Petite fille triste

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Ecrire sans prétention pour le simple plaisir des mots, tout comme lorsque je manie les pinceaux pour m'adonner à la peinture. Je suis une touche à tout qui jamais ne s'ennuie  [+]

Sans chauffage la maison est froide et délabrée. Seule une cuisinière à charbon délivre une maigre chaleur dans la cuisine et la salle à manger. Les meubles de bric et de broc n'ont pas même le charme de l'ancien.

 

Le père typographe ramène une pauvre paye qui ne couvre pas les dépenses de la famille, la mère au foyer élève les trois enfants, deux garçons et une fille. Dans les derniers jours du mois quand l'argent vient à manquer la mère envoie les enfants à l'épicerie et honteux ils demandent à ce que la note soit inscrite sur le cahier sous le regard condescendant de l'épicière.

Quand l'agent EDF vient pour faire le relevé du compteur et encaisser la facture d'électricité la mère demande à chacun de faire silence pour faire croire à leur absence, histoire de gagner un peu de temps

.

Dépourvue de tout confort, hormis les neuf pièces d'habitation, la maison ne possède pas de salle de bain et les toilettes à la turque se trouvent dans l'escalier. La toilette se passe donc dans l'évier de la cuisine sans aucune intimité.

Pas de télévision, le transistor pour seule distraction. Pas de vacances à raconter à la rentrée des classes la rue et le square ont été les seuls terrains de jeux. Sans voiture les déplacements se font à pied ou pour les grandes sorties en vélo. 40 kilomètres en vélo quand on a huit ans s'apparentent plus à une corvée qu'à une promenade.

 

L'hiver est la saison la plus rude et la plus redoutée. La mère qui ,sans machine à laver, doit se rendre au bateau lavoir pour faire la lessive. Elle doit parfois casser la glace de la rivière pour y plonger le linge. Elle en récolte des engelures qui la font terriblement souffrir. A genoux dans la caisse en bois elle tape avec son battoir et cela n'a pas la poésie de la chanson « Les lavandières du Portugal ». Elle rentre fourbue pour préparer le repas familial. Femme courageuse elle ne se plaint jamais.

 

La petite redoute par dessus tout la froidure de l'hiver quand les fenêtres de sa misérable chambre se couvrent de givre. Se glisser dans les draps froids et humides pour chercher le sommeil qui tarde à venir, se relever pour enfiler des chaussettes et se faire une bouillotte qui lui laissera des marques rouges quand elle l'aura laissée trop longtemps à la même place.

 

Adolescente quand elle ira au lycée elle n'évoquera jamais ses conditions de vie, honteuse vis-à-vis des autres de milieux plus aisés paradant dans leurs vêtements à la mode. Evidemment jamais elle n'invitait personne à venir chez elle et pour ne pas avoir à rendre d'invitation n'en acceptait aucune.

C'est peut être de cette solitude que lui est venu le goût pour la lecture et l'écriture dont elle ne s'est jamais départie. De cette époque elle a gardé la peur des fins de mois désargentées et cela lui a donné la volonté de s'en sortir. Elle a travaillé avec acharnement pour progresser et si aujourd'hui certains l'envient ils ne savent pas d'où elle vient et ne connaissent rien de son enfance triste et solitaire.

 

Cette petite fille vous l'avez reconnue ? Peut-être même vous y êtes vous identifié(e).

Sans chauffage la maison est froide et délabrée. Seule une cuisinière à charbon délivre une maigre chaleur dans la cuisine et la salle à manger. Les meubles de bric et de broc n'ont pas même le charme de l'ancien.

 

Le père typographe ramène une pauvre paye qui ne couvre pas les dépenses de la famille, la mère au foyer élève les trois enfants, deux garçons et une fille. Dans les derniers jours du mois quand l'argent vient à manquer la mère envoie les enfants à l'épicerie et honteux ils demandent à ce que la note soit inscrite sur le cahier sous le regard condescendant de l'épicière.

Quand l'agent EDF vient pour faire le relevé du compteur et encaisser la facture d'électricité la mère demande à chacun de faire silence pour faire croire à leur absence, histoire de gagner un peu de temps

.

Dépourvue de tout confort, hormis les neuf pièces d'habitation, la maison ne possède pas de salle de bain et les toilettes à la turque se trouvent dans l'escalier. La toilette se passe donc dans l'évier de la cuisine sans aucune intimité.

Pas de télévision, le transistor pour seule distraction. Pas de vacances à raconter à la rentrée des classes la rue et le square ont été les seuls terrains de jeux. Sans voiture les déplacements se font à pied ou pour les grandes sorties en vélo. 40 kilomètres en vélo quand on a huit ans s'apparentent plus à une corvée qu'à une promenade.

 

L'hiver est la saison la plus rude et la plus redoutée. La mère qui ,sans machine à laver, doit se rendre au bateau lavoir pour faire la lessive. Elle doit parfois casser la glace de la rivière pour y plonger le linge. Elle en récolte des engelures qui la font terriblement souffrir. A genoux dans la caisse en bois elle tape avec son battoir et cela n'a pas la poésie de la chanson « Les lavandières du Portugal ». Elle rentre fourbue pour préparer le repas familial. Femme courageuse elle ne se plaint jamais.

 

La petite redoute par dessus tout la froidure de l'hiver quand les fenêtres de sa misérable chambre se couvrent de givre. Se glisser dans les draps froids et humides pour chercher le sommeil qui tarde à venir, se relever pour enfiler des chaussettes et se faire une bouillotte qui lui laissera des marques rouges quand elle l'aura laissée trop longtemps à la même place.

 

Adolescente quand elle ira au lycée elle n'évoquera jamais ses conditions de vie, honteuse vis-à-vis des autres de milieux plus aisés paradant dans leurs vêtements à la mode. Evidemment jamais elle n'invitait personne à venir chez elle et pour ne pas avoir à rendre d'invitation n'en acceptait aucune.

C'est peut être de cette solitude que lui est venu le goût pour la lecture et l'écriture dont elle ne s'est jamais départie. De cette époque elle a gardé la peur des fins de mois désargentées et cela lui a donné la volonté de s'en sortir. Elle a travaillé avec acharnement pour progresser et si aujourd'hui certains l'envient ils ne savent pas d'où elle vient et ne connaissent rien de son enfance triste et solitaire.

 

Cette petite fille vous l'avez reconnue ? Peut-être même vous y êtes vous identifié(e).

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