Nuit de psychopathe

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La nuit tombe. Je vois les dernières lueurs du soleil qui frétillent, qui combattent pour ne pas se faire submerger par la montagne, mais rien n’y fera. Il fait nuit maintenant et c’est à mon tour de tomber le masque.
La flamme de mon briquet vient allumer la cigarette posée sur ma bouche, d’une forte inspiration sèche, je sens la fumée remplir mes poumons, comme si je noyais mon corps dans du goudron chaud. En soufflant, j’admire la trainée de fumée blanchir au contact de la lumière du lampadaire qui vient de s’allumer.
Du fond de ma poche je caresse ce bout d’acier froid, cette lame si tranchante qu’un appuie sur son émouture me ferais immédiatement saigner. J’ai envie de la saisir à pleine main, sentir sous la forte pression de ma poigne, mon sang chaud couler le long de mes doigts, si cela pouvait me faire changer d’idée, m’arrêter, me faire enfin revenir à la raison, mais la raison, cette nuit je l’ai perdue.
Elle sort enfin de chez elle, un sac poubelle noir dans sa main droite et de l’autre elle tient son téléphone. Elle descend les marches de son perron, avec une telle légèreté, comme si sa douceur pouvait l’aider à flotter et telle une délicate plume entrainée par une douce brise, elle m’émerveilla. J’ai compris ce qui m’attirais tant chez elle, dès la première fois que je l’ai vue à la sortie de ce restaurant, pour que je la suive jusqu’à chez elle, j’ai compris ce qui as provoqué en moi cet excès de pulsion incontrôlable, ce frisson en quête de liberté me parcourant tous les membres de mon corps, me faisant frétiller la lèvre inférieure à tel point que je sois obligé de la mordre pour la calmer. C’était sa blancheur d’âme, oui, son innocence, comment pouvais-t-elle être si heureuse...
Un arrière-gout de sang mélangé à la clope m’envahit la bouche. Les yeux émoustillants, rivés sur sa prestance, je la contemple se diriger aux conteneurs à ordures. Il est bien trop tard pour rebrousser chemin, je ne suis plus maître de mon corps, plus chef de mon destin.
D’un pas décidé je m’élance, je sors de ma pénombre et traverse le trottoir pour me rendre à la lumière du lampadaire. Elle est à quelques mètres de moi, je n’aie jamais été autant proche de mon but et autant loin de ma conscience, il ne reste plus qu’en moi un besoin inassouvi, une tentation des plus ardente qui me brûle les veines. Elle arrive à l’enclos des poubelles, une destination sans retour pour nous deux. Mon cœur s’accélère, palpite, je sors enfin mon couteau si tendrement aiguisé, préparé avec soin, affuté avec l’espoir que mes pulsions démoniaques se calment.
Mon canif dans la main droite, je me rapproche d’elle, je ne suis plus qu’à quelques pas d’elle, d’une rapidité ferme, je lui étouffe la bouche avec ma main gauche pour réduire ses hurlements en silence. De ma main droite je lui plante ma lame entre ses cotes, je sens la souplesse de sa peau se déchirer tandis que ma lame se fais un chemin à travers son foie, je peux ressentir la dureté de ses os et enfin je peux contempler sa beauté, nue, naturel.
Je retire d’un coup sec le couteau, ma main se retrouve aspergée de son sang chaud. Elle avait fait tomber son sac poubelle et son contenue s’est déversé, une odeur nauséabonde vient gâcher ce moment d’intimité. De son autre main, elle en avait délivré son téléphone, qui après une faible chute s’était retrouvé enfouie sous le conteneur.
Après avoir sortie ma froide lame de son corps chaud, elle tombât sur le ventre dans ses déchets, elle était tellement frêle et apeurée que s’enfuir lui en était incapable. Je me suis alors mis à genoux sur elle, est pendant que je la poignardée, entrant et ressortant ma lame encore et encore à travers son corps, j’ai ressenti comme un immense plaisir, une sorte de complicité inégalée. Tout m’excitait chez elle et faisait ressortir le pire en moi et j’ai éprouvé une certaine joie à pouvoir partager un tel moment avec une telle femme, sentir ma lame lui transpercer le ventre, le bruit du sang qui jaillit, son regard si émotif qu’il me pénétra le cœur. J’y ai vue une forme de sensualité qui m’a troublé, oui, j’avais l’impression de lui faire l’amour.
Quand je pu reprendre mes esprits, j’ai contemplé l’affreuse scène, regardant son cadavre encore tiède aux milieux de détritus de tout genre. Je pris ma tête entre mes mains, je n’arrivais pas à croire ce que j’avais fait, comment ai-je pu faire quelque chose d’aussi épouvantable. Je m’effrayer, moi et mes pulsions incontrôlables. Et si ça n’avait pas suffi à les faire disparaitre et si demain la folle envie me reprenait. Je ne pouvais accepter ça, je ne suis pas un monstre dénué de sentiments, il était clair que ce soir-là, j’en avais eu des sentiments et maintenant, mon cœur noir est rempli de remords.
Mes mains rouges de sang serraient encore ce maudit couteau, d’un coup vif je le plaça sur ma gorge et en fit toute sa longueur, la sensation de perdre mon sang était presque soulageante, comme si d’un coup je m’étais extirpés de ce fardeau. Après une jolie fontaine de sang, je sentis mon corps tomber à côté du sien. C’est sur son effroyable regard dénué de sens que je fermis mes yeux, enfin allégés comme une plume qu’elle était.
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