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Pipitesse

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David Décamps

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- Votre prénom, s’il vous plaît ?
- Jean-Louis. Avec un B, comme Étienne.

La dame du bureau de Poste fixa Jean-Louis. Elle avait l’habitude de tomber sur des idiots, mais celui-ci était particulièrement débile.

- Très bien, vous pouvez y aller, dit-elle.
- Où ça ? demanda Jean-Louis.
- Vous pouvez partir monsieur, lâcha la femme, agacée.
- Ah, répondit simplement Jean-Louis en partant d’un pas lent vers la sortie.

Jean-Louis était très con. Il ne s’en doutait évidemment pas. Il n’avait jamais remarqué qu’il agaçait les gens. Même si, au début, on pouvait être pris de pitié pour lui. Mais ce sentiment ne durait qu’un temps. Souvent une dizaine de minutes, pas plus.

Jean-Louis avait rendez-vous à 15h avec son ami Christian. Il jeta un œil à sa montre : 15h30. « Une demi-heure de retard, cela me laisse le temps d’aller m’acheter un petit croissant », pensa-t-il.

De retour de la boulangerie où il avait demandé un croissant au chocolat sans chocolat, Jean-Louis retrouva Christian. Ils s’assirent en terrasse. Le garçon de café arriva quelques minutes plus tard.

- Que prendront ces messieurs ? demanda le jeune homme, poliment.
- Vu ta tronche, personnellement, je prendrai bien mes jambes à mon cou avant de lâcher une gerbe ! lança Christian.

Christian était un connard. En plus d’être un con. Jean-Louis l’avait rencontré lors d’une manifestation contre les trois roues.

- Je vous demande pardon ? demanda le serveur, aussi calmement que possible.
- Tu vois, Christian, il te demande pardon de ne pas avoir été gâté par la nature, ajouta Jean-Louis, histoire de calmer son acolyte.
- Oui, c’est vrai qu’il est aussi moche que polie, répondit Christian, sans prêter attention au fait que le dit moche se tenait toujours debout à côté de lui. Apporte-moi un café avec un cumulonimbus de lait, gamin !
- Très bien, Monsieur, répondit le jeune homme, la mâchoire serrée.

Le garçon de café revînt quelques minutes plus tard, une tasse de café à la main qu’il déposa délicatement en face de Christian. De retour derrière le bar, il se délecta du spectacle qui allait suivre. Christian porta le breuvage à sa bouche et en bu une grande rasade qu’il s'empressa de recracher aussi vite.

- Ce café à un goût de pisse ! beugla-t-il.

Accoudé au bar, le jeune homme sourit, tout en vérifiant que sa braguette était bien fermée.
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Jeanne en B. · il y a
Sympa
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