Nos "Héros" à l'endroit dans un monde à l'envers

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J'ai 60 ans et suis auteure d'un roman publié en 2008. Mes passions sont l'écriture et la lecture. Je suis adhérente de l'association locale "l'Atelier des Mots" créée par Jeanine où nous  [+]

En ce dimanche 10 juillet 2016, il savait que c’était pure folie de s’intégrer dans le peloton du Tour de France mais il avait cette envie incontrôlable de passer en Espagne au guidon de son vélo de course.
Durant plusieurs années, il avait emprunté cette route pour se rendre sur les Costa Brava, Bianca...pour y passer des vacances mais c’était au volant de sa voiture, alors aucun exploit sportif au compteur.
Rapidement, il s’aperçut que son vélo, son équipement vestimentaire, ses chaussures et même ses gants n’étaient plus vraiment à la mode actuelle, mais le casque lui, était toujours homologué.
Et puis, « planqué » au milieu du peloton, qui le remarquerait ? De toute façon, presque toute la France ne vibrait que pour la finale de l’Euro de foot prévue le soir même.
La traversée d’Andorre se passa bien pour un coureur de son envergure, la difficulté se fit ressentir dans l’ascension du Port d’Envalira, il s’en doutait puisqu’il se souvenait de la défaillance de Jacques Anquetil en 1964 relatée par le journal «  L’Equipe » et depuis il avait eu l’occasion d’en reparler avec le champion pour lequel il avait beaucoup de vénération, tellement il l’avait fait rêver au cours de sa fabuleuse carrière
Lacets après lacets, il était un peu surpris en entendant les noms (inconnus de lui) scandés par les spectateurs présents au bord de la route pour encourager « leur » champion du jour. Mais bon, le public jette facilement « aux orties » leur idole encensée la veille ! C’est le mauvais côté de la rançon de la gloire.
Enfin, il aperçut le panneau annonçant l’Espagne et en « 3 coups de pédale » il se retrouva dans ce Pays ami.
Il fût étonné par sa facilité de pédaler au milieu du peloton, un peu comme s’il avait des ailes. (La Fée Clochette est partageuse !)
La traversée d’Estéri d’Anéu faisait partie de l’étape du jour et arrivé à Escalo, il entendit clairement « Allez Pierrot ! »
Sur le moment, il imagina qu’il rêvait mais en levant sa tête et en scrutant le côté de la route, il reconnut José.
José, son voisin de « presque toujours » qui, victime de la dictature espagnole et après sa libération d’un camp de concentration situé en Autriche, pouvait enfin vivre libre et travailler chez Jean-Baptiste T. grand père de Pierrot.
Il ne pouvait pas passer sans le saluer, alors il ralentit, laissa passer tous les coureurs, descendit de son vélo et s’approcha de José.
Naturellement, ils se serrèrent la main. Pierrot demanda à José ce qu’il faisait là ? José répondit « j’y suis né »
Pierrot voulait aussi savoir si José avait prévenu sa famille ? José le rassura « Ils s’en doutent, je ne pouvais pas rater cette étape du Tour de France »
José proposa à Pierrot de partager un verre. Pierrot accepta, ça donne soif le sport !
Les chaussures de cycliste donnant une démarche chaotique à celui qui les portent et la tenue n’étant pas des plus seyantes, José regarda Pierrot d’un air critique et lui proposa de prendre ses mesures pour lui confectionner un costume de ville. José ne jurait que par l’élégance et comme Pierrot aimait être impeccable, ils trouvèrent très vite un accord.
Une belle et nouvelle occasion pour leurs filles adorées de revoir et admirer José, mètre de tailleur et ciseaux autour du cou, dérouler un coupon de beau tissu, le tailler, le bâtir, le coudre...de ses mains magiques.
Le costume serait impeccable, on n’en doutait pas un seul instant !
Une fête prolonge toujours le passage du Tour de France, alors ils entendirent un air festif d’accordéon. Pierrot et José s’approchèrent du musicien qui se prénommait Agostino.
Agostino était Italien et il avait décidé de venir dans ce village Espagnol à l’appel de sa fille pour cette journée si particulière.
Les Filles de Pierrot, José et Agostino étaient Amies pour la Vie, alors cela avait aidé au rapprochement de leurs Papas.
En fin d’après-midi, comme prévu, l’étape du Tour de France se termina dans la joie et la bonne humeur. Le Cyclisme est un sport humble.
En fin de soirée, l’Euro de foot est mort. La France ayant perdu la coupe au profit du Portugal, on avait l’impression que c’était un peu la fin du monde pour les supporters Français, alors qu’il ne s’agissait que d’un jeu de baballes ! Relativisons, je vous en supplie !
L’Euro 2016 est mort comme l’étaient depuis plusieurs années, Pierrot, José et Agostino.
Mais leur disparition injustifiée, leur absence cruelle, le manque déchirant laissé par leur départ ont permis à Sylviane, Jeanine et Albérina de faire « revivre » leur Papa adoré en cette journée du 10 juillet 2016.
L’Amour est plus fort que tout, jusqu’à concrétiser l’impossible à l’intérieur de nos cœurs !

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