ODE A LA NATURE

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ODE A LA NATURE
C’est au cours de mes promenades quotidiennes, dans une France confinée depuis 2 mois, que j’ai redécouvert la nature, celle-là même trop souvent maltraitée, malmenée et perturbée par l’homme si peu reconnaissant des bienfaits qu’elle lui apporte.

Et je me suis émerveillée devant cette nature foisonnante, exubérante qui s’épanouit librement sans que personne ne vienne la contrarier. Cette nature débordant d’herbes folles, de fleurs de toutes les couleurs qui envahissent chemins, sentiers, murets jusqu’aux allées bétonnées où la moindre graine s’infiltre dans les fissures pour y former des broderies vertes. Quelques touffes de romarin que ma main froisse au passage pour en sentir l’odeur, et d’autres plantes aromatiques encore, s’échappent des jardins partagés.

Dans la campagne silencieuse, je chemine le long des haies et des arbustes d’où bruissent des insectes devenus rares au fil du temps. Ils bourdonnent et tournent autour de moi. Je me réjouis de les retrouver maintenant si nombreux.
Au-dessus de ma tête, les branches des arbres forment une arche ombrageant et rafraichissant mes balades.

A perte de vue, des rectangles de vignes offrent à la lumière occitane leurs ceps noueux recouverts d’un feuillage déjà abondant qui laisse présager une belle récolte.

Ici et là de frêles papillons citron, lilas, bleus, bruns et blancs, trop longtemps absents de notre paysage, virevoltent gracieusement d’un pistil à l’autre pour en extraire le divin nectar comme les abeilles butinent le cœur des plantes mellifères pour en tirer un précieux pollen. Quel bonheur de les contempler à nouveau !

Après l’averse, une éclaircie, et voilà nos gastéropodes qui, sous un soleil encore timide, paressent. Certains s’agglutinent sur les tiges des arbustes tandis que d’autres traversent lentement les allées piétonnes, inconscients du danger qu’ils courent. Je les ramasse et les replace dans un endroit plus propice à la poursuite de leur vie.

Haut perchés sur la cime des arbres ou sur les poteaux électriques, ivres de liberté dans un ciel bleu légèrement ouaté, les oiseaux s’égaillent et pépient : c’est la saison des amours. Je me surprends à écouter, immobile, leur langage que je ne comprends pas mais dont la joyeuse mélodie m’enchante.

Et je me souviens de la campagne de ma jeunesse à laquelle je ne prêtais cependant pas attention, gamine insouciante que j’étais alors, plus occupée à jouer avec elle sans penser que, quelques décennies plus tard, ses doux paysages seraient dégradés par l’homme.

Courageuse nature, si tolérante envers l’homme qui ne la respecte pourtant plus. Prendrait-elle sa revanche, profitant du confinement des humains pour rappeler combien elle est indispensable, essentielle à toute forme de vie ?

J’espère n’avoir pas été la seule à redécouvrir toutes les beautés et les richesses que nous offre notre planète, à poser à nouveau un regard sur cette nature si généreuse. Je forme le vœu que d’autres que moi aient, pendant leurs courtes sorties, aiguisé tous leurs sens pour l’apprécier et prendre conscience qu’il est impossible de vivre sans elle.

Francesca DUMEZ
Avril 2020
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