Par un sentier doré…

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J’aime la vie et j’aime les gens. Une carrière en cuisine, une autre en soins... Et ce désir, viscéral, d’écrire les mots/maux de ces personnes rencontrées, de cette vie loufoque qui se  [+]

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Par un sentier doré de Primevères...
Les pieds glissent sur les pierres et les grosses racines qui affleurent du sol. L’air est frais, mais la marche a réchauffé le corps, et la peau suinte le long du dos et le sang cogne dans les tempes et sur le cou.
Bientôt, derrière la grosse branche d’un chêne vénérable, les trois hommes peuvent enfin contempler la totalité du site, un amoncellement de pierre qui autrefois, formaient des maisons, des étables, un village.
Dans son écrin montagneux, les trois hommes déambulent en silence entrent les ruines, pensifs et respectueux.
En face et derrière eux, et sur la gauche et sur la droite, des pics recouverts de pins et de rocs, et quelques larges coulures comme des rides témoignent des éboulis.

Le marin a l’esprit qui chancelle devant l’immensité des hauteurs et des précipices, il a le souffle coupé et l’herbe verte et grasse lui fait penser à un océan majestueux.
Le berger, lui, hume l’air de la montagne et ses essences résineuses. Ces mains rappeuses comme la pierre caressent la terre et la mousse qui recouvre l’antique maçonnerie détruite.
Le troisième homme est ébloui par l'incandescence du soleil qui chauffe sa peau. Le chant des oiseaux et le murmure des arbres semblent vouloir lui conter une étrange et mystérieuse mélopée, l’histoire du lieu et ses légendes.

Trois amitiés improbables, qui ont unis leurs efforts pour découvrir ce lieu.
Ici, il y eu la vie, dans ce hameau de montagne, et les hommes et les femmes priaient pour leur avenir, pour tomber enceinte, pour les troupeaux, pour le pain. Dans cette chapelle qui dresse, intacte, le bronze de sa cloche haut dans un ciel d’azur zébré de fins filaments de blanc, on a demandé, on a supplié, on a ri et on a pleuré, on a vécu. Et maintenant, le silence a figé dans son manteau épais, les promesses des villageois, et les soupirs se sont envolés dans la brise qui murmure les secrets du temps passé, et le poète les écoutent.
Au-dessus, sur un promontoire, balcon naturel qui domine l’étendue sauvage et le village détruit, des hommes se sont battus.
Encerclés, ils ont lutté pour leur liberté, et pour ceux des autres, raclant la terre de leur chair et abreuvant la roche d’un sang rouge vif. Leur courage et leur force venait d’Angers, venait d’ici, venait de Lyon et de partout.

La montagne se souvient d’eux et de tant d’autres. Elle raconte l’Histoire aux trois amis, et eux la découvre dans les notes fraîches du tumulte d’un torrent du fond de la vallée, dans le crissement des arbres qui se frottent et qui dansent, dans le bruissement des feuilles arrondies, ou dans la pierre chauffée qui roule et qui éclate.

La nature majestueuse et les reliques du labeur des Hommes pour y vivre et y survivre, décrivent la vie du lieu et servent de vitraux à cette cathédrale grandiose.

Haut dans le ciel, un rapace tournoie comme les aiguilles d’une horloge inconnue. Les bouquetins se cachent mais le Merle noir et le Pinson des arbres se font leur porte-parole en des chants tour à tour frénétiques et mélodieux.
Le ciel grand ouvert absorbe les rêves du marin, du berger, du poète, et bientôt ils redescendront dans leurs réalités quotidiennes, heureux d’être amis et d’avoir pu, le temps d’un après-midi ensoleillé, visiter Valchevrière.
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