Orphelin d’amour, avide d’empathie

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Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermés ? Peut-être un peu des deux. Se pourrait-il que je sois juste perdu en moi ? Ce moi dans lequel je me retrouve, est-ce seulement ma propre personne ? L’homme se noie dans les eaux troubles de son prochain, lui-même inconscient de son humanité siamoise, jumelle. Esseulé dans un grand vide telle une ombre dans le noir, les yeux fermés et le cœur à découvert. Des sentiments divagants comme les vagues de l’océan, fortes, murmurant des paroles par moments silencieuses de par leur faiblesse en d’autres. Des ressentis profonds devant ce clair de lune de vendredi soir. Nuit durant laquelle la lumière blanche d’espoir est mélangée au bleu d’apaisement de sérénité du ciel, dans une atmosphère de mélancolie. Ce flux de sentiments n’était pas intrinsèque, il était celui de son prochain qu’il vivait autant que lui. Son homologue qui n’était pas seulement dans le noir, les yeux fermés mais qui, également, avait le cœur meurtri. D’un jour à l’autre, il avait fait le tour des ténèbres en une chute libre inexorable et indésirable. Cet instant où tout bascule autour de nous est comme un jeu de domino, la tombée d’une seule pièce entraîne tout le monde par terre. Cet homme en un jour a goûté au sentiment de la perte d’un bien aimé. Une perte certes incomparable à celle occasionnée par la mort mais qui n’en est pas moins amère. La femme donne un sens à notre vie. Quand elle est présente à nos côtés, nous nous sentons complets ; sans que l’on sache d’où vient cette impression de complétion. Leur perte alors devient un fardeau à porter jusqu’au jour où l’on sera de nouveau complet. Notre homme ne s’en remettrait pas de sitôt parce que perdu, « incomplet ». Il était dans le noir, les yeux fermés et le cœur meurtri. Lessivé, aucune envie n’animait son âme morose. Tout bruit résonnait en sons de pas de talons, en espoir ni visible ni ressenti. Au fond de soi, la question demeure éternelle : est-ce une fin en soi ? A qui la faute ? Son propre cœur de nous avoir trahi ou son prochain de nous avoir rejeté ? La seule chose dont il était sûr est que son âme se noyait dans cette mer de mélancolie qui se déchainait en lui. S’en vouloir à lui ou blâmer la nature « immonde » de l’être humain. Cherchant refuge qu’il ne saurait trouver en cette lune au regard froid et inexpressif. Dans le noir, les yeux fermés dans une solitude pesante, avec le silence comme seule compagnie. Dans cette solitude, ses pensées compatissent. En même temps, ce silence le pointe du doigt et projette le fracas subsistant en son sein. Intrigué par le sens tumultueux de la vie, il se demande si ce n’est que passager ou si ses sentiments étaient là pour vivre de lui. Dans cette solitude et ce silence, il se crée une compagnie illusoire pour jouir d’un réconfort certes éphémère mais relaxant. Notre homme ne saurait bouger un membre de son corps sans se sentir lourd. Ces jours sont devenus des semaines et ses dernières en années qui ne peuvent se résumer en douze mois. Une émotion forte comme l’amour circule dans toute une âme et alimente un corps assoiffé et affamé. Lorsque cette émotion nous quitte, toute envie, tout désir s’envole avec elle. En ces temps de malheur, d’aucuns apporteraient leur compassion à cet homme ou alors leur présence physique. Vous vous rappelez le prochain de notre homme ? Celui qui ressentait ces émotions qui n’étaient les siennes. Il était, lui aussi, dans ce noir perdu, les yeux fermés. A côté de notre homme, il lui souffla trois mots beaucoup plus réconfortants, vivifiants que compassion et présence physique : « Je te comprends ». Notre homme sentit un vide comblé à moitié et une âme qui, peut-être, était en train de se retrouver.
En ces moments, l’on penserait que la personne a besoin d’un support sentimental. Néanmoins, nous sommes perdus et seuls dans un trou noir. Le ressenti d’être esseulé, d’être dans une position unique et sans précédent prend le dessus. La compréhension de l’être humain à côté de nous devient alors salvateur. On se sent moins seul juste parce que quelqu’un à côté s’est trouvé au même endroit. Dans le noir et les yeux fermés, la compréhension est cette petite lueur entrevue dans ce noir en soi.
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