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Pourquoi j’écris

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Ardores

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Pour que j’écrive, ou plus généralement pour que je crée avec maîtrise, il faut que je sois dans un état particulier. Je vois deux cas principaux possibles. Le premier est de vivre une émotion, ou au moins une situation, particulière que je veux alors décrire. Le plus souvent il s’agit d’une expérience douloureuse, en tout cas plutôt négative, dont je veux au moins autant témoigner que me libérer. Dans ce cas je suis soulagé une fois l’œuvre effectuée et c’est ce qui explique et justifie sa formation.

La deuxième possibilité se produit lorsque je suis libéré de toute activité imposée, que ce soit de l’extérieur ou par moi-même. Cela arrive à la fin d’une période, lorsque j’ai épuisé mes livres à lire, mes films à voir, etc. ou juste avant une nouvelle période, dans le court moment de transition. Dans un tel moment je me mets à penser et comme je n’ai pas de tâche qui m’occupe l’esprit ou, si c’est le cas, que je préfère momentanément les ignorer, c’est un questionnement sur ce que je suis, ce que je sens et ressens qui prend place. C’est alors l’intranquillité qui se manifeste, du fait même de cette inoccupation qui empêche de pouvoir s’oublier dans une activité impersonnelle.

Ce que je pourrais appeler la crise peut alors être forte. Je suis à la fois déséquilibré par mon inactivité, par mes pensées négatives, et heureux d’essayer de transcrire mes sentiments douloureux, pour une raison que je ne saurais pas donner. Peut-être y a-t-il là ma seule fierté : me croire capable, au moins un peu, de construire quelque chose qui me soit personnel et même très intime, me correspondant totalement. Lorsque je fais cela, je vis totalement, je suis tout à ce que je fais, apparemment sans barrière et sans filtre. J’aimerais seulement ne pas toujours avoir à souffrir pour cela. Que mon bonheur trouve son chemin dans le labyrinthe de l’intranquillité, dans la confrontation solitaire avec moi-même, ne cesse de me surprendre, à moins que je n’y sois résigné. Je me vois lié comme par un mauvais sort à un destin tragique.

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Ludmila Constant · il y a
Je suppose que vous êtes très jeune et que vous vous découvrez , avec le monde , qui n'est pas rose . Mais je crois que c'est trop tôt pour parler d'un destin tragique. Patience. Et courage aussi, pour vous imposer face à ceux qui vous intéressent.
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