4
min

Nous d'ici et vous d'ailleurs

131 lectures

70 voix

En compétition

« Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermés ? Peut-être les deux. »
Des semaines de solitude, de renfermement de moi sur moi-même à me psalmodier la même phrase, Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermé ?
Plus de 40 ans déjà, mon amour pour Mahnaz est aussi fort et résistant que ses cheveux qui ne sont pas tombés sous la répression.
L’époque est passé mais l’histoire se répète. L’histoire se répète donc le combat continu. Et le combat de la révolution a continuée jusqu’aux règnes des politiques modernes à l’ère du corona virus, après le 44eme président des États-Unis.
Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermé ?
Comment me décider solitairement à trancher une question qui, comme moi, reste isolée, attendant désespérément d’être éclairée par des idées illuminées, tel la centrale électrique de la république dont le câblage sillonne aisément les rues du centre-ville, loin de nos contrés.
Comment résoudre définitivement la seule question par laquelle je me nourris les lèvres affamées qui, depuis peu, refusent de se côtoyer de peur d’être exposer à la morsure colérique des dents rancuniers d’être mis au chômage et en isolement sans possibilité d’embauche.
Comment répondre objectivement à une question qui m’interpelle perpétuellement et m’aide à oublier les souvenirs qui m’abîment comme toutes ces fois dans les entrailles de la ville où mon dos courbait sous l’insupportable poids de la construction d’un avenir incertain. Ces moments où je dépensais le labeur de toute une journée dans mon petit déjeuner.
Comment séduire une si belle question avec des réponses dénichées sous précarité de la structure de ma toiture laissée à la merci des vents, inondations, sècheresses et le réchauffement climatique venus venger les souffrances affligées à mère « Nature », asphyxier par les déchets du génie des sciences inconscientes.
Quelle réponse pourrait secourir une question dont l’expression explicite un appel de détresse dans une large communauté, défavorisée, confinée avec tout leur capitale économique dans un porte-monnaie. Le frigo n’est pas vide, il n’existe simplement pas. Ici, les mains sont longuement tendus vers le père tout puissant, un roi à la présidence de notre république. Toute décision lui revient, sinon, à qui pourrait-il revenir ? c’est lui le père.
Nos mains lui sont tendus avec des chants de louange et d’adoration, chants entonnés de vive voix pour percer les murs de son palais déssonorisé. Des chorus que nous accompagnons avec des instrumentales issus du creux de nos marmites vides. Tout cet orchestre dans l’opportunisme d’assister à un miracle alimentaire.
Mais, l’attente se fait longue, le père ne nous oublierait pas, il est juste trop occuper à entretenir le fauteuil présidentiel menacé par la corrosion des politiques invertis.
Et, au deuxième mois le père dit : « que l’électricité soit gratuite », et l’électricité fut gratuite, « que l’eau soit gratuite », et l’eau fut gratuite en abondance. C’est alors que le père vit que tout cela était bien [...]
Hélas, ma demeure s’égare dans l’insécurité de l’obscurité d’un quartier populaire, un quartier famélique, trop occupé à se sustenter pour penser à s’électrifier. Alors, nos leaders, trop voraces, ont vendus nos causes pour se nourrir sur les poubelles infectes des corrupteurs.
Désolé du dénouement qui nous désolidarise, nos réclamations furent museler dans l’absolu silence d’un couvre-feu entretenu par la bavure d’une police martiale.
Pression démesurée, ma psychologie s’effondre sous le fardeau d’une monotonie exagérée. Je m’oublie dans la lecture du livre : Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermé ? , roman tragique qui raconte le récit agonisant d’une jeune fille nommée Population, atteinte d’une maladie contagieuse et mise en quarantaine dans la réalité des infrastructures sanitaire de la république, esseulé loin du soutien de ses proches, source de réconfort moral.
Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermés ?
Chez nous, nous ne vivons pas les mêmes réalités comme chez vous. Nous n’avons pas les mêmes souvenirs comme frère Jean Philipe Breton qui, du haut de son balcon, revit ses vacances passées dans un 5 étoiles baigné dans l’ombre assouplissant d’une forêt de chêne.
Frère Jean Philipe Breton, appartient à un groupe d’artisans dirigé par monsieur WhatsApp. Ce groupe est membre d’un vaste mouvement –avec des slogans comme « l’école à la radio » –pour sauver une année scolaire en péril. Le groupe qui tisse des questions instructives sur une toile entremêlée et interconnectée, questions auxquelles nombres d’enseignants apportent réponses et compléments.
Mais, comme tous les denrées chez nous, la toile se vent cher, un hashtag cours en ligne n’intéresserait pas plus qu’un morceau de pain bon marché.
Chez nous, nous ne vivons pas les mêmes réalités comme chez vous.

