Passe ton chemin !

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"L'esprit s'enrichit de ce qu'on lui donne et le cœur de ce qu'il donne." Victor Hugo J'écris, tu lis, elle suggère, nous améliorons, vous encouragez, ils partagent  [+]

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Lui : Je suis le cancer, je vais m’installer sournoisement et, quand elle découvrira ma présence, je me serai répandu déjà loin dans ses tissus.
Elle : Premier examen, je suis sûre que tout va bien. Suspicion, attente, angoisse, il y a tant de mots pour qualifier mon inquiétude.
Lui : Ca y est, le verdict est tombé, je suis découvert. Tandis que je suis inébranlable elle est abattue.
Elle : Mammo, labo, radio, chimio, écho, je n’en peux plus de ces gros mots !
Lui : Traitements, attaques, assauts tendent à me réduire mais je résiste.
Elle : Pour mieux lutter, je vais te nommer : Monstruosité. Je vais te combattre, contrecarrer tes mauvais plans et crier ma haine envers toi.
Lui : Diable ! Je la croyais plus faible.
Elle : Fatigue, absence, souffrance, je ne dois pas me perdre dans ce labyrinthe de mots si tristes.
Lui : Je ne progresse plus, je suis stoppé mais je reste bien ancré.
Elle : Mon corps change, ce qui faisait ma personne s’étiole mais je suis toujours là.
Lui : Décidemment, cette rose n’est pas aussi fragile que je l’imaginais.
Elle : Hey ! Toi, la Monstruosité, ne sais-tu pas qui je suis ?
Lui : Je crois qu’elle me parle, mais je suis devenu trop chétif pour lui répondre.
Elle : Je suis Eglantine, cette rose sauvage, libre et résistante !
Lui : Que dit-elle ? Il me semble qu’à présent, je disparais dans le néant.

Elle : Nous sommes le jour d’après, le lendemain de ce fameux rendez-vous où l’on m’a annoncé qu’après cinq années de lutte, de fatigue, de traitement et de souffrance, cette monstruosité était éradiquée. Combien de fois ai-je rêvé de cet instant ? Est-ce bien réel ?

Tout au long de ce combat j’ai gardé intacte cette petite lueur d’espoir. Au final, elle ne s’est jamais éteinte et m’a même portée dans ses bras pour que je traverse cet ouragan dévastateur qu’est le cancer. En ce jour d’après, je respire, la tempête est passée. Je me sens prête à plonger dans l’avenir en toute confiance fourmillant d’idées, de projets, de souhaits.

Quant à toi, monstruosité, je te le dis : Passe ton chemin !



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