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Pourquoi on a aimé ?

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Encore un matin où je ne tiens pas debout, je me lève alors que j'ai juste envie de m'allonger un peu. Le ciel coule dehors et il pleut sur mon lavabo. Je répète machinalement les mêmes gestes, manger puis se brosser les dents, se laver puis se sécher, ne pas se tromper de sens.
Il est six heures cinquante sept, il me reste trente quatre minutes avant d'attraper mon bus.
Pour enfiler un tee-shirt on le passe par le haut, tout a un sens. La vie aussi sûrement.
Tourner les clés dans la serrure puis ouvrir la porte.
Maman me dit de passer une bonne journée, je vais essayer.
C'est quoi le sens de la vie ?
Elle réfléchit vraiment pas longtemps et répond :
être heureux, tout simplement.

Mettre son manteau, puis le fermer.

Ça ne tiens pas debout. S'il y a un sens, une direction, alors il y a une destination.

Je crois que je me pose trop de questions, on dit que c'est la vie qui te réponds mais j'aimerais avoir les réponses avant de vivre, j'ai pas envie d'essayer, juste de fuir. On me dit d'arrêter de vouloir vivre à l'envers, de toute façon les vraies réponses ne sont que d'autres questions< ;

Je fais mes lacets, et claque la porte comme mes semelles au moment de partir.

Je vois pas comment on peut être heureux, arriver à un point de non retour, une sorte de toujours. On pense souvent que le bonheur c'est comme un état de joie prolongé, mais la joie existe grâce à la tristesse. Les opposés sont faits pour vivre l'un avec l'autre. Je sais pas si j'ai jamais connu le bonheur, et si ça a été le cas alors il a bien finit par prendre fin, à quoi bon poursuivre l'éphémère?

En tout cas, j'ai connu la joie. La joie, ça vient et ça retourne en arrière comme les vagues contre les rochers. J'ai pas envie de sans cesse aller chercher ces montés et descentes en espérant qu'un jour je ne ferais que monter. J'ai la nausée sur ces montagnes russes.

Alors comme ça les autres avancent vers quelque chose que je fuis, et aimeraient me faire changer d'avis.
Et puis, on me bouscule, je trébuche sur des regards, on m'arrache des sourires et on me déchire en un rire. Rire qui s'envole puis s'arrête et s'écrase sur le béton. Lèvres étirées qui retombent comme un vieil élastique cassé.
Je les vois moi tous courir, et leurs cris qu'ils vont trop vite. Laissez-moi profiter de mes joies sans essayer de les prolonger. Attendez moi.

Le bonheur c'est trop grand, je me noierai dedans, je préfère aller à contre courant.
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