Personnellement j'adore

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Ancre s'efface pour laisser la place à Yves Le Gouelan, son nouveau nom de plume. La petite ancre bleue est toujours là, sous un nouveau visuel, pour écrire de nouvelles pages, espérant trouve  [+]

Image de Hiver 2021
Au mur derrière elle, un grand miroir ovale, au cadre blanc, deux fauteuils en vis-à-vis devant la cheminée, un lustre scintillant descend du plafond. La démarche chaloupée elle quitte le petit salon, traverse d'autres pièces à demi noyées dans la pénombre. Elle c'est la lumière.

Elle avance, les bras levés au-dessus de la tête elle retire une résille de ses cheveux, qu'elle laisse tomber avec les boucles d'oreille. Puis elle agrippe le large collier autour de son cou, tire dessus, le jette au sol en morceaux, foulés par ses pieds nus.

Avec des allures de reine impudique elle se défait de ses bracelets d'or qui se répandent à terre.

Son corps est une liane qui dessine des ondulations, s'approche de moi, le regard fixé au mien, la démarche volontaire, conquérante, cherchant à s'emparer de mon âme. À cet instant je lui appartiens.

D'un simple geste elle dégrafe sa robe sur le côté et dans ce mouvement son buste se ploie vers l'avant soulignant les formes animales de son décolleté. Le vêtement coule à ses pieds dans un souffle de velours.

Elle est nue, cela se devine. Mon cœur sursaute au moment où ses seins vont se dévoiler, le désir précède l'image, je pressens la vision merveilleuse et puis rien, et puis elle s'en va, m'ignorant complètement, superbe odalisque, la silhouette généreusement dénudée, s'éloignant, de dos. Je reste la bouche sèche et le désir aride, presque essoufflé.

Les secondes s'égrènent et je la retrouve plongée dans un bassin aux reflets d'or. Ses cheveux, sa peau, dans les mêmes teintes. À nouveau elle s'avance vers moi, trouble à peine la surface du bain, alors que l'eau glisse sur ses épaules nues. Mes yeux se délectent de son corps émergeant, guettant l'apparition de sa poitrine offerte à mes envies. Elle pousse devant elle les flots dorés, se débarrasse enfin du manteau liquide, labourant mon cœur d'une pulsion sauvage.

Je me perds dans les images. Une goutte de parfum glisse, roule sur la ligne de ses reins. Ma bouche aspire à lécher le sillon sur la peau cuivrée, gorgée de soleil. La perfection de la jeunesse, qui aimante et plus jamais ne sera votre amante. L'envie toujours présente, tapie au creux du ventre. Entre désir et séduction. Qui ne sont plus vraiment dans cet univers éphémère.

« Tu n'as pas fini de regarder toutes ces vidéos ? Mon pauvre mais ça tourne à l'obsession ton histoire. Franchement tu n'as pas mieux à faire ? Et si au moins tu avais mis le couvert »

Ma femme. Elle se tient à l'entrée du salon, la cocotte en fonte entre les mains et c'est lourd. Derrière elle on peut apercevoir un coin de la cuisine, le petit cadre en plastique bleu posé sur le frigo et l'abat-jour orange que nous devons changer depuis des années.

Elle pose la cocotte au milieu de la table avec un petit soupir de soulagement. Avant d'aller chercher les couverts, je soulève le couvercle. De la sauce a coulé le long de l'émail rouge flamme. Je me
penche, une douce odeur de sauté de veau carottes se glisse jusqu'au nez et pénètre mes sens.

Personnellement j'adore.
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