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Pour quelques plants de salade

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Ce mois de juin était particulièrement chaud. C’est pourquoi le père Mathieu entreprit de bécher son jardin à la fraiche. Il voulait nettoyer un carré pour y repiquer ses salades. Ce coin du jardin était bien pierreux et plein de mauvaises herbes et il avait toujours repoussé le moment de s’en occuper.

Donc, à six heures et demie, après avoir pris un substantiel petit déjeuner, il se mit à retourner son carré pierreux avec vigueur. Il avait à peine commencé qu’il entendit un grand « schblong » ou quelque chose d’avoisinant.

— Sacré putain de bordel de merde, jura-t-il, qu’est ce que c’est qui fait un tel boucan ! Ça m’a pété la bêche. Nom de Dieu !
Sa voisine se mit à la fenêtre.
— Hé bé, ça va pas bien le père Mathieu. Vous seriez pas un peu marteau de faire un tel bruit à c’t’heure ! Vous m’avez réveillée !
— Oh ! la Paulette, je vous ai pas sonnée. Vous seriez bien avisée de me foutre la paix. J’ai déjà assez de soucis avec un caillou qui m’a niqué la bêche.
— C’était pas un caillou. Un caillou ça ne fait pas « schblong » comme ça !
— Et comment vous pouvez le savoir, vu que vous dormiez ?
— En tant qu’agricultrice, fille d’agriculteur, petite fille d’agriculteur, arrière petite fille d’agriculteur et depuis plein de générations, je sais reconnaître quand on pète une bêche sur un caillou ou sur autre chose, bon sang ! En puis, votre truc, il brille. Je descends voir.

Satanée gonzesse, elle va me briser les noix jusqu’à quand celle-là ? Pensa-t-il ?

La Paulette descendit. Elle avait passé une robe de chambre à carreaux roses et mauves et chaussé ses crocks orange fluo, ce qui ajoutait une touche à son élégance naturelle. Le père Mathieu la regarda bouche-bée.

— Hé, la paulette, j’ai déjà un épouvantail dans le jardin !
— Ah ! Ah ! c’est malin ! Vaudrait mieux y voir à déblayer autour du caillou brillant pour savoir c’que c’est.

Ainsi fut fait. Ils mirent à jour une sorte de bloc qui ressemblait à du verre fumé. Soudain, le bloc envoya un éclair, bref mais très lumineux. Peu de temps après, un engin vint atterrir dans le jardin. Deux petits hommes verts en sortirent. La Paulette poussa un cri. Ils l’immobilisèrent avec une espèce de baguette.

— Mais qui vous êtes, vous autres, à atterrir en plein dans mes salades à repiquer et à me solidifier la voisine. Remarquez, d’un sens, elle me casse moins les oreilles comme ça !
— Nous sommes des Martiens, voyons. Nous apparaissons toujours comme on nous imagine. Vous avez mis à jour un bloc de xhypéthéridium que nous avons perdu il y a déjà longtemps. Nous vous en remercions.
— Et mes salades ?
— Nous allons tout remettre en état, ne vous inquiétez pas !
— Et la Paulette ?
— Après notre départ, elle se réveillera.
— Vous pourrez me la laisser encore cinq minutes comme ça, que j’en profite un peu ? J’ai jamais tant ri.

Faut dire qu’un pigeon venait de se poser sur sa tête, et qu’avec sa bouche grande ouverte et ses yeux écarquillés, elle était vraiment comique.

— Si vous voulez. Nous voudrions vous récompenser. Que désirez-vous ?
— Bé dame, j’aimerais bien que mon carré de jardin soit bêché, que le temps soit favorable aux récoltes et que la maladie et la vermine ne s’attaquent pas à mes plantations.
— Vous êtes un homme modeste et sage. Ce sera comme vous l’avez voulu.

Les Martiens partirent en emmenant leur bloc de xhypémachin. Le carré à bécher devint nickel. Les salades à repiquer se relevèrent et la Paulette se réveilla. Mathieu avait quand même eu le temps de la prendre en photo. C’est pas tous les jours qu’on rigole comme ça.

— Les ma... ma..., les ma... ma... où sont-ils ?
— Vous seriez pas un peu tombée sur la tête ? Qu’est ce que vous racontez encore comme ânerie ?
— J’ai bien vu. Une soucoupe. Des martiens. Et votre gros caillou il est où ?
— Ma pauvre Paulette, vous feriez bien d’aller vous recoucher avant que le soleil ne vous retape sur la calebasse.
— Mais, mais, mais...
— Vl’à qu’elle fait la chèvre maintenant. Allez oust, du balai, rentrez chez vous et fichez moi la paix.
— Puisque c’est comme ça, je ne vous parle plus.
— Si ça pouvait être vrai !

Elle rentra chez elle.

— Cette histoire a quand même du bon, pensa-t-il. Elle va me foutre la paix au moins pendant deux heures. Sacrés martiens, va !

PRIX

Image de Eté 2016
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Utilisateur désactivé · il y a
une version bien plus marrante de la soupe aux choux! faire oublier de funés et me faire preferer paulette à carmet! bel exploit !la suite la suite !découverte encore tardive!mais sans regret!
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Joelle des Coëfs · il y a
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Utilisateur désactivé · il y a
Je lis avec plaisir!!! Quel plaisir!!! Merci
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Joelle des Coëfs · il y a
merci. je suis en train de prévoir un nouvel épisode. c'est en gestation.
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Utilisateur désactivé · il y a
Super !!! J adore vos histoires!!!
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Naliyan · il y a
Un texte qui met de bonne humeur et donne envie de jardiner au potager ;)
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Marie Guzman · il y a
drôle et enlevé ! je vote ;-)))
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Joelle des Coëfs · il y a
merci
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Marie Guzman · il y a
joyeux dimanche ^^
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Jean Calbrix · il y a
Il suffit de raconter des salades pour obtenir une petite merveille, mais ce n'est pas donné à tout le monde ! Vous avez un talent fou, Joëlle ! +1
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Joelle des Coëfs · il y a
merci beaucoup.
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Christian Pluche · il y a
Les salades c'est mieux que la soupe aux choux ! (je savais pas que les instits juraient comme des charretiers dans leurs écrits!), Bravo pour ce texte qui sent bon la terre !
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Joelle des Coëfs · il y a
merci. les instits font un effort constant pour ne pas lâcher le moindre petit mot un peu trop gros en classe. à la récré, elles se défoulent.
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Alice Merveille · il y a
Bravo, Jojo. je retrouve le ton alerte de la personne que j'ai rencontrée hier au salon de livre !
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Joelle des Coëfs · il y a
merci.
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Vero15 · il y a
Ah j'ai bien rigolé ! Pas mal du tout et très bon style !
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Joelle des Coëfs · il y a
merci.
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Kie · il y a
Merci à vous pour ce merveilleux moment de détente.
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Cannelle · il y a
J'ai bien ri, c'est savoureux. Votre héros tellement tracassé par sa commère de voisine, en voit à peine ses visiteurs !
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Joelle des Coëfs · il y a
il est un peu comme moi. tout est possible. il a aussi dû oublier de grandir.
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