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Pensées troubles dans une rame.

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Chrishna

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Au prochain arrêt, il la retrouvera enfin. Il en est tout chose. Cela fait plus d'un an qu'il ne l'a pas revue.

Leur rencontre avait été le fruit du hasard. Un rendez-vous annulé, un autre absent, des amis qui lui en avaient parlé et il s'était rapidement retrouvé en sous-vêtements, chez elle. Cela s'était fait comme ça, sans embarras, après quelques paroles. Enfin si !.... ce jour là, il avait eu un peu honte car en enlevant son pantalon, il s'était aperçu qu'il portait une espèce de vieux slip kangourou, que sa femme lui achetait à l'époque par lot de dix.

Mais cela ne l'avait pas dérangé et elle lui avait demandé de s'allonger, devant elle. Il était esclave, elle était dominatrice. Il lui avait obéi, et elle avait commencé par lui masser la nuque de ses doigts longs et fins. Puis elle lui avait caressé ses pectoraux, frôlé ses abdominaux et ses mains douces avaient ensuite, glissé le long de ses hanches, pour se coller derrière ses fesses, sa paume effleurant sa prostate.

Elle lui faisait prendre de drôles de position qu'il n'avait jamais pratiqué, mais ses mains expertes le contrôlait. Il était totalement à sa merci. Parfois il sentait ses gros seins rebondis contre son corps et ça l'excitait. Son parfum exhalait des essences d'épices de Jérusalem et quand elle s'approchait de son visage, il se réchauffait de son souffle chaud et moelleux.

Il s'était retrouvé sur le dos, sur le côté, sur le ventre. Ses mains parfois, touchaient à peine ses jambes enrobées de soie. Elles oscillaient entre ses mollets fermes et le creux de ses genoux. Elles avaient même, dérapé, sur la rondeur de son postérieur. L'atmospère se chargeait d'érotisme. L'excitation était suspendue à ces instants de silence et de tendresse.

Puis, était-ce son slip moche, finalement, ou avait-il eu un geste trop déplacé ? Mais alors qu'il sentait sourdre en lui un début d'érection, elle l'avait renvoyé chez lui, manu militari.

Elle était grande, fine, de longs cheveux noirs soyeux, ramassés en une queue de cheval, des yeux foncés dévorant, un nez droit exigeant et un sourire fier absolu. Elle s'appelait Sarah, ressemblait à une princesse de Galilée et il voulait repeupler la terre d'Abraham avec elle.

Puis un an s'était écoulé où il n'avait cessé de penser à elle et à cette journée de caresses. N'y tenant plus, il avait alors, osé la rappeler et contre toute attente, elle avait accepté une nouvelle fois, de le recevoir chez elle.

Alors aujourd'hui, il s'est levé de bonne heure afin de mettre toutes les chances de son côté pour la séduire et terminer ce qu'ils avaient commencé.

Il a pris un petit-déjeuner frugal, sans bananes ni œufs pour éviter des troubles digestifs, puis il est allé prendre une longue douche, où il s'est lavé méticuleusement chaque centimètres carrés de sa peau, avec un gel douche aux senteurs orientales, qu'il espérait attirant.

Il s'est lavé ensuite, trois fois les dents pour avoir la meilleur haleine possible, utilisé deux cotons tiges pour chaque oreille, puis, il s'est rasé en long, en large et en travers, pour avoir, les joues les plus douces possible.

Enfin, du tiroir de sa salle de bain il a sorti, encore dans son emballage d'origine, son caleçon Georgio Armani qu'il avait acheté aux galeries Lafayette, la veille.Ca lui avait coûté aussi cher qu'un restaurant sur Paris mais il voulait mettre toutes les chances de son côté et, il espérait surtout, lui faire oublier son slip de l'année d'avant.

Une fois enfilé, il s'est admiré devant la glace. Il avait fait un bon achat ! Ce caleçon boxer épousait parfaitement la forme de ses fesses et faisait de son sexe un engin plutôt présentable. S'il rentrait un peu son ventre, on pouvait même apercevoir ses abdominaux qu'il entretenait depuis deux semaines.

Il était hors de question de boire la moindre goutte, d'ici son rendez-vous. Il ne voulait pas laisser une trace ou une odeur d'urine, gâcher son moment.

Enfin, pour terminer, il s'est habillé de son costume Hugo Boss. Mais une chanson d'Orelsan qui passait au même moment à la radio, qui parlait des costumes nazis, lui a fait changer d'avis et il a opté pour une tenue plus décontractée, afin de ne pas commettre d'impair avec sa jolie juive aux cheveux noirs.

Il s'est regardé une nouvelle fois devant la glace, s'est trouvé beau, l'a dit à son reflet, s'est positivé l'esprit par des auto-compliments, est sorti de son appartement, et est allé prendre le métro pour la rejoindre.

Enfin l'arrêt suivant arrive. Il descend alors du métro, fébrile, excité et monte à son adresse. Il sonne à l'interphone. Elle lui ouvre. Il prend l'ascenseur pour ne pas transpirer ou arriver essoufler devant elle. A son étage, il reprend une dernière fois une bonne inspiration et rentre directement chez elle.

Elle est là. Elle l'attend. Elle l'invite à s'asseoir....

« Bonjour Monsieur Martin...Alors ? comment va votre dos depuis un an ?.... Déshabillez-vous afin de voir ça !.... »


Fin.

PRIX

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Arlo · il y a
Excellent récit fort bien construit. Vous avez les votes d'Arlo qui vous invite à découvrir son poème "j'avais l'soleil au fond des yeux" en finale de la matinale en cavale. Bonne chance à vous.http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/javais-lsoleil-au-fond-des-yeux
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Chrishna · il y a
Merci.
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