2
min

Parade nuptiale

Image de Toine

Toine

4 lectures

0

A l’intérieur du monde animal, se trouvent les oiseaux et aussi les hommes, animaux paraît-il intelligents.
Cette distinction ne se limite pas au cerveau. Les manières d’être des uns et des autres sont parfois fondamentalement différentes voire opposées.
Nous prendrons, à titre d’exemple, le comportement amoureux, celui qu’adoptent tous les animaux de la terre pour engager une relation avec l’autre sexe.
Les animaux domestiques pouvant être victime de leur proximité avec l’humain, prenons un animal que l’on trouve encore à l’état sauvage : le faisan.
Si vous le croisez à l’orée d’un bois, vous serez ébloui par la beauté du volatile : un plumage éclatant, aux couleurs d’automne, l’œil cerclé d’un rouge vermillon, plumes caudales fines et interminables.
Au milieu d’une prairie ou sous le couvert sombre du bois, vous ne pourrez pas le louper. Et il le sait qu’il est beau ! Il relève la tête, minaude, fait le fier jusqu’au moment où il pense vraiment être en danger (surtout si vous vous promenez avec cet objet oblong et muni d’une gâchette que l’on nomme « fusil). Il y a des limites à tout...
Et pourquoi fait-il tout ça, ce mâle altier, Eh, bien c’est pour Madame Faisane qui, elle, est d’une discrétion absolue : vêtue de courtes plumes grises, chez elle, pas d’ostentation. Bien au contraire, elle passe sa vie à se faire oublier du renard, des rapaces et du chasseur, tous prédateurs qu’il vaut mieux éviter.
Alors, l’autre peut toujours faire le beau, ce n’est pas lui qui protège les œufs et qui élève les enfants !
Mais il est tellement beau, ce papa faisan qu’un jour ou l’autre, la petite poule grise tombera inexorablement sous son charme...

Chez les humains, comportement radicalement opposé.
Le mâle porte généralement les couleurs de la poule faisane : costume gris sans fioritures, cravate, cheveux bien coupés, chaussures sombres, par-dessus sombre. Il passe presque inaperçu.
Seuls ses yeux pétillent parfois quand il croise une femelle de son espèce, sa poule à lui.
Si, maintenant, on prend le temps d’observer cette dernière, on peut dire qu’elle a évolué. Ses prédateurs naturels ont-ils disparus ou bien les a-t-elle dominés ?
Force est de constater qu’il y a encore quelques décennies, la femelle de l’homme, autrement dit la femme, avait plutôt tendance à se cacher : robes longues, couvre-chef obligatoire. Elle passait plutôt à l’ombre... de son mari !
Et puis la révolution sexuelle et le MLF sont passés par là. Demeurent encore de par le monde quelques peuplades où la femme vit totalement cachée à la vue de ses semblables. Elle est couverte, quand elle est autorisée à sortir, d’un tissu opaque qui la recouvre entièrement avec un grillage en face des yeux pour éviter qu’elle ne choie à chaque pas.
Désormais, chez nous la femme jeune (et parfois moins jeune mais c’est moins beau) s’emploie à montrer ses atouts qui sont bien réels : décolleté profond laissant entrevoir une lingerie prometteuse, jeans serrés sur des fesses rebondies mises en valeur par une veste courte ou un blouson serré, cheveux au vent, maquillage appuyé...
Bref, chez l’homme, c’est la femme qui séduit, sans en avoir l’air. Et le mâle, réduit à ses instincts primaires, en bave d’envie !

Et puis vient le jour où la vieillesse nous rattrape. Le vieux mâle se couvre peu à peu d’une toison blanche qui, paraît-il, ne laisse pas la gent féminine indifférente pas plus qu’un petit ventre rond et accueillant...
Côté féminin, ça devient compliqué : il faut se résoudre à l’injection de substances gonflantes dans les lèvres et ailleurs, à l’implant de prothèses mammaires et autres liposuccions pour reporter au plus tard les effets désastreux de la dégradation physique. Et parfois, ça marche : le mâle peut se laisser berner quelque temps avant de s’apercevoir de la supercherie.

On peut donc observer que ce qui paraît simple chez notre couple de faisans est beaucoup moins naturel chez les humains. A-t-on déjà vu une poule faisane chez le chirurgien esthétique ?
Vous allez certainement me taxer de vieux sexistes obsédé et trouver mes propos un peu caricaturaux voire déplacés. Je vous engage donc à observer attentivement vos congénères dans la rue.
On en reparle un de ces jours ?
0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,