2
min

Perséphone et Nikolaï

2 lectures

0

Fille de Zeus et de Déméter, Perséphone est l’épouse d’Hadès. Elle vit six mois de l’année dans les enfers en compagnie de son mari. L’autre partie de l’année, elle habite sur terre ou dans l’Olympe afin d’aider sa mère pour la période du printemps et de l’été. Ce compromis est loin de satisfaire Hadès.

Perséphone a choisi la Russie. Elle a pris le nom d’Hénor Pépes et elle officie au MVD dans la police russe. Elle a pour partenaire Nikolai. Tous deux, affublés de leur Ouchanka, sillonnent les rues de Moscou. Comme dans toutes les polices, Hénor et Nikolaï poursuivent les méchants en voiture, en camion, en moto, à pied. Des coups de feu, des blessures, du sang sont leur quotidien.

Patrouille, briefing, formation viennent s’intercaler dans leur emploi du temps : bref une vie de flic. Et comme dans toutes les polices, il y a aussi la corruption. La Russie, c’est cent quarante millions d’habitants et un million quatre cent mille policiers, c’est-à-dire un policier pour cent citoyens. Certains prétendent qu’un policier peut percevoir jusqu’à 10 fois son salaire grâce à la corruption. Arrestation, discussion, marchandage et enfin bakchich. Il est impossible à Hadès de ne plus voir sa femme pendant un siècle.

Il a toujours très mal vécu les absences de Perséphone : cette règle des six mois infligée par Zeus et Déméter. Il ne peut oublier que cette dernière est à la fois sa sœur et sa belle-mère. Hadès vêtu de la Kunée rend visite quotidiennement à Perséphone. La plupart du temps, ils passent la nuit ensemble. Ils font l’amour de façon énergique et Perséphone paraît très excitée d’avoir un amant invisible. Elle reconnaît ses paroles, ses gestes, ses intentions : son amour. Nikolaï est un homme droit, incorruptible et parfaitement honnête. Comment ne pas tomber amoureux d’Hénor, cette jeune femme si belle et qui a l’air de partager sa sensibilité. Tous deux incorruptibles, ils font passer de mauvais moments aux malfrats qui essayent de les corrompre. Afin de repousser les avances de Nikolaï, Hénor prétend ne pas être seule dans la vie.

En raison de ses horaires et du temps passé avec elle, Nikolaï a du mal à comprendre qu’elle puisse avoir quelqu’un, en tout cas, quelqu’un de régulier dans sa vie. Un soir, un peu éméché par la vodka, Nikolaï est tout émoustillé. Dans un but un peu abstrait, il décide de se placer derrière la porte de son appartement et tend l’oreille. Il titube et finit par poser sa tête sur la lourde porte en bois, cette nouvelle position lui permet de retrouver une certaine stabilité. Il entend des voix, le propos est indistinct. Puis celle-ci se rapproche, la porte s’ouvre. Nikolaï n’a qu’un bref instant pour se cacher dans un coin du couloir envahi par la pénombre. Il assiste à la scène. Hénor embrasse son conjoint et lui lance un « je t’aime », elle accompagne même cette parade amoureuse d’un baiser qu’elle fait suivre de la main. Hénor ferme la porte. L’homme descend les escaliers. Ceux-ci sont recouverts d’une moquette épaisse dont les motifs sont colorés et ordonnés en quinconce. Le bruit de pas est sourd, puis il s’estompe. Nikolaï a assisté à la scène, il n’a vu qu’Hénor.

Il ne sait plus quoi penser : « elle parle toute seule, elle est folle. Non, c’est moi qui suis fou ». Il retourne l’affaire dans sa tête pensant trouver des réponses. Les questions de Nikolaï feront prendre conscience à Perséphone qu’il est nécessaire qu’elle soit plus prudente avec Hadès. Perséphone a une tendre amitié pour Nikolaï, mais elle sait qu’Hadès n’hésiterait pas une seconde à le supprimer, si Nikolaï racontait son histoire. En effet, si Zeus avait vent de l’affaire, il pourrait très vite faire le rapprochement entre les ingrédients que sont : Perséphone et un conjoint invisible.

à suivre sur http://www.pierretomyleboucher.fr

Thèmes

Image de Très très courts
0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,