Offrande à la mariée

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C’est aux marches de l’enfer. C’est, dans le vacarme de la forge, le vrombissement du soufflet, au toucher de l’acier, l’éclosion d’un bouquet, la solution solide des ferrites, et voilà le vulcain et l’arpète, l’équipe incongrue, le ferrant barbu de crâne en cuir et le glabre cadet timoré, l’un colossal Goliath, l’autre gringalet de ses vingt ans. Dans un vis-à-vis de regards complices, l’un fulgurant, l’autre apprenant, l’un pilonnant l’acier rougeoyant, l’autre serrant la pince, rebondissant, le corps répondant aux coups de son maître, au rythme du madrigal plaintif de l’enclume, le fort reposant l’acier grisonnant dans le foyer de braises, le faible attelé à la vache de cuir et agaçant l’enfer, dans une danse de flammèches et d’étincelles, apparaît l’œuvre, celle que le petit revêtira enfin de son poinçon, cachet des forgerons. Ainsi le savoir-faire unique, de précepteur en gamin, traverse les siècles, voyage d’un atelier à l’autre. Puis vient le bronze qu’on forge pareillement pour parfaire la création.
Les escarbilles tempêtent, l’ancien s’acharne à sa beauté, car demain, le gosse doit être fier, il se marie et l’épousée recevra une broche, boutons de roses de fer et de bronze, preuve d’amour éternel, indestructible coup de foudre, fait pour protéger les amants de l’oubli et du temps.

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