Pourquoi écris-tu ?

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- Au fait, pourquoi as-tu commencé à écrire ?

- Pourquoi j’écris, en voilà une bonne question ! Je pourrai te dire que je n’en sais rien et que c’est quelque chose comme le surnaturel ou l’instinct qui m’a poussé, mais en y réfléchissant c’est bien plus complexe que ça. Alors mets-toi donc à ton aise pour que je tente de t’expliquer ne serait-ce qu’un peu à quoi sert la magie des mots.

J’écris pour les gens ; pour que les pauvres, à défaut d’avoir des aliments, puissent se mettre sous la dent des rêves et des idéaux qui les nourrissent d’espoir ; pour que les riches se rendent compte qu’un surplus d’argent n’apporte rien de plus qu’une douce insatisfaction quotidienne qui ébranle la pyramide de Maslow.

J’écris pour la musique ; pour que le Rock, le Rap, le Classique, le Blues, la Pop, le Slam... se réunissent tous un jour pour nous faire un « Live Aid » diffusé mondialement, qui ne pourrait certes pas guérir les profondes plaies de la disparité mais qui aurait au moins le mérite de faire une culture musicale commune à l’humanité.

J’écris pour croquer la vie à pleine dents comme Freddie Mercury, pour imaginer un monde meilleur comme John Lennon et pour montrer que le politiquement correct n’a pas sa place dans les choix de la vie comme les Sex Pistols.

J’écris pour faire voyager les miséreux qui ne le peuvent pas et les imbéciles qui ne le veulent pas, afin que le reflet de leurs visages quand ils regardent à la fenêtre se transforment en leurs idéaux enfouis ne serait-ce que l’espace d’une seconde, et qu’ils se servent ainsi de cette seconde pour transformer la fadeur de la routine en un succulent festin.

J’écris pour l’art, pour tenter à ma manière de faire oublier aux gens la violence et la sauvagerie de ce qu’on appelle la réalité. Tel un magicien qui fait sortir un lapin de son chapeau, je peux tenter d’illuminer le regard éteint des malheureux qui croiseraient mon chemin. Le tout n’est pas de vraiment y arriver, mais que les gens y croient. Cela fait, l’insaisissable énergie des cycles sera largement suffisante pour créer un effet papillon assez puissant pour faire renaitre l’esquisse d’un sourire aux plus rustre des cyniques.

J’écris pour la culture, pour que Hugo et Shakespeare daignent m’accorder une place à leur table le jour où mon heure viendra. Pour partager et faire partager les plus grandes trouvailles découvertes depuis déjà plus de deux millénaires. Pour que les travaux des grands de notre planète ne tombent pas dans l’impitoyable oubli de la mémoire humaine mais plutôt entre les mains de cette infime mais si importante proportion de gens que l’on peut appeler « génie ».

J’écris pour la nature, pour imprégner au plus profond de mon âme la beauté si simple et physique des éléments qui nous entourent. Que mes pensées trempent et s’imbibent de cette logique afin que l’essentiel devienne la priorité.

Enfin, j’écris pour mon mektoub. Car l’épopée de Santiago, le jeune berger imaginé par Coelho, m’a convaincu que chacun d’entre nous a un désir personnel à accomplir, et que l’Univers lui-même travaille pour nous y mener.

- Hm, et moi qui croyais que t’écrivais pour le fric.

- Ahah... à vrai dire je... suis démasqué !
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