déstabilisations, aussi sauvages et mensongères qu’elles furent. Un homme qui a toujours su garder la confiance de ses concitoyens dans les pires tourmentes qu’il a eu à affronter ! Un homme qui se fait réélire à chaque fois avec des scores impressionnants malgré les attaques dont il a été l’objet. Et, Cerise sur le gâteau, l’homme que je vous propose est transparent, vous m’entendez ? TRANSPARENT !!!Ses affaires sont connues de tous, elles ont fait l’objet d’accusations, mais toujours, toujours, il a toujours su sortir vainqueur de ses accusateurs-délateurs. »
« Cet homme est membre de l’assemblée nationale, député représentant le peuple français et maire d’une grande ville, aimé de ses administrés qui le réélisent à chaque fois !!! C’est un exemple pour nous tous ! ». Je fais une pause. Tous les regards sont tournés vers mois, les yeux ronds, les visages sont illuminés par un espoir. Serait-ce la fin du cauchemar ? Un député ? donc un homme honnête. Un maire , donc un homme connu de tous, et réélu, donc un homme respectable !
J’arbore un grand sourire avant de donner l’estocade.
«  Mes amis, cet homme existe, un homme fort, et cet homme personnalise le plan B ! B comme BAAALKANYYYYY  !!!!!
Il y a un grand silence, les visages sont figés dans une sorte d’hébétude. Je tourne lentement mon index autour de ma tempe, et soudain, un premier applaudissement timide résonne dans le silence. D’autres suivent de plus en plus fort. Des cris de joie, des hourras, des bravos, je suis submergé par mes voisins qui me prennent la main, qui m’ébouriffent les cheveux, certains pleurent de joie, comment n’y avons-nous pas pensé !!!.
Je m'assied doucement en souriant. Je suis heureux, j'ai peut-être sauvé la France !
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