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Nuit blanche.

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Gaetan Goubau

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Cette nuit fût encore une blanche, mon amour.

Ce n'est que suite logique, après tout, vu que mes journées sont grises depuis que tu es loin de moi.
C'est assez drôle de comparer mes nuits aux couleurs, alors que je rêve en noir et blanc. Tu sais, je fais encore ce cauchemar, encore.. et toujours.

Je te vois mourir, chaque nuit.

Chaque fois que je ferme les yeux et que je laisse le sommeil m'emmener, je me brise, je me déchire et je vis cette horreur que constitue ta perte.

Et je me réveille,

Les yeux ouverts et le cœur en sang, je respire de travers, la gorge couverte de tes cendres. L'âme valse sur la peine, la lame sur tes veines, la larme sur ma vaine..

Je ne peux qu'observer mon impuissance face à ta douleur, la bouche close, remplie de trop de malheurs.
Je ne peux que donner que ma rage en offense, à tous ceux qui ont osé te mettre en pleurs.

Tu sais, voir s'éteindre dans tes yeux cette candeur absolue qui te caractérise tant, c'est comme voir un enfant se faire abattre, c'est comme voir l'amour disparaître, c'est comme sentir la faux de la mort chatouiller ma nuque.

Alors, chaque nuit, je me réveille,

Les yeux embués de ces lames qui de leurs tranchants saignent ma flamme. Les joues creusées par des sillons comme des tranchées, des espoirs en démolition face à cette vie démembrée, face à cette femme emmenée.

C'est comme si mon cœur était une pelote de laine qui se découd la nuit, et qui file le jour. C'est comme si cette fleur plantée dans cette grotte se noyait sous la pluie, et qui se fane toujours.

Alors, ce matin, je me réveille, les joues creuses, les yeux vitreux, mine affreuse et pas l'ombre d'un mieux.

Caroline, comment te dire que tu es ce qui me fait vivre le jour, mais mourir la nuit ?
Caroline, comment te dire que dans mon corps tonnent les tambours, des ténèbres que chaque rêve je fuis ?

La symphonie de la douleur, entonnant ces premières notes de peur. Le refrain se met en route, et voilà que survient le doute.

Serions-nous, nous aussi, soumis à la violence de l'éphémère ?
Serions-nous, à la vie, insomnies à croiser le fer ?

Bataille futile d'un esprit dérangé, je suis peut-être trop métaphysique, je ne suis que le symptôme d'un subconscient qui s'auto-critique. Tu es dans ma tête un tremblement de terre, une catastrophe sismique, l'ouragan qui chaque nuitée pratique, ses joutes malheureuses d'une angoisse qui pique.
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