Papillon incendié

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Je suis là, agité de circonvolutions, torturé par des pensées, sur les braises brulantes de la nuit d’été. Ardente et vivace, puissance destructive qui menace, qui menace tout, mais qui menace surtout de prendre ces forteresses jumelles, le cœur et l’esprit. Je brûle dans la fournaise, ma raison fond et coule sur mon long. Mon âme lutte déchirée par l’harmonie brisée de se cœurs qui bat comme une machine détraquée qui aurait perdu sa partition. Je suis alors perdition.

Que faire ? Cette question hante l’homme, lui qui s’est toujours targué de la plus grande clarté, chevalier de blanc drapé, prêt à défendre et à servir ce monde qui ne rien. Le combat est las, les autres ne sont rien pas plus que je ne suis quelque chose. Et pourtant ils fascinent. Ils se resserrent les uns aux autres comme une colonie de pingouins dans le blizzard arctique, sauf que yeux, si serrés les uns autres si désireux de coller au voisin, en image et en comportement, qu’ils s’embrasent, se consument ou s’évaporent.

Être membre de cette colonie par le travail, cette drôle de torture, par le divertissement, cette triste béatitude, par l’amour, cet idéal instinctif, tous ceci est épuisant, étouffant. J’ai le souffle qui s’emplit de cendres virevoltantes, tout brule en moi, je meurs à petit feu sans avoir vécu. L’arbre de la vie, volonté dressée sous le soleil, racines dans les tripes, tronc dans le cœur, feuilles dans l’esprit, cet arbre sent le souffle chaud arriver sur lui. Les cendres noircissent les feuilles, la fumée grise l’air. Le vert de l’espoir ne scintille plus.

Je me sens d’un vide débordant et je n’ose imaginer ce que ressentent les autres. Mais tous paradent, bombent leurs torses, embrassent leurs amours. Cette parade est une pièce de théâtre, joué par de mauvais comédiens. Le sentiment est un emballement déçu, une trahison fatidique de caractère fini de ce monde, une entropie introvertie qui s’effondre sur elle-même plus vite qu’elle ne naît. La pensée, elle aussi est décevante. Coincée dans une petite boîte dont les interstices laissent apercevoir l’immense champ des possibles, sans jamais pouvoir en récolter les fruits ni y planter sa semence.
Comment peuvent-ils connaître la joie ? Comment peuvent-ils connaitre l’amour ? Comment peuvent-ils connaitre la pensée ? Alors qu’ils sont, comme moi, des rats aveugles dans un labyrinthe de lumière, se multipliant, suffocant. Suis-je le seul aveugle ? Ou le seul à avoir compris le piège de l’existence ? Deux cruautés du destin qui rigole bien.

J’entends certains courir à travers le labyrinthe, j’entends ceux qui grattent les murs, j’entends les immobiles qui se laissent partir. J’ai chaud, je transpire, tout ce bruit, tous ces sentiments, toutes ces pensées doivent partir. Alors il y a la mort et le néant, ce trou confortable duquel on n’est jamais extirpé, mais il y a aussi le rêve. Le rêve est cette brise rafraichissante, cette pluie qui transforme le paysage en bijoux constellé de perles miroitantes. Le rêve qu’un jour ou que quelqu’un arrive. Ce jour où la pensée sera lucide, ce jour ou le cœur jouera la musique de l’inaudible et de l’indicible, ce jour où le corps arrêtera de grincer et de suinter. Quand il arrivera, le rêve s’arrêtera
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