Nouveau départ - 1

il y a
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Cela fait trente ans que je suis comptable. Trente ans que je compte. Je me suis dit qu'à cinquante ans il était temps de me mettre à écrire. J'attends vos réactions avec impatience et  [+]

C'était un soir de fin d'hiver. Il faisait froid. Elle marchait vite dans les rues désertes de la vieille ville. Elle était pressée de rentrer, de boire un café avec un ou deux spéculoos, ces gâteaux secs belges qui étaient si bons quand on les dégustait après les avoir trempés dans le café. Elle avait commencé hier une série sur Netflix, elle s'était regardé six épisodes à la suite, elle espérait pouvoir en regarder encore quatre ou cinq ce soir. Elle avait vu une jolie jupe hier soir sur un site de vente en ligne, un peu chère, elle avait hésité mais cette jupe la hantait depuis. Elle savait qu'elle la commanderait ce soir. Avec ses cuissardes rouges, elle serait sublime.

Son esprit papillonnait d'une idée à l'autre. C'était le soir, la fin d'une journée de travail, elle décompressait. Elle n'avait jamais eu peur de sa vie. Elle vivait avec les hommes, les appréciait, ne s'en méfiait pas, elle n'avait pas dans son entourage de prédateurs qui auraient pu la faire douter. Elle n'a pas fait attention à lui quand il l'a croisée. A peine a t'elle remarqué une veste de cuir noir. Mais immédiatement après, elle s'est sentie entraînée, poussée dans un hall d'immeuble. Il l'a coincée contre le mur, son visage écrasé contre le mur en béton à picots, elle a eu mal. Sa main sur sa bouche l'empêchait de respirer, de crier aussi.

Alors, la peur s'est insinuée en elle. Elle a froid. Elle claque des dents. Il la tient fermement. Il lui fait mal aux poignets. Il lui a mis un mouchoir dans la bouche. Un de ses mouchoirs à lui. Elle a eu envie de vomir. Des hauts le cœur qu'elle ne peut maîtriser. Elle sent sa main qui remonte le long de sa jambe. Il écarte ses jambes. Ses doigts sur son intimité. Elle essaye de crier, de se débattre, il prend sa tête, la propulse sur le mur. Elle n'a pas mal, elle se sent juste groggy. Elle se dit qu'il va la tuer. Il lui dit de ne pas avoir peur, qu'ils vont juste s'amuser un peu tous les deux. Qu'elle l'a excité avec ses grandes bottes et sa petite jupe. Qu'à faire la traînée, voilà ce qu'on récolte. Ses doigts la pénètrent violemment. Elle serre les dents. Il a ouvert la braguette de son pantalon, il frotte son sexe contre ses bas. Il lui dit qu'il faut qu'elle soit gentille. Qu'il a envie d'une petite gâterie. Mais son sexe vient frotter contre ses fesses.

Un bruit l'a sauvée. Quelqu'un dans l'immeuble a ouvert la porte. Il s'est enfui. Elle est restée, là groggy, quelques instants. Elle a enlevé le mouchoir de sa bouche, l'a jeté à terre. Elle a respiré fort, à moitié pliée en deux. Et puis, avant d'être vue, elle s'est enfuie. Elle a honte. Dans la rue, elle pleure sans retenue. Ses bas sont filés. C'est bête mais c'est ce qui la fait tenir jusque chez elle. Cette seule pensée : mes bas sont filés. Elle a ouvert la porte de son appartement, l'a fermée à double tour, ce qu'elle ne fait jamais d'habitude, mais, déjà, elle change ses habitudes. Elle sent que plus rien ne sera pareil.

Elle n'a pas pleuré tout de suite. Elle est allée vomir. Elle s'est regardée dans la glace. Elle a l'air d'une folle, son maquillage a coulé, ses cheveux sont en bataille. Elle a le regard d'une bête affolée. Elle est allée dans la salle de bains, a fermé la porte à clef, alors qu'elle est seule. Ellle a pris un coton, a enlevé tout son maquillage en frottant bien trop fort. Elle s'est déshabillée, est passée sous la douche, a laissé l'eau couler longtemps.

Elle n'a pas de pyjama mais elle a besoin d'être habillée. Elle ne supporte déjà plus son corps qu'il a souillé. Elle enfile un jogging, un sweat. Elle a laissé toutes les lumières de l'appartement allumées. Elle prend son portable dans son sac. Elle appelle sa soeur.

- Marie, j'ai besoin de toi, est-ce que tu peux venir tout de suite ?

- Qu'es-ce qu'il t'arrive ?

- Viens, s'il te plait.

Elle a raccroché. Elle a tellement froid. Elle grelotte à nouveau. Les larmes sortent de ses yeux. De grosses larmes qui la submergent. Elle tremble de partout. Elle a envie de hurler.
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Adonis · il y a
Quelle violence !!
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Léna · il y a
Une violence réelle, hélas...
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Didier Poussin · il y a
Un beau salaud , ce mec
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Léna · il y a
Un prédateur qui use de sa force, un lâche....