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Pardonne-toi.

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L'âme écorchée vive a besoin de pardonner... Par - donner... en donnant sa bienveillance à celui qui nous a blessé, on guérit de ses propres rancœurs venimeuses d'où s'insinue le poison de la vengeance qui ne tue que celui qui le distille.
Pourtant, le vrai pardon s'offre à soi-même: pardon à l'enfant farouche, spontanée et maladroite devenue, pour plaire, obéissante, studieuse et sans tache; pardon à l'adolescente rêveuse et rebelle adaptée à contre sens au conformisme inerte et rassurant d'une société bien pensante ; pardon à la jeune femme amoureuse de l'amour, capturée trop tôt dans le cliché jauni de la famille modèle: un mari, un enfant, un chien, une villa, une voiture et un emprunt , une corde au cou pour les plus belles années.

Et là, après ce pardon, après cet acte d'amour absolu, on devient qui on est. C'est douloureux de réaliser que l'on s'est abandonnée dans les oubliettes de son propre château d'illusions. Les clefs ont été confectionnées à mesure que l'on a fermé toutes ces portes ; elles ont été enfouies si profondément en nous que même leur souvenir reste inaccessible.
Heureusement, l'univers a des projets pour nous que l'on ignore jusqu'au jour où l'on croise au détour d'une amitié sublime, une personne sensible, incarnant la bonté et qui se révèle être un des gardiens des clefs, un passeur, lui-même éveillé à sa propre évidence par une autre âme plus proche encore de la conscience. C'est une chaîne invisible qui nous libère.
On reçoit le trousseau de clefs en vrac et là commence le gigantesque chantier de l'âme vers le guérir et le grandir, une Odyssée à travers les multiples couches de la Conscience ; un lâcher prise de chaque instant puisque seul le présent existe. Le temps est suspendu aux volutes de Liberté qui s'échappent peu à peu du soi en devenir ,une liberté que l'on souhaite pour tous, une liberté comme la seule manifestation de l'Amour.

La liberté est à l'Amour ce que la possession est à l'attachement. Être attaché à quelqu'un porte en soi le terreau fertil d'une relation biaisée par le jeu de la victime et du bourreau. Tandis qu' aimer c'est permettre à l'Autre de faire un choix: partir pour exister ailleurs ou rester alors qu'il pourrait partir à tout moment. Vertige, peur du vide, peur de disparaître dès que l'on n'existe plus dans le regard de l'Etre aimé... Faut il pour autant préférer la soumission, le contorsionisme sentimental, et la négation de soi ? Non. Jamais. Plus jamais !
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