Poussière d'homme

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J'ai commencé à écrire, après avoir appris à lire. Logique, me direz-vous. J'ai commencé en douce, dans les marges des rédactions de français obligatoires. Quand les autres les trouvaient  [+]

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Tu étais là, posé sur une étagère, sous un spot bien trop aveuglant. On faisait de toi une chair à vif. Regardez-moi, achetez-moi ! disait ta jolie couverture aux couleurs de la mer. La première fois que je t'ai vu, je t'ai ignoré. Par principe. Les Classements de livres me sortent par les yeux. Qui peut se permettre de venir juger le travail d'une personne qui a déversé un peu de son âme dans chaque mot qu'elle a formé ? Alors je suis passé à côté de toi, enfilant des lunettes de soleil imaginaires. Mais ta couverture, si belle, aux couleurs de celle que j'allais retrouver, mon sac déjà sur l'épaule, me bleuissait les yeux, me floutait les sens. Alors je suis revenue vers toi. Et tu n'avais rien pour me plaire. Tu étais là pour être acheté, là pour augmenter les chiffres d'affaires de grosses mangeuses de talents, là pour rendre tous les gens identiques. Tu étais là, tout fin, à l'opposé de mes pavés de prédilection qui s'entrechoquent au fond du sac et qui me font reposer des objets de première nécessité plutôt que de les sortir de là. Mais j'étais déjà ailleurs. Et je me suis faite attraper. Je t'ai pris et je t'ai commencé au bord du quai. Et dès les premiers mots, je me suis faite attraper une deuxième fois. Monsieur David Lelait, vous avez raconté en 116 pages la plus belle histoire d'amour que j'ai pu lire de toute ma vie. A travers la mort, vous êtes venu apaiser les plaies à vif d'un homme ayant aimé un autre homme. Et plus ; sur toutes les âmes meurtries par le deuil.

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