Poursuite infernale

il y a
3 min
1078
lectures
28
Qualifié

Ces textes datent de bien longtemps, j’écrivais encore sur du papier, pour vous dire ! J’avais l’habitude de commencer mes textes en haut à gauche de la feuille et de les finir en bas à  [+]

Gilles courait. Ses pieds nus martelaient le sol gris. Malgré la brise, il était en t-shirt à manches courtes et se forçait à ne pas frissonner. Il devait rester fort. Soudain son pied gauche cogna son pied droit et il trébucha sur le côté, heurta le mur et percuta finalement le sol. Il se ressaisit vite. Il le devait, sinon son poursuivant le rattraperait avant qu’il ne soit sorti de ce labyrinthe de salles. Il atteignit deux rouleaux horizontaux qui bloquaient le passage. Il n’y avait aucune autre issue. Il hésitait à passer entre les obstacles, plonger vers l’inconnu lorsqu’il entendit les pas accélérés et lourds de celui qui le pistait.
Gilles passa donc tant bien que mal entre les imposants cylindres. Il considéra la pièce dans laquelle il avait atterri : elle était d'un jaune ocre et au milieu se trouvait une immense échelle de corde qui permettait d'accéder il ne savait où. Il s'avança et attrapa le barreau qui se trouvait à sa hauteur. Il entendait son ennemi cherchant un passage là où lui-même se trouvait quelques secondes auparavant. Tôt ou tard l’ennemi passerait entre les rouleaux et si Gilles ne se dépêchait pas, il serait pris au piège. Il entama son ascension tel un singe, bondissant de barreau en barreau mais après de nombreux échelons, il était épuisé. Ses pieds étaient fatigués et la distance qui le séparait du haut le décourageait. Il hissait ses jambes meurtries, levait ses bras toujours plus haut, tirait dessus et essayait de ne pas regarder vers le bas. Il était à une hauteur considérable ! Il ne restait que peu de chemin et Gilles était au bord de l’évanouissement. Il sentit sa tête basculer en arrière et s’apprêtait à lâcher prise lorsqu’une main apparut dans l'ouverture. Il n'avait pas le choix et ne pouvait que se contenter de la saisir. Était-ce un ami ? Un ennemi ? Il n'en avait aucune idée.
Hissé dans cette nouvelle salle rouge, il pouvait découvrir son sauveur. C'était Annie ! Il voulait lui demander comment elle était arrivée jusqu'ici mais le rugissement de leur poursuivant découvrant l'échelle leur parvint. Gilles saisit alors un bout de bois qui trainait par là et s'élança à la suite d'Annie dans la pièce noire. Une impasse. Il n’y avait pas trente-six solutions : il devrait attendre et combattre Jack. Tandis qu’il réfléchissait à la manière de gagner ce combat qui serait sans merci, Jack bondit de l’échelle et se posta devant Gilles. Pris au dépourvu, Gilles prit son malheureux bout de bois à deux mains. Jack lui, tira de sa ceinture une longue épée. S'en suivirent des assauts que Gilles esquivait avec brio grâce à cette agilité qui lui était propre. Mais Gilles s'essoufflait et il devait faire cesser ce petit jeu. Soudain il s'effondra sous les yeux effarés d’Annie qui poussa un petit cri. Il gémissait en se tenant son côté droit, là où la lame devait l'avoir touché. Jack s'approcha, triomphant. C'est alors que Gilles frappa la jambe gauche de son agresseur avec son bâton. Dans un hurlement de douleur Jack tomba.
Gilles se releva aisément et Annie comprit que tout cela n'était qu’une tactique de combat. Ils ne remarquèrent qu'à ce moment-là qu'un couloir vert, dans lequel on ne pouvait évoluer qu'en rampant, était accessible.
Ils s'infiltrèrent alors dedans pour déboucher dans un corridor bleu menant à un sombre tunnel qui rappelait un toboggan, s'enfonçant dans les profondeurs obscures. "Puisqu'il le faut" soupira Gilles et il s'y engouffra avec Annie.
Ils descendaient à toute allure, Annie, désemparée, hurlait de peur à chaque virage. Gilles crut qu'il allait perdre conscience en voyant défiler les couleurs folles qui s'alternaient sur les parois, lorsqu'il retomba lourdement sur un sol mou, suivi d’Annie qui l'écrasa malgré son poids. Ils se trouvaient à présent dans un petit jardin. Mais Jack sortit lui aussi du tunnel et sauta sur Gilles en criant. Annie tentait de les séparer alors qu'ils se battaient à mains nues. Alors, un géant arriva et les empoigna de ses deux mains !
— Gilles ! Annie ! Jack ! Vous n'avez pas honte ? Tout le monde nous regarde ! gronda t-elle
— C'est pas moi... c'est eux ! protesta Annie.
— Mamaaaan, pleurait Jack, Gilles il m'a tapé avec un bâton alors que moi j'avais qu’une épée en mooouuusseuh !
— C'est pas vrai ! C'est lui qui a commencé ! bougonna Gilles.
— Puisque c'est comme ça, trancha la mère, la prochaine fois je ne vous laisserai pas jouer dans les jeux ! Et je ne sais même pas si on reviendra au Mac Do, si c'est pour que vous vous comportiez comme ça !
Et ils s'en allèrent, la mère traînant ses enfants pleurnichards.

28

Un petit mot pour l'auteur ? 7 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Lammari Hafida
Lammari Hafida · il y a
Très belle chute après une lecture passionnante!
Image de Anna Hoser
Anna Hoser · il y a
on est d'abord à mi chemin entre le péplum et le jeu vidéo et ... bravo pour la chute qui surprend !
Image de Patrick
Patrick · il y a
comme vous je suis tombé du tunnel, ça me fait encore tout drole de me retrouver dans un Mac Do ....
Image de Osolaris
Osolaris · il y a
Bravo !
Image de Granydu57
Granydu57 · il y a
Sympa le style jeu video, mais terre à terre le final. J'aime bien
Image de Mireille Renaud-Garnier
Mireille Renaud-Garnier · il y a
...j'ai vraiment adoré ce texte : merci !
Image de Nadege Ango-Obiang
Nadege Ango-Obiang · il y a
Jouer et être sérieux... assez drôle.

Vous aimerez aussi !