Paul et moi, une histoire impossible

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A toi, cher lecteur, arrêté sur ma page Je souhaite la bienvenue Dans un univers pas si sage Etats de l'âme - de soi ou d'autres Découvertes, déconvenues Souvent s'y mêlent le vice et la  [+]

Les histoires les plus fortes, les plus fusionnelles, n’ont pas forcément un démarrage en fanfare comme on pourrait le croire. On se laisse porter, les jours s’additionnent, et on se retourne après quelques temps, incrédule, sur le chemin parcouru. Dans les belles histoires, on peut s’oublier pour l’autre sans se sacrifier. Savoir être ensemble même les soirs où l’on s’ennuie au fond de son lit, même les petits matins gris, groggys d’avoir trop peu dormi quand le réveil nous ramène à la raison.

Je n’ai pas eu conscience tout de suite de ce qui se jouait entre nous. Je ne sais même pas au juste quand cette histoire a bien pu commencer, ni comment. Il me semble qu’un jour tu étais là, tu faisais partie de ma vie, criant d’évidence et en même temps avec beaucoup de naturel. Au plus fort de notre relation, j’ai même eu la sensation que l’on s’appartenait depuis toujours, que l’on faisait partie l’un de l’autre. Notre attachement a grandi, irrépressiblement, jusqu’à ce que notre lien m’apparaisse indéfectible.
Et si j’avais su qu’on en viendrait là...

Bien sûr, il y a eu ces moments où j’aurais voulu tout arrêter. Je me sentais prise de cours, dépassée. Tu t’es mis à vouloir occuper trop de place dans ma vie, tu m’oppressais. J’ai pris conseil, auprès des plus experts autour de moi, et même auprès de spécialistes. Tu as laissé faire, résilient, patient, tu savais que je te reviendrai, que je t’appartenais.
J’ai passé notre histoire aux rayons X, je t’ai dévisagé, toisé, sous toutes les coutures. Nous avons souffert ensemble de ce que je te faisais subir, tant nous étions liés.
Pourtant, chacun le sait, mêmes les histoires les plus profondes ont une fin. Il y a la vie à deux, et un jour il y a “ce bouton sur le nez, cet habit que vous portez” comme le disait Roland Barthes dans ses Fragments du discours amoureux. Et tu savais peut-être mieux que moi que ce jour viendrait. J’ai commencé à penser que tu n’avais plus ta place dans ma vie, puis même que tu ne l’avais jamais eue.

Je sais, enfin je pense comprendre, que ce doit être dur de se faire ainsi chasser. Un lien de dépendance aussi fort que l'était le nôtre précipite forcément dans une course vers l’inéluctable, vers la séparation.
Tu as péché par ta gourmandise, ta voracité. A compter du jour où tu t’es posé à cheval sur mes voies biliaires, la ligne rouge était passée. Pas d’autre choix que de se défaire de toi, rompre le “nous”.
Paul, je me suis fait trop de bile pour toi, adieu.
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