Orage qui passe...

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Eclair lancinant puis Coup de tonnerre !
Le ciel se fâche ce dimanche matin. Après une nuit calme où le croissant de lune a éclairé la plaine avec langueur et poésie, l’orage gronde. Fenêtre ouverte, face au lit, le fracas des nuages, qui se choquent, semblent tirer le drap comme pour dire : réveille-toi, il est l’heure.
Six heures du matin, un dimanche... folie.
Les lumières fusent et éclairent les yeux sous mes paupières fermées. Les claquements du ciel, démesurés, dantesques accompagnés du sifflement du vent dans les arbres tout proches, éveillent le rêveur par l’ouïe.
La nature est ainsi faite que les lève-tôt sont toujours réveillés en premier ; même lorsqu’ils ont décidé de se laisser aller à la grasse matinée.
Ce dimanche débute donc sous l’influence de l’eau. Oh non pas cette petite pluie fine, ce déluge intense qui fait chanter le nature. Les bruits sont désormais pluriels. Toujours le tonnerre, comme un géant qui emplit tout l’espace mais il est intermittent de ce spectacle naturel. Entre ses coups de semonce, la pluie tombe bruyamment, faisant résonner tout ce qui se trouve sur son chemin. Là, un vieux lavoir en béton usé renvoie un son sourd et un peu glauque. Ici, la brouette du jardinier se prend pour un triangle de musicien en variant ses effets en fonction d’où tombent les gouttes les plus grosses. Enfin, la terrasse en mélèze s’imagine en piano, splendide, imposant et toujours bien accordé. Cette symphonie improvisée donne au réveil l'apparat du grand monde.
Las, cette musique naturelle remplit le vide d’une période moins souriante. La nature a repris ses droits, que dis-je, sa place prédominante. Depuis le mois de mars, l’atmosphère est devenue pesante, les âmes sont lourdes, le moral est chagrin. Notre monde suranné et artificiel vacille. Les êtres, murés dans du béton, tournent en boucle d’introspection. Les campagnards, depuis 30 ans, poussées loin de la vie trépidante du progrès permanent deviennent philosophes. Le monde de la campagne, de la nature vraie a retrouvé son sens premier. Le rythme s’est ralenti pour épouser un peu plus qu’avant le cycle de la nature.
Il est 7h15 lorsque mon cerveau intime à mon corps l'ordre de passer en mode réveillé. 75 minutes à entendre le son de l’eau, le vacarme de l’orage, les gargouillis de la terre et des plantes qui accueillent la vie, et puis les gazouillis des oiseaux qui anticipent leur bonheur d'une journée bien commencée.
Jamais auparavant, je n’aurai pris autant de temps avant de sauter sur mes pieds. Premier mouvement : regarder par la fenêtre, prendre le temps de mesurer la situation. La pluie est forte mais les gouttes sont fines ; une bonne pluie pour mon potager. Le ciel conserve son allure d’apocalypse, les couleurs sont intenses, franches et posées là comme l’aurait fait un artiste au firmament de son œuvre. Les masses blanches, grises et noires se choquent, les formes se font et se défont au gré du vent. Des lignes de pluies partent du ciel en direction du sol comment autant de traits plus clairs. La pluie tombe plus dru, puis plus fine. Les bruits sont différents. Les odeurs de la terre remontent jusqu’à l’étage, sans filtre, comme en écho à cette eau qui fait grouiller tout cet univers naturel.
Chaque végétal, chaque insecte, chaque animal sait mesurer la valeur de cette pluie, son impact sur les heures et les jours qui suivent... l’homme un peu moins, trop occupé par des enjeux plus lointains.
Je descends les marches de cette tour vieille de 5 siècles. Cette cuirasse de pierre me met à l'abri de tout, sauf de pensées vagabondes. L’eau coule du toit sans contrainte. Les gouttes claquent sur le sol et rebondissent contre les murs.
Vite, ouvrir la fenêtre pour s’imprégner de cette humidité tant attendue. Les nuages partent à l’est. Les éclairs sont plus lointains, les coups de tonnerre plus longs à claquer après le jet de lumière. Queue d’orage... pluie plus fine, comme de la vapeur d’eau qui annonce le soleil revenant. La symphonie des oiseaux se fait plus intense, chacun y va de son couplet de joie ; si loin de nos vicissitudes quotidiennes...
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