Mais, Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermés ? devrai-je simplement dire : ai-je les yeux fermés ?
Ai-je les yeux fermés sur la famille, qui est le berceau, m’ayant vue grandir. Et, tous ces proches qui étaient à mon chevet quand je sombrais dans le noir, les yeux pourtant ouvert. Suis-je immodérément consacré à m’apitoyer sur mon sort qu’à profiter conjointement de ces temps perdus, dans la satisfaction de nos éternelles insatisfactions, que nous avons retrouvés.
Ai-je les yeux fermé sur toutes ces histoires à raconter, ces ainées à écouter, ces cadets à cajoler et ces parents à aimer, nos fou-rires et ces repas partagés en famille qui brisent l’indifférence de nos cœurs meurtris ; Des possibilités d’inspiration, de révélation et de créativité exhibés dans le silence paisible du repos à domicile.
Les infanteries des plus-petits me réjouissant d’être une gendre accompli, enchantée par la philanthropie et l’amour que nous construisons au détriment de notre insensibilité jadis.
Je me rendis donc à l’évidence que l’amour vaut plus que toute la vanité de nos motivations financières.


Ai-je les yeux fermé sur l’avènement d’un ère écologique escorté, par l’épuration de l’aire et de l’eau, ravi par la magnificence des rayons solaires éblouissants qui se frayent un chemin dans le bleu d’un nouveau ciel assaini.
Je me fortifie dans l’extase de l’homogénéité des commandos religieux avec pour mission d’éradiquer l’esprit diabolique d’un virus maléfique. Des prêtres, rabbins, pasteurs et imams coexistant, engagés pour qui la mission passe avant tout.
Je suis décomplexé par les l’union du noir-blanc et de l’hétérosexualité qui intègre la génération LGBT pour une cause noble dans la liberté, l’égalité et la fraternité.
Et, je me réjouis enfin de vivre des expériences réelles dans la vie réelle, dans l’intimité, loin des commentaires véreux de diverses personnes dont les jugements altèrent la représentation que j’ai de ma propre personne et de l’authenticité de mes opinions.
J’allègre dans la famille. Je me réjouis de pas être modelé par des idéologies de propagande. Ici, nous nous informons par la communication, nous instruisons et éduquons par l’information, et la vérité triomphe sur les canulars. Ici, on ne raconte pas que les femmes sont moins fortes que les hommes ou qu’il existe un vaccin contre le sida. Grand-père nous rappelait toujours qu’il faut, bien se renseigner pour bien informer et bien instruire donc je prends plaisir à désinfecter l’esprit innocent des plus-jeunes saboté par les falsificateurs de vérité.
J’allègre dans la famille. La famille c’est l’union, on ne quitte pas l’union, on ne trahit pas une amitié qui nous lie, même par son histoire.


J’allègre dans la famille. Ici, le temps coule merveilleusement bien, je ne m’assourdi guère sur les chants des oiseaux venus saluer nos efforts. Je me sens vivre donc je vis. Je vivrais pour raconter le vaillant combat nos martyrs. Je dois vivre pour honorer la mémoire de mes proches.

Et, je me réjouis pour toi et moi encore en vie car nous somme les preuves de l’histoire d’un peuple sauvé par le confinement.

PRIX

Image de 2020

Thème

Image de Très très court

En compétition

70 VOIX

CLASSEMENT Très très court

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Brandon Ngniaouo
Brandon Ngniaouo · il y a
Belle plume. Un bravo à vous. Vous-avez toutes mes 3 voix.

Je vous invite à découvrir mon texte en compétition pour le prix des jeunes auteurs, et à me soutenir avec vos voix, si jamais il vous plaît.
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-chose-11
J'adorerais également lire vos commentaires avisés qui m'aideront à me parfaire.

Image de Fodé Camara
Fodé Camara · il y a
Bravo Firmin ! Un très beau texte. Vous avez mes 5 voix.
Je vous invite à découvrir mon texte et le soutenir si vous avez le temps 👇👇
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/lerrance-spirituelle-1

Image de Mamadou Coulibaly
Mamadou Coulibaly · il y a
Magnifique ! Je vote.
Image de Péniel Baptiste
Péniel Baptiste · il y a
Si réaliste ton histoire
Image de Choumkeu Bandji Nana
Choumkeu Bandji Nana · il y a
J'ai trouvé beaucoup de potentiel dans ton texte. Tu as ma voix. Avec un peu plus de concentration tu nous écriras de belles choses. Mon texte en compétition est le suivant, tu es libre de le lire, de le commenter ou pas. Merci à nous d'être en vie à la fin de ce confinement 🙂🙏🏽https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/a-l-ombre-du-soleil-2
Image de Eric diokel Ngom
Eric diokel Ngom · il y a
C'est juste magnifique . Un miroir de la réalité tu a les voix. Pour me soutenir voici le lienhttps://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/au-commencement-etait-lamour-2
Image de Le Personnage
Le Personnage · il y a
Un texte sensible et très profond. Bravo👏. Voter est une évidence.
Image de Rochety BONTEMPS
Rochety BONTEMPS · il y a
Super
Image de Chahata Mahamat Brahim
Chahata Mahamat Brahim · il y a
Joli et sublim texte,bonne chance.
Image de Schebna Sincère
Schebna Sincère · il y a
Très profond ton texte. Un vrai tableau de notre triste réalité